L’affaire Novitchkov: imbroglio ukraino-(russo)-iranien

Andreï Novitchkov, marin ukrainien détenu en Iran, risque la peine capitale pour « homicide volontaire», suite à la mort d’un matelot iranien. Téhéran propose à Kiev d’échanger Novitchkov contre Ali Djadouï, un scientifique iranien condamné en Ukraine à onze ans de prison pour espionnage. Retour sur une affaire dont les autorités des deux pays ne disent presque rien.

25 novembre 2016. Andreï Novitchkov, un Ukrainien de 32 ans originaire d’Odessa, se rend à l’aéroport pour prendre un avion à destination de la Chine. Il a en poche un contrat de travail pour le poste de second sur le navire de charge Arezoo, qui bat pavillon iranien. Le bateau l’attend au port de Ningbo, près de Shanghai.

Le navire reste un mois en réparation dans le port chinois. Au cours de cette période, le nouveau second ne parvient pas à nouer de bonnes relations avec les membres d’équipage, dont la plupart sont iraniens. Il reproche aux marins de trop souvent négliger leurs obligations. Mais le capitaine prend systématiquement la défense des coupables, se souvient Novitchkov un an plus tard.

À la fin du mois de décembre 2016, l’Arezoo lève l’ancre avec son chargement et met le cap sur l’océan Indien. Sa prochaine escale est l’Iran, d’où il repartira pour Hambourg. Mais au dix-huitième jour de la traversée, alors que le navire se trouve en mer de Chine méridionale, survient un incident qui bouleverse le cours des événements.

Drame dans l’océan

« Ce jour-là, alors que je me tiens sur la passerelle, Mohammad Bahranpour., un matelot – sans doute le plus indiscipliné de tous –, s’approche de moi et me demande la raison de mon mécontentement, raconte Novitchkov. En réaction à l’une de mes remarques, il commence à m’insulter et tente même de me frapper. Ensuite, il saute par-dessus bord. »

Novitchkov donne aussitôt l’ordre d’arrêter le navire et de lancer les opérations de sauvetage. Les recherches se poursuivent pendant trois jours, en vain. Très vite, la compagnie publique iranienne à laquelle appartient le bateau ordonne à l’équipage de regagner Bandar Abbas, son port d’attache. Sur le quai, plusieurs enquêteurs d’une commission spéciale et des policiers attendent l’Arezoo et interrogent l’équipage sur les circonstances de l’accident. […]

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Anastasia Stanko, Kiev