Ex-espion empoisonné: un gaz innervant pas si mystérieux

Les dirigeants britannique, américain, français et allemand ont qualifié, dans une déclaration conjointe, l’empoisonnement supposé de l’ancien espion russe Sergueï Skripal de violation de la souveraineté du Royaume-Uni par la Russie. Ils accusent Moscou d’avoir utilisé, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, un agent innervant de qualité militaire pour perpétrer une attaque sur le sol européen. Toutefois, aucune preuve ne confirme que le poison mortel provient de Russie et que celle-ci en a dissimulé la conception.

« La température des relations russo-britanniques est descendue à -23°, mais nous ne craignons pas la guerre froide » : tel est message apparu sur le compte Twitter de l’ambassade de Russie au Royaume-Uni dans la soirée du 14 mars. Le chiffre choisi n’est pas anodin. Quelques heures plus tôt, la Première ministre britannique Theresa May a annoncé l’expulsion de 23 diplomates russes qualifiés d’ « agents du renseignement non déclarés » afin de sanctionner la Russie pour sa responsabilité « hautement probable » dans l’empoisonnement de l’ex-agent double Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia. Mme May a souligné qu’il s’agissait de la plus importante expulsion depuis 30 ans et qu’elle permettrait de « saper pour longtemps le travail du renseignement russe au Royaume-Uni ». Au total, 56 personnes travaillent à l’ambassade russe à Londres (contre 152 à l’ambassade britannique à Moscou).

« Cette décision revient à paralyser presque totalement l’activité consulaire liée à l’octroi de visas », commente sous couvert de l’anonymat un diplomate russe ayant notamment travaillé à Londres. Il rappelle que lors du scandale diplomatique survenu l’an dernier entre la Russie et les États-Unis, Vladimir Poutine a ordonné l’expulsion de 755 diplomates américains. Malgré leur nombre encore relativement élevé, les 455 diplomates restants ont immédiatement fait part de difficultés dans l’émission de visas, qu’ils n’ont pu surmonter qu’en deux à trois mois.

Toutefois, les déplacements des citoyens en Russie et au Royaume-Uni ne sont pas une question prioritaire pour le gouvernement de Theresa May. […]

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Boris Iounanov

Dernières nouvelles de la Russie

Économie

Taman, le nouveau port de Crimée

Après le pont, le port. Les entreprises d’Arkadi Rotenberg, un proche de Vladimir Poutine, pourraient venir accélérer la réalisation d’un nouveau chantier titanesque en mer d’Azov. L’idée de construire un grand port sur la rive orientale du détroit de Kertch, qui relie la mer d’Azov à la mer Noire, date d’avant la crise ukrainienne. Les autorités russes tablaient même sur une inauguration du port de Taman (territoire de Krasnodar) en 2018. Après les événements de 2014 et le rattachement manu militari de la Crimée à la Fédération de Russie, le projet n’était plus la priorité de Moscou : l’heure était au financement des infrastructures de transport dans la péninsule, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

Crédits Image : RIAN15 novembre 2018
Opinions

Khashoggi-Skripal : deux affaires, deux politiques

L’affaire Skripal a démontré que la Russie était, aux yeux des Occidentaux, un coupable idéal qui ne mérite pas la moindre clémence de leur part. Le scandale de l’assassinat du journaliste d’opposition saoudien Jamal Khashoggi montre que l’Arabie saoudite bénéficie, au contraire, d’une mansuétude infinie de leur part.

24 octobre 2018
International

Moscou / Tel-Aviv : Procédure de divorce

Le crash de l’Iliouchine-20 de l’armée de l’air russe abattu par erreur par la défense antiaérienne syrienne, pourrait provoquer une nouvelle crise au Proche-Orient. Moscou accuse des chasseurs israéliens F-16 d’avoir poussé son avion de renseignement sous le feu de son allié syrien et prévoit de livrer rapidement à Damas des systèmes de défense plus performants. L’État hébreu déplore une décision qui va « accroître la tension » et promet de continuer à agir contre l’Iran en Syrie. Dans deux semaines, la Russie livrera à l’armée syrienne des batteries de missiles S-300, équipés de systèmes automatisés capables de distinguer avions amis et ennemis, vient d’annoncer le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou. « La Russie doit prendre de nouvelles mesures pour garantir la sécurité de ses soldats en Syrie », explique-t-il pour justifier cette décision. Un geste politique Le système S-300 est très différent du S-200, dont un missile « aveugle » a abattu l’Iliouchine-20 russe, tard dans la soirée du 17 septembre. Intégré à l’équipement de l’armée soviétique en 1978, le S-300 a été modernisé plusieurs fois depuis, et c’est probablement l’une des dernières versions qui sera envoyée en Syrie. Capable d’intercepter des cibles jusqu’à 250 km de distance (sachant qu’une seule batterie S-300 peut en frapper jusqu’à 36 simultanément, en envoyant jusqu’à 72 missiles), il s’agit d’un des meilleurs systèmes de défense antiaérienne au monde. La Russie en a d’ailleurs déjà vendu à plusieurs pays, y compris la Slovaquie, membre de l’OTAN. En mai 2012, l’Alliance atlantique avait procédé à des exercices visant à « aveugler » les S-300. En vain. Toutefois, le système n’a jamais été utilisé en condition de combat réel. « Si l’armée syrienne possédait les systèmes S-300, elle serait en mesure de frapper n’importe quelle cible, y compris civile, sur l’ensemble du territoire israélien. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

26 septembre 2018