Affaire Skripal : À qui profite le crime d’État ?

Pour la première fois dans l’histoire de l’après-guerre, une grande puissance (le Royaume-Uni), dotée de l’arme nucléaire et membre du Conseil de sécurité de l’ONU, vient de lancer un ultimatum à une autre grande puissance nucléaire (la Russie), également membre du Conseil de sécurité.

Lors de son allocution devant la chambre basse du parlement britannique le 12 mars, la Première ministre Theresa May a jugé « hautement probable » la responsabilité de la Russie dans l’empoisonnement de l’ancien agent secret russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, survenu le 4 mars à Salisbury (sud-ouest de Londres). D’après Mme May, l’enquête a permis d’établir que M. Skripal et sa fille, qui se trouvent depuis plus d’une semaine dans un état grave, ont été empoisonnés par un agent innervant de conception russe. Autrement dit, soit la Russie est « directement responsable » de l’empoisonnement, soit elle a perdu le contrôle de cette substance mortelle en la laissant « tomber entre d’autres mains ». Mme May a annoncé aux députés que le Foreign Office avait déjà convoqué l’ambassadeur russe à Londres. La Première ministre a également sommé la Russie de donner des « explications crédibles » d’ici le 13 mars au soir. Dans le cas contraire, a mis en garde Mme May, Londres conclura qu’il s’agit d’un « usage illégal de la force par l’État russe contre le Royaume-Uni » et agira conformément à l’article 51 de la charte des Nations Unies, qui autorise le recours à la légitime défense. […]

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Boris Iounanov