Russie/États-Unis : Bras de fer pétrolier à Caracas

La réélection de Nicolás Maduro, le 21 mai dernier, pour un nouveau mandat de six ans à la présidence du Venezuela est une nouvelle positive, bien qu’inattendue, pour le Kremlin. Les relations entre la Russie et le Venezuela se sont rapidement développées après l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chávez en 1998. Son décès en 2013 et la victoire de Maduro n’ont rien changé aux relations entre les deux pays : à l’instar de la Chine, la Russie est devenue un des principaux créanciers du Venezuela, dont les réserves de pétrole sont parmi les plus importantes au monde et qui traverse aujourd’hui une crise très grave.

Selon le Fonds monétaire international (FMI), en 2018, le taux d’inflation du Venezuela sera le plus élevé du monde, oscillant entre 13 000 et 14 000 %. Les rayons des magasins sont vides. Le système de santé est en ruine. Le salaire moyen s’élève à 3,6 dollars par mois, ce qui suffit à peine à acheter deux boîtes de thon. Ces deux dernières années, afin d’échapper à la famine, 1,2 million de Vénézuéliens ont émigré en Colombie et dans d’autres pays latino-américains. 90 % de la population reprochent au gouvernement son incapacité à mettre de l’ordre dans le pays et souhaiteraient un nouveau dirigeant.

Les États-Unis et la majorité des pays du continent (dont l’Argentine, le Brésil, le Chili, la Colombie et le Mexique) n’ont pas reconnu les résultats de la présidentielle vénézuélienne, qualifiant la campagne électorale de « farce ». En plus d’isoler diplomatiquement le pays, Washington lui a infligé de lourdes sanctions économiques. L’an dernier, le gouvernement américain s’est ainsi opposé à la vente des titres de la société pétrolière Petroleos de Venezuela (PDVSA), dont les recettes, issues de l’exportation, représentent 96 % des revenus nationaux. Le Trésor américain a interdit aux particuliers d’acquérir des titres finançant la dette publique du Venezuela, […]

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Eugene Bai

Dernières nouvelles de la Russie

Politique

Le GRU, un service secret trop médiatisé

Le 21 novembre dernier, le général Igor Korobov, directeur du renseignement militaire russe (GRU), meurt subitement, à 62 ans, « des suites d’une longue maladie ». Il est aussitôt remplacé par le vice-amiral Igor Kostioukov, qui dirige de facto le service depuis l’été dernier afin de soulager son supérieur à la santé fragile. Ce jeu tragique de chaises musicales rappelle combien la vie de haut dirigeant du GRU est exigeante, entre opérations spéciales sur le terrain et décisions politiques radicales. « Mais où est passé le mot renseignement ? Direction générale du renseignement, c’est comme cela qu’il faudrait dire », s’étonne avec malice Vladimir Poutine devant un parterre de hauts-gradés rassemblés pour le centenaire du service, en novembre dernier. Applaudissements nourris de l’assistance. Il est vrai que le changement de nom opéré en 2010 (Direction générale de l’état-major général russe ‒ GU), n’a en rien modifié les habitudes de langage des Russes, ni celles des étrangers qui persistent à appelé GRU ce service de renseignement militaire créé en 1918. États de service Dans leurs mémoires, les anciens du GRU placent généralement l’assaut du palais Tajbeg et la « neutralisation » du président afghan Hafizullah Amin, en décembre 1979, en tête des plus grands succès de leur service. « Les gars se sont rués à l’étage. Ils ont défoncé les portes et balancé des grenades. Soudain, ils ont vu le président Amin surgir de nulle part, en caleçon et t-shirt, mortellement blessé », se souvient un des assaillants. Le GRU perd 11 hommes dans l’opération, mais 350 gardes du palais sont tués. L’URSS nomme un fidèle, Babrak Karmal, à la tête de l’Afghanistan. C’est le début de la guerre.   Selon le site russe d’information Meduza, basé en Lettonie, les forces spéciales du GRU ont participé aux deux guerres de Tchétchénie (1994-1996 et 1999-2000). Au milieu des années 1990, dans un Tadjikistan en pleine guerre civile, les agents russes forment les forces gouvernementales et libèrent des territoires occupés par les rebelles. Ils sont aussi actifs en Géorgie pendant la guerre d’août 2008. « En Crimée, afin de désarmer et de neutraliser vingt mille soldats bien équipés, il fallait une escouade triée sur le volet. » Les services spéciaux mènent des opérations en Ukraine dès le début de la crise, en 2014. En février, ils prennent l’aéroport et les bâtiments officiels de Simferopol, en Crimée. Ils sont alors sous les ordres directs de Vladimir Poutine. « Afin de désarmer et de neutraliser vingt mille soldats bien équipés, il fallait une escouade triée sur le volet, explique le président russe dans le documentaire Crimée. Retour à la maison, diffusé sur la chaîne Rossia 1 en mars 2015. Il fallait des spécialistes qui savaient comment s’y prendre. J’ai donc donné pour mission au ministère de la Défense – pourquoi le cacher ? […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

Crédits Image : RIAN3 décembre 2018
International

Moscou, jeu dangereux en Libye

À la conférence sur la Libye, qui s’est tenue les 12 et 13 novembre à Palerme, en Sicile, la Russie devait être représentée par un des adjoints du ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Toutefois, au dernier moment, c’est le Premier ministre Dmitri Medvedev qui s’est envolé pour l’Italie… Deux pouvoirs concurrents existent aujourd’hui en Libye : le gouvernement d’entente nationale, reconnu par les Nations unies (y compris la Russie), dirigé par le Premier ministre Fayez el-Sarraj, et la Chambre des représentants, parlement élu en 2014, soutenue par « l’armée nationale libyenne », qui répond aux ordres de l’influent maréchal Khalifa Haftar. Le premier a son siège à Tripoli ; le second a pour « capitale » Tobrouk (située dans la région orientale de Cyrénaïque, près de la frontière égyptienne), ville depuis laquelle il contrôle les régions de l’Est du pays, où se trouvent de vastes gisements de pétrole et d’importants terminaux pétroliers. El-Sarraj et Haftar sont des adversaires irréconciliables. Derrière chacun d’eux se tiennent différents États. La Russie affiche ses sympathies pour le maréchal libyen : ce dernier a étudié dans l’ex URSS, il parle le russe et se rend fréquemment à Moscou (la dernière fois, à la veille de la conférence de Palerme). Lors d’une récente interview pour la presse arabe, Abdallah al-Thani, Premier ministre du gouvernement de Tobrouk et l’une des personnalités politiques travaillant avec Haftar, a qualifié les États-Unis, la Grande-Bretagne et l’Italie d’ennemis du peuple libyen, ces pays soutenant selon lui « l’islam politique en Libye ». Le Kremlin mène toutefois ici un jeu plus subtil qu’en Syrie et ne se limite pas à entretenir des relations avec son « protégé » militaire. Ainsi, ces dernières années, Moscou a également reçu des membres du gouvernement de Tripoli et d’autres forces, qui ont pu y critiquer ouvertement le maréchal Haftar. L’ombre du conflit Syrien La diplomatie russe n’est cependant pas insensible au fait que ce dernier bénéficie du soutien de la France, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

22 novembre 2018
International

Moscou – La Havane : Salsa Anti-Trump

Après l’annonce du retrait américain du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), les relations entre Moscou et Cuba, ancien satellite communiste aux portes des États-Unis, sont de nouveau à l’ordre du jour. Jusqu’où Moscou et La Havane peuvent-elles développer leur coopération, notamment sur le plan militaire ? La visite récente du président cubain Miguel Díaz-Canel à Moscou donne quelques indications sur le sujet. Miguel Díaz-Canel, le nouvel homme fort de Cuba, qui a remplacé Raúl Castro en avril dernier, a effectué au début du mois de novembre sa première visite en Russie, où il a été accueilli avec tous les honneurs dus à son rang. Il s’est entretenu avec le président Vladimir Poutine au Kremlin avant de rencontrer le Premier ministre Dmitri Medvedev. Le président cubain a invité son homologue russe à venir à Cuba l’année prochaine. À l’en croire, les Cubains souhaiteraient revoir Vladimir Poutine, qui s’était rendu pour la dernière fois sur l’île en 2014 à l’occasion d’une « visite historique ». La Russie fournira du pétrole et redorera le Capitole En novembre 2019, Cuba, fêtera ses 500 ans. Le Kremlin, qui a longtemps été en froid avec La Havane après l’interruption, en 1991, des subventions massives que lui accordait l’URSS, cherche aujourd’hui à tout prix à se défaire de sa réputation de « traître » auprès de son allié historique. Des artisans russes participent ainsi à la restauration de la coupole d’or du Capitole de La Havane, copie conforme de celui de Washington. Lors de la visite de Miguel Díaz-Canel à Moscou, des thèmes plus importants ont, bien entendu, été abordés. Au cours d’une conférence de presse, Vladimir Poutine s’est félicité que les échanges commerciaux entre les deux pays aient augmenté de 17 % en 2017, reconnaissant toutefois qu’en chiffres absolus, ceux-ci restent modestes (290 millions de dollars). Cuba s’intéresse avant tout à sa coopération énergétique avec la Russie, laquelle se développe rapidement depuis quelques années. En 2017, la Russie a expédié 200 000 tonnes de pétrole et 19 000 tonnes de combustibles divers à son partenaire cubain . Par ailleurs, Rosneft a entamé la prospection géologique du plateau continental de Cuba, dont les réserves de pétrole sont évaluées à 20 milliards de barils. Lors de sa visite à Cuba en 2014, Vladimir Poutine a annulé près de 30 milliards de dollars de la dette cubaine auprès de l’URSS et de la Russie, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

12 novembre 2018

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