Arménie : la fin du modèle néo-soviétique

La rencontre entre Vladimir Poutine et le Premier ministre Nikol Pachinian à Sotchi, le 14 mai dernier, signifie que Moscou reconnaît définitivement la légitimité du nouveau pouvoir en Arménie. La question est maintenant de savoir si la Russie et l’Arménie, qui se positionnent en tant que partenaires stratégiques, pourront continuer à avancer main dans la main.

À l’époque de l’URSS, les Arméniens apprenaient dès l’enfance que le soleil se levait au nord, c’est-à-dire en Russie. Mais après l’effondrement de l’empire soviétique, la république a vu l’apparition d’une nouvelle génération qui, elle, n’a pas été nourrie aux clichés soviétiques.

Une des revendications des manifestants d’avril à Erevan était une autonomie accrue vis-à-vis de la Russie dans la résolution des questions clés, aussi bien économiques que politiques. Nikol Pachinian, « représentant de la rue » et nouveau Premier ministre arménien, n’est lié à Moscou par aucun engagement et peut en théorie se permettre de dire à Vladimir Poutine ce que ses prédécesseurs n’étaient pas en position d’exprimer. Selon un sondage récent, 74 % des arméniens soutiennent Nikol Pachinian ‒ une cote de popularité dont peu de dirigeants peuvent se targuer. Mais il n’est pas seulement question du soutien dont bénéficie personnellement le nouveau Premier ministre. La réévaluation des relations bilatérales entre Moscou et Erevan est une nécessité objective.

Un pays sans coussin de sécurité

À la différence de la Russie, dont l’économie repose principalement sur les matières premières, l’Arménie ne dispose pas de coussin de sécurité. Le niveau de vie en Arménie est l’un des plus faibles, sinon le plus faible au sein de la Communauté des États indépendants (CEI). […]

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Mourad Sarkissian, journaliste et politologue