Affaire Boutina : au cœur de la première audience

L’audience de l’affaire Maria Boutina, qui s’est tenue mercredi 18 juillet dans un tribunal de Washington, a été suivie très attentivement aux États-Unis. Arrêtée le 15 juillet, la jeune Russe de 29 ans est accusée d’avoir agi en tant qu’agent non déclaré d’un gouvernement étranger et encourt une peine de dix ans de prison.

L’audience a attiré tant de monde qu’il a fallu ouvrir une seconde salle où les débats ont été diffusés sur un écran. Vêtue d’une combinaison orange, Maria Boutina a été conduite dans la salle principale. Elle tenait ses mains derrière son dos mais n’était pas menottée. Au cours de l’audience, elle est restée calme et a écrit dans un bloc-notes, sans toutefois prononcer un seul mot.

Un visa suspect

La juge Deborah Robinson a ouvert les débats en annonçant que la prochaine audience aurait lieu fin juillet. L’avocat de Maria Boutina, Robert Driscoll, a ensuite déclaré que sa cliente plaidait non coupable.

Le procureur Erik Kenerson a longuement énuméré les faits témoignant, selon lui, de l’activité illégale de la jeune femme aux États-Unis. On lui reproche notamment une longue correspondance électronique avec deux citoyens américains. Si les noms de ces derniers ne figurent pas encore dans le dossier, l’avocat de l’accusée a plus tard affirmé que l’un d’eux était le petit ami de cette dernière.

C’est avec lui que la jeune femme, selon les autorités américaines, a discuté de l’obtention de son visa d’entrée aux USA. « En 2014, elle a eu une longue discussion au sujet d’un visa de travail et non d’un visa étudiant », […]

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Dmitri Zlodorev, Washington

Dernières nouvelles de la Russie

International

Suzanne Massie : « Trump est un mystère »

Suzanne Massie était conseillère auprès du président américain Ronald Reagan durant la perestroïka. Maîtrisant parfaitement le russe, elle joua un rôle important dans la décision de la Maison-Blanche de prendre langue avec l’URSS. Auteur de plusieurs bestsellers sur la Russie, parmi lesquels Le pays de l’Oiseau de Feu : la beauté de la Vieille-Russie, Suzanne Massie livre au Courrier de Russie sa vision des relations russo-américaines contemporaines, à la lumière de ses souvenirs de l’époque de Reagan et Gorbatchev.LCDR : Les sanctions adoptées en août ont fait s’effondrer le cours du rouble russe par rapport au dollar et à l’euro. Les Russes s’inquiètent de voir les prix augmenter, en particulier ceux des produits importés. Le Congrès américain comprend-il que ses sanctions les frappent avant tout ? Suzanne Massie : Il me semble que le problème est bien là : nos hommes politiques veulent que toute la Russie ressente le choc de leurs sanctions. C’est une politique stupide et à courte vue. Tout Washington sait parfaitement que les sanctions n’atteignent pas leur cible affichée, qu’elles font souffrir la population et épargnent les politiciens russes. Ma seule consolation est que les députés et sénateurs ne soutiennent pas tous ces mesures. Début avril, le sénateur Rand Paul était en visite à Moscou, où il a rencontré ses homologues russes. C’est un homme politique exceptionnel et haut en couleurs, qui se prononce ouvertement contre ces sanctions. « Ce que veut Trump et ce qui lui passe par la tête, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

4 septembre 2018
Politique

Nikolaï Zlobine : Une Russie humanisée aux yeux des étrangers

La Coupe du monde de football-2018 a révélé au monde une image de la Russie qu’il ignorait. Quel héritage l’événement laissera-t-il, quels changements provoquera-t-il en Russie et dans le monde, et peut-il contribuer à l’amélioration des relations entre Moscou et les pays occidentaux ? Le célèbre politologue américain d’origine russe Nikolaï Zlobine, président du Center on Global Interests à Washington, répond aux questions du Courrier de Russie.LCDR : L’organisation de la Coupe du monde en Russie a-t-elle changé l’image du pays à l’étranger ? Nikolaï Zlobine : L’expérience m’a appris cette règle : l’influence d’un pays est proportionnelle à la quantité de journalistes qui y sont accrédités et écrivent sur le sujet. En ce sens, lors de cette Coupe du monde, la Russie a battu tous les records. Elle a gagné son championnat dans la catégorie « médias », en remportant haut la main l’épreuve qui consistait à informer le monde sur ce qu’elle est vraiment. C’est une réussite de taille, incontestable. Et le gouvernement russe y est pour beaucoup : il a su prendre conscience de l’importance de l’événement et tout faire pour que la Russie occupe la Une des grands journaux mondiaux. Et sous un jour positif, ce qui est particulièrement important. Au XXIe siècle, le fait, pour un État, de véhiculer une image médiatique positive à l’étranger est un des piliers de ce que l’on appelle le soft power. « Lors de cette Coupe du monde, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

Crédits Image : Tom Grimbert19 juillet 2018
Société

Piotr Sarandinaki : « Les restes de la famille Romanov sont authentiques »

Le 17 juillet prochain marquera le centenaire de la mort du dernier tsar de Russie, Nicolas II, et des membres de sa famille : la tsarine Alexandra Feodorovna, le tsarévitch Alexis et les grandes-duchesses Olga, Tatiana, Marie et Anastasia. La famille impériale a été assassinée avec ses serviteurs : la femme de chambre Anna Demidova, le docteur Evgueni Botkine, le cuisinier Ivan Kharitonov et le valet Aloïs Trupp. Les bolcheviks les ont exécutés dans le sous-sol de la maison Ipatiev, à Ekaterinbourg, avant de transporter les corps dans la forêt, où ils ont tenté de les brûler entièrement. Ce qui restait des dépouilles a finalement été enterré, près d’un sentier de campagne. Plus tard, le tsar, les membres de sa famille et de sa suite ont été canonisés, dans un premier temps par l’Église orthodoxe russe hors frontières, en 1981, puis, en 2000, par le Patriarcat de Moscou. Le citoyen américain d’origine russe et capitaine au long cours Piotr Sarandinaki descend de plusieurs grandes lignées princières russes, tels les Narychkine et les Tolstoï ; il est aussi un descendant direct du général en chef russe Mikhaïl Koutouzov. Il revient pour Le Courrier de Russie sur l’histoire de sa famille et la façon dont elle l’a conduit à rechercher les restes des Romanov, une quête à laquelle il se consacre depuis vingt ans. Le Courrier de Russie : Comment l’histoire de votre famille est-elle liée à celle des Romanov ? Piotr Sarandinaki : Jusqu’à la Première Guerre mondiale, mon arrière-grand-père, le général-lieutenant Sergueï Nikolaïevitch Rozanov, a habité Penza (600 km au sud de Moscou, ndlr), où vivait aussi Nikolaï Sokolov qui a, par la suite, dirigé l’enquête sur le massacre des Romanov. Ils étaient amis, allaient chasser ensemble… Juste après la révolution, mon arrière-grand-père rejoint l’Armée rouge, tout en collaborant secrètement avec le général blanc Alexandre Koutiepov pour tenter de créer un front de résistance en Sibérie, avec l’aide de sa fille, Anna – ma grand-mère – et de Sokolov. Ma grand-mère se fait embaucher comme femme de ménage à la Loubianka, le siège de la Tcheka, la police politique. Elle lave le linge des officiers prisonniers, qui lui font passer des messages sur les généraux blancs risquant d’être arrêtés, afin de leur donner le temps de fuir. Ensuite, Sokolov les envoie tous deux rejoindre les armées blanches en Sibérie. Mais peu après, mon arrière-grand-père apprend qu’il va lui-même être arrêté, et doit s’enfuir. A l’époque, la mère de sa femme, la baronne von Rosen, est très malade, et la famille de mon aïeul reste quelque temps avec elle à Penza. Mais la baronne décide de mettre fin à ses jours, pour permettre à ses proches de quitter le pays. « C’est l’aide de camp Cyrille Narychkine qui entre le premier dans le sous-sol où a eu lieu le massacre. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

13 juillet 2018