Affaire Skripal : À qui profite le crime d’État ?

Pour la première fois dans l’histoire de l’après-guerre, une grande puissance (le Royaume-Uni), dotée de l’arme nucléaire et membre du Conseil de sécurité de l’ONU, vient de lancer un ultimatum à une autre grande puissance nucléaire (la Russie), également membre du Conseil de sécurité.

Lors de son allocution devant la chambre basse du parlement britannique le 12 mars, la Première ministre Theresa May a jugé « hautement probable » la responsabilité de la Russie dans l’empoisonnement de l’ancien agent secret russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, survenu le 4 mars à Salisbury (sud-ouest de Londres). D’après Mme May, l’enquête a permis d’établir que M. Skripal et sa fille, qui se trouvent depuis plus d’une semaine dans un état grave, ont été empoisonnés par un agent innervant de conception russe. Autrement dit, soit la Russie est « directement responsable » de l’empoisonnement, soit elle a perdu le contrôle de cette substance mortelle en la laissant « tomber entre d’autres mains ». Mme May a annoncé aux députés que le Foreign Office avait déjà convoqué l’ambassadeur russe à Londres. La Première ministre a également sommé la Russie de donner des « explications crédibles » d’ici le 13 mars au soir. Dans le cas contraire, a mis en garde Mme May, Londres conclura qu’il s’agit d’un « usage illégal de la force par l’État russe contre le Royaume-Uni » et agira conformément à l’article 51 de la charte des Nations Unies, qui autorise le recours à la légitime défense. […]

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Boris Iounanov

Dernières nouvelles de la Russie

Éditorial

Un discours majeur de Vladimir Poutine

Le 29 août, Vladimir Poutine s’est adressé aux Russes, en direct à la télévision, pendant près d’une demi-heure. Un discours d’ « une durée sans précédent », relève son porte-parole, Dmitri Peskov – le texte aurait été écrit pour moitié par le président lui-même, selon Dmitri Peskov –, et d’une franchise inhabituelle. Le président n’a presque pas usé de la rhétorique conquérante et optimiste à laquelle il a habitué ces concitoyens depuis dix-huit ans. Il n’a pas craint de dévoiler des chiffres, qui, si l’on se rappelle la politique menée par le Kremlin ces dernières années, sont loin de plaider toujours en sa faveur. Selon la BBC, au cours des quatorze années de sa présidence, Vladimir Poutine s’est adressé vingt-huit fois à ses compatriotes en direct à la télévision, face caméra. À l’exception des vœux traditionnels du Nouvel An, des appels à se rendre aux urnes et des discours tenus au lendemain de ses victoires électorales, il a eu rarement recours à ce format durant sa carrière politique : à l’occasion de la démission du premier président russe élu, Boris Eltsine (et de sa prise de fonction en qualité de chef de l’État par intérim) ; pour présenter ses premiers projets de loi soumis à la Douma en tant que président élu ; enfin, le jour anniversaire des soixante ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale (que les Russes appellent la « Grande Guerre patriotique »). […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

3 septembre 2018
Opinions

La ligne rouge (les dix ans de la guerre russo-géorgienne)

La guerre d’Ossétie du Sud (aussi connue sous le nom de guerre de Cinq-jours) s’est déroulée du 8 au 12 août 2008. Au cours de cet affrontement à sens unique, les troupes russes ont mené une contre-attaque fulgurante contre l’armée de Tbilissi qui tentait de prendre le contrôle de cette région autonome placée, depuis 1992, sous le contrôle d’une force militaire conjointe ossète et russo-géorgienne. Elle était le premier conflit armé opposant la Russie postsoviétique à un autre État. Au matin du 8 août 2008, lorsque le président géorgien Mikheil Saakachvili lance ses troupes contre Tskhinvali, la capitale d’Ossétie du Sud, il fait le pari que le nouveau président russe, Dmitri Medvedev, ne réagira pas. Mais ce dernier interrompt immédiatement ses vacances et donne l’ordre de déployer dans la zone de conflit la 58e Armée russe. Vladimir Poutine, devenu Premier ministre à la faveur d’un jeu de chaises musicales avec son ancien chef de gouvernement, est informé du début des combats alors qu’il se trouve à Pékin pour assister à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques. Dix ans plus tard, le débat en Russie ‒ et à l’étranger ‒ à propos des ces événements demeure vif : qui est responsable du déclenchement de cette guerre ? Deux vérités contradictoires La vérité géorgienne, partagée en Russie par des voix critiques envers le Kremlin et par certains historiens, est que Mikheil Saakachvili a été contraint de déclencher cette guerre par Moscou, qui amassait des troupes à la frontière de l’Ossétie du Sud et incitait en permanence les milices ossètes à tirer sur les villages géorgiens de la région. Comprenant que le conflit était imminent, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

13 août 2018
International

L’affaire Benalla vue de Moscou

L’onde de l’affaire Benalla, du nom de l’ex-garde du corps d’Emmanuel Macron accusé de violence contre des participants aux manifestations du 1er mai, s’est propagée jusqu’en Russie. Les personnalités politiques du pays se gardent toutefois de commenter l’affaire. « Il n’y a pas et il n’y aura pas de commentaire officiel. Pour Moscou, cette affaire survenue en France est un bon moyen de montrer au monde entier qu’elle n’intervient jamais dans les affaires intérieures des autres États », explique une source diplomatique russe sous couvert d’anonymat. La crise politique suscitée en France par le comportement de ce chargé de mission, proche du président Macron, est toutefois largement commenté par la presse russe. Les journaux attirent l’attention sur deux éléments : d’une part, Alexandre Benalla n’avait pas le droit d’empiéter sur le domaine réservé de la police lors des manifestations du 1er mai ; d’autre part, en apprenant comment le garde du corps s’était comporté (il a molesté deux manifestants), l’Élysée et le ministère de l’Intérieur ont tenté d’étouffer l’affaire. Les journaux Izvestia, Novaïa Gazeta et RBC rappellent que, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

24 juillet 2018