Corée du Nord : La diplomatie russe en embuscade

Jeudi 21 juin, le président sud-coréen, Moon Jae-in, sera reçu à Moscou par Vladimir Poutine. Il s’agit d’une visite d’État, la première depuis 1999. Le dossier nord-coréen devrait être au cœur de leurs discussions. Bien que les relations politiques et économiques entre Moscou et Pyongyang se soient résumées à peu de choses ces dernières années, les autorités russes ont activement contribué aux efforts de dénucléarisation dans la péninsule.

À l’heure des sanctions américaines et du tournant vers l’Est entrepris par le Kremlin, Pyongyang apparaît comme un potentiel allié et partenaire de Moscou. En témoigne la relance par Gazprom d’un projet de gazoduc reliant la Russie à la Corée du Sud via la Corée du Nord.

De nombreux experts russes s’attendaient notamment à ce que la Corée du Nord accepte de démonter certains éléments clés de son complexe nucléaire et balistique, par exemple en transférant aux États-Unis ou à des pays tiers une partie de ses centrifugeuses, et d’autoriser la présence d’inspecteurs étrangers sur certains de ses sites nucléaires. Plusieurs observateurs pensaient que les Nord-Coréens se débarrasseraient d’une partie de leur plutonium militaire et de leur uranium enrichi. Si toutes ces mesures n’impliqueraient pas un désarmement total, elles limiteraient toutefois la capacité de Pyongyang à exploiter son potentiel nucléaire et balistique à des fins offensives.

Si l’on examine le texte de la déclaration de Singapour, on arrive à la conclusion que les deux chefs d’État ne se sont mis d’accord sur rien.

La déclaration de Singapour et les propos tenus par Donald Trump ont provoqué une certaine stupeur chez les observateurs. Selon Andreï Lankov, professeur à l’université Kookmin de Séoul et l’un des meilleurs spécialistes russes de la Corée du Nord, à la lecture de la déclaration, ses collègues « ont éclaté de rire, rompant avec l’atmosphère austère du bureau ».

Et, en effet, si l’on examine le texte de la déclaration de Singapour, on arrive à la conclusion que les deux chefs d’État ne se sont mis d’accord sur rien. […]

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Eugene Bai

Dernières nouvelles de la Russie

International

Moscou – La Havane : Salsa Anti-Trump

Après l’annonce du retrait américain du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), les relations entre Moscou et Cuba, ancien satellite communiste aux portes des États-Unis, sont de nouveau à l’ordre du jour. Jusqu’où Moscou et La Havane peuvent-elles développer leur coopération, notamment sur le plan militaire ? La visite récente du président cubain Miguel Díaz-Canel à Moscou donne quelques indications sur le sujet. Miguel Díaz-Canel, le nouvel homme fort de Cuba, qui a remplacé Raúl Castro en avril dernier, a effectué au début du mois de novembre sa première visite en Russie, où il a été accueilli avec tous les honneurs dus à son rang. Il s’est entretenu avec le président Vladimir Poutine au Kremlin avant de rencontrer le Premier ministre Dmitri Medvedev. Le président cubain a invité son homologue russe à venir à Cuba l’année prochaine. À l’en croire, les Cubains souhaiteraient revoir Vladimir Poutine, qui s’était rendu pour la dernière fois sur l’île en 2014 à l’occasion d’une « visite historique ». La Russie fournira du pétrole et redorera le Capitole En novembre 2019, Cuba, fêtera ses 500 ans. Le Kremlin, qui a longtemps été en froid avec La Havane après l’interruption, en 1991, des subventions massives que lui accordait l’URSS, cherche aujourd’hui à tout prix à se défaire de sa réputation de « traître » auprès de son allié historique. Des artisans russes participent ainsi à la restauration de la coupole d’or du Capitole de La Havane, copie conforme de celui de Washington. Lors de la visite de Miguel Díaz-Canel à Moscou, des thèmes plus importants ont, bien entendu, été abordés. Au cours d’une conférence de presse, Vladimir Poutine s’est félicité que les échanges commerciaux entre les deux pays aient augmenté de 17 % en 2017, reconnaissant toutefois qu’en chiffres absolus, ceux-ci restent modestes (290 millions de dollars). Cuba s’intéresse avant tout à sa coopération énergétique avec la Russie, laquelle se développe rapidement depuis quelques années. En 2017, la Russie a expédié 200 000 tonnes de pétrole et 19 000 tonnes de combustibles divers à son partenaire cubain . Par ailleurs, Rosneft a entamé la prospection géologique du plateau continental de Cuba, dont les réserves de pétrole sont évaluées à 20 milliards de barils. Lors de sa visite à Cuba en 2014, Vladimir Poutine a annulé près de 30 milliards de dollars de la dette cubaine auprès de l’URSS et de la Russie, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

12 novembre 2018
International

Air Cocaïne à la russe

Le 30 juillet dernier, de retour à Moscou, Andreï Kovaltchouk était inculpé de trafic de cocaïne. La veille, il avait été extradé d’Allemagne à la demande du parquet général russe. L’« affaire de la cocaïne » a connu un écho particulier dans les médias moscovites : la drogue, qui était transportée via la valise diplomatique, avait été découverte dans une annexe de l’ambassade de Russie en Argentine. En décembre 2016, les autorités argentines, prévenues par l’ambassadeur de Russie, Viktor Koronelli, découvrent 389 kg de cocaïne cachés dans une annexe de l’ambassade. La drogue, répartie dans 360 paquets dissimulés dans 12 valises, doit être envoyée à Moscou par la valise diplomatique en même temps que les affaires personnelles de l’intendant de l’ambassade, Ali Abianov, qui rentre définitivement au pays. L’affaire n’est révélée au public qu’en février 2018, après que la police argentine a mis au jour le réseau de trafiquants se servant de la mission diplomatique pour acheminer la drogue en Europe et en Russie. Les médias font état d’au moins cinq personnes impliquées dans le trafic, dont un employé de l’ambassade. Entre-temps, une vaste opération de démantèlement du réseau est menée dans la plus grande discrétion, afin d’éviter toute fuite dans la presse. La cocaïne est remplacée par de la farine, des balises GPS sont introduites dans les valises, et la police argentine place les suspects sur écoute. Finalement, lors de la livraison de la marchandise en décembre 2017, trois citoyens russes sont arrêtés et poursuivis pour tentative de trafic de drogue. Deux autres suspects sont interpellés en Argentine. La police locale soupçonne un citoyen russe, Andreï Kovaltchouk, d’être l’organisateur du trafic. La Russie diffuse à son encontre un mandat d’arrêt international via Interpol. Le cerveau présumé de l’opération est arrêté début mars 2018. Trafiquant ou agent secret ? Andreï Kovaltchouk est un homme d’affaires bien installé en Allemagne. L’annonce de son extradition vers la Russie l’a pris au dépourvu : il était convaincu que les tribunaux mettraient du temps à examiner l’appel interjeté par ses avocats allemands. La justice allemande s’est révélée finalement plus rapide que prévu. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

8 août 2018
International

Maria Boutina : jeune ambitieuse ou espionne du Kremlin ?

Le scandale entourant Maria Boutina, une jeune femme de 29 ans, assistante d’un haut fonctionnaire russe, prend de l’ampleur aux États-Unis. Maria Boutina a été arrêtée le 15 juillet dernier à Washington sous les chefs d’accusation de conspiration, espionnage et promotion illégale des intérêts russes aux États-Unis (« Activité en tant qu’agent étranger non enregistré ») et risque quinze ans de prison. Le Courrier de Russie a décrypté pour vous les tenants et les aboutissants de cette intrigue. Moscou a réagi, sans attendre, à l’arrestation de Maria Boutina : niant en bloc toutes les accusations contre sa ressortissante. L’ambassade de Russie aux États-Unis a demandé des explications aux autorités américaines et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a exigé sa libération le 21 juillet, au cours d’un entretien téléphonique avec son homologue américain Mike Pompeo. Au premier abord, les activités de la jeune femme aux États-Unis n’ont pas grand-chose à voir avec de l’espionnage. « Peut-être devrions-nous nous intéresser aux agents américains en Russie ? Avec des critères de ce genre, nous en trouverons des centaines », menace sur Twitter Dmitri Polianski, adjoint de l’ambassadeur de Russie aux Nations unies. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a quant à elle lié cette affaire au sommet d’Helsinki entre Donald Trump et Vladimir Poutine, qui s’est tenu le 16 juillet dernier : « Au lieu de faire son travail en luttant contre la criminalité, le FBI exécute manifestement un ordre politique. » Pour Robert Driscoll, avocat de Maria Boutina, les charges contre sa cliente sont « fragiles ». Selon lui, les autorités américaines n’ont aucune raison sérieuse de la soupçonner d’espionnage. « Elle n’a rien fait qui puisse relever d’une telle activité », assure-t-il. Une nouvelle Anna Chapman Maria Boutina a commencé à attirer l’attention avant même son arrestation. La jeune russe faisait beaucoup parler d’elle à Washington, pour son activisme débordant et sa beauté provocatrice : il ne se passait pas un événement en sa présence sans qu’on ne la voie flirter avec les invités les plus prestigieux. Elle avait ses entrées dans les milieux conservateurs, entretenait des contacts au sein du puissant lobby pro-armes de la National Rifle Association (NRA), ainsi que dans l’entourage de Donald Trump et de plusieurs sénateurs américains. Elle s’intéressait également aux grands électeurs républicains – qui désignent le nouveau locataire de la Maison-Blanche dans le cadre du collège électoral, formé à l’issue du scrutin présidentiel ‒ et travaillait à la constitution d’un réseau devant réunir les membres républicains de la NRA et des groupes religieux tels que le National Prayer Breakfast (un événement annuel attirant les élites politiques, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

25 juillet 2018