Retrait américain de l’accord nucléaire iranien : une opportunité pour Moscou?

La semaine dernière, Donald Trump a annoncé le retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, négocié pendant treize ans entre Téhéran et les cinq pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU plus l’Allemagne. Rapprochement russo-européen, regain des tensions dans le Proche-Orient, hausse du prix du pétrole, quelles sont les conséquences prévisibles de cette décision ?

Plusieurs médias russes soulignent l’opportunité que représente, pour la coopération entre les pays européens et Moscou, le retrait américain de l’accord. Alors que Donald Trump a pris une décision unilatérale, la Russie se trouve du « bon côté de l’histoire », comme le formule le politologue Vladimir Frolov dans Moscow Times, celui de la communauté internationale, incarnée par l’Organisation des Nations unies (ONU). Par ailleurs, dans une période de fortes tensions avec les pays européens – conflits en Syrie et Ukraine, affaire Skripal –, la décision prise par Donald Trump rapproche l’Europe et la Russie autour d’un objectif commun : la sauvegarde de l’accord.

De retour de Washington, Emmanuel Macron s’était entretenu avec Vladimir Poutine, exprimant son souhait de voir la Russie « jouer sur l’ensemble de ces questions un rôle constructif, afin d’éviter une montée des tensions dans la région. » Le dossier iranien devrait être au cœur de la rencontre des chefs d’État français et russe, qui aura lieu les 24 et 25 mai à l’occasion du Forum économique international de Saint-Pétersbourg. Jeudi dernier, c’est le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, qui se rendait à Moscou pour discuter des suites du dossier iranien avec son homologue russe, Sergueï Lavrov.

«  Si elles doivent choisir entre les marchés iranien et américain, les entreprises européennes choisiront les États-Unis »

Le porte-parole du gouvernement français, Benjamin Grievaux, a annoncé que l’Union européenne (UE) était « prête à contester auprès de l’Organisation mondiale du Commerce toute mesure unilatérale qui attenterait aux intérêts des entreprises européennes ». […]

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Elsa Régnier