Les nouvelles bases militaires russes à l’étranger

Jusqu’au milieu des années 2000, la Russie installait ses bases militaires à l’étranger de façon plutôt rationnelle : là d’où pouvait venir la menace, soit, principalement, le long de ce que l’on appelle le « ventre Sud » du pays : Asie centrale et Caucase du Sud. Mais dans le contexte de nouvelle « guerre froide » qui l’oppose à l’Occident depuis le début de la crise ukrainienne, elle a revu sa stratégie. Selon différentes sources convergentes, le ministère de la Défense envisagerait plusieurs possibilités d’élargissement de la présence militaire russe en Europe et ailleurs. Le Courrier de Russie en énumère quelques-unes.

La base de Bobrouïsk, en Biélorussie : une réponse aux États-Unis et à la Pologne

Les bases opérationnelles avancées revêtent une importance capitale dans la guerre contemporaine. Les pays doivent être en mesure de déplacer rapidement des troupes et des équipements, et de réagir à des attaques aériennes soudaines hors des limites de leur territoire ; des capacités que les spécialistes nomment la « projection de puissance ». C’est ce qui explique que l’annonce récente de la Pologne, qui s’est dite prête à investir 1,5 à 2 milliards d’euros pour installer sur son territoire une division blindée américaine (composée de 20 000 à 22 000 soldats, de plusieurs centaines de chars et d’hélicoptères de soutien), ait fait tant de bruit. Ce projet, s’il se réalise, modifiera en effet de façon radicale l’équilibre des forces sur le continent européen.
« Avec la crise ukrainienne, le président Loukachenko a soudain perçu qu’en cas d’affrontement militaire Russie-OTAN, son pays, s’il accueillait des sites militaires russes, serait directement visé. »
Selon les experts, depuis cette annonce de Varsovie, la Russie fait pression sur Minsk afin d’obliger le président Loukachenko à tenir une promesse déjà ancienne : celle d'accueillir une grande base aérienne militaire russe en Biélorussie, à Bobrouïsk précisément. En effet, Moscou accorde depuis de nombreuses années au président biélorusse des avantages financiers se chiffrant en milliards de dollars, en échange de simples déclarations de ce dernier sur le fait que la Biélorussie est « un avant-poste stratégique » de la Russie. Or, avec la crise ukrainienne, le dirigeant biélorusse a soudain perçu qu’en cas d’affrontement militaire Russie-OTAN, son pays, s’il accueillait des sites militaires russes, serait directement visé. Et il est revenu sur sa parole. Dans le même temps, Alexandre Loukachenko a conscience qu’il est préférable de ne pas se fâcher avec Moscou, qui reste le principal soutien économique de la Biélorussie. Minsk multiplie donc les annonces équivoques. Lors d’une récente visite à Bruxelles, le ministre biélorusse des Affaires étrangères, Vladimir Makeï, a toutefois été plutôt clair : si Minsk ne prévoit pas,

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Alexandre Golts

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