Andreï Kortounov : « La tension entre Occidentaux et Russes a diminué »

Pour Andreï Kortounov, directeur du Conseil russe pour les affaires internationales (Russian International Affairs Council, RIAC), un think tank de premier plan en Russie, malgré l’aggravation de la situation en Syrie, le climat politique international s’est incontestablement assainie en un an.

LCDR : Comment jugez-vous le climat politique international ?

Andreï Kortounov : La conférence de Munich sur la sécurité (qui s’est tenue du 16 au 18 février, ndlr) est un des espaces de discussion les plus importants et les plus influents sur les questions de politique internationale. Et il me semble que cette année, les esprits y étaient moins nerveux, moins inquiets que l’année dernière. En février 2017, la sensation d’une crise de sécurité imminente, importante, je dirais globale, était pesante. Elle était liée à plusieurs facteurs : arrivée au pouvoir de Donald Trump après une campagne électorale tout à fait hors norme, montée du populisme de droite en Europe et incertitude concernant l’issue des élections aux Pays-Bas, en France et en Allemagne. L’inquiétude et l’aigreur étaient encore décuplées par les craintes de déclenchement d’une grande guerre en Syrie et au Proche-Orient, […]

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Propos recueillis par Elena Teslova

Dernières nouvelles de la Russie

International

Syrie : Ghouta orientale, l’oasis de la discorde

Lors de leur conférence de presse conjointe le 27 février à Moscou, ni le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, ni son homologue russe Sergueï Lavrov n’ont fait preuve d’originalité dans leur évaluation de la situation en Ghouta orientale.

28 février 2018
International

Que s’est-il passé à Deir ez-Zor ?

La semaine dernière, la Russie a été secouée par la nouvelle du décès de plusieurs de ses ressortissants au cours d’une frappe aérienne de la coalition menée par les États-Unis près de Khasham, dans la province syrienne orientale de Deir ez-Zor. Difficile d’établir un bilan précis. Selon les sources, l’opération aurait eu lieu le 7 ou le 8 février et aurait fait entre 5 et 500 morts. Si l’on ignore également qui a pris part à l’attaque, on a toutefois appris il y a quelques jours qu’un grand nombre de blessés avaient été transportés depuis la Syrie dans des hôpitaux de Moscou et de Saint-Pétersbourg. Le 7 février 2018, des milices pro-Assad et des mercenaires russes ont attaqué les positions des Kurdes des Forces démocratiques syriennes (FDS), qui bénéficient du soutien de la coalition menée par les Etats-Unis. Les Kurdes ont fait appel aux forces de la coalition, qui ont frappé depuis les airs les attaquants, principalement équipés d’armes à feu. La version du Commandement central des États-Unis est quelque peu différente : les Kurdes auraient été attaqués par certaines « forces hostiles » et n’auraient fait que se défendre. Les militaires américains soulignent qu’avant leurs frappes, effectuées par des avions d’assaut et des bombardiers stratégiques B-52, ils ont contacté leurs collègues russes, qui leur ont assuré qu’aucun militaire russe ne se trouvait dans ce secteur. Le ministère russe de l’Intérieur a également affirmé d’emblée : « Nos soldats n’étaient pas à Deir ez-Zor ce jour-là. » Le commandement des Kurdes syriens garde un silence absolu sur toute l’affaire, ce qui n’a rien d’étrange : les Kurdes des FDS considèrent la Russie, du moins dans leurs propos, comme une puissance alliée semblable aux États-Unis, et ont plus d’une fois exprimé leur reconnaissance à Moscou pour son soutien. Ils n’ont par conséquent aucun intérêt à accroître le scandale autour des mercenaires russes tués en Syrie. Selon des sources du quotidien Kommersant proches du gouvernement d’Assad, les hommes d’affaires espéraient, avec l’aide des mercenaires russes, prendre le contrôle des gisements de pétrole et de gaz Conoco, situés dans la province de Deir ez-Zor. Ces derniers sont aujourd’hui contrôlés par les Kurdes des FDS. Après avoir libéré de l’État islamique la ville de Raqqa et une partie de Deir ez-Zor, les FDS ont pris le contrôle des ressources énergétiques locales. Les miliitaires russes savaient que les gisements Conoco étaient sous le contrôle des Kurdes et « considéraient cela avec calme », estime un politologue spécialiste du Proche-Orient sous couvert d’anonymat. Le New York Post affirme pour sa part que les frappes sur les positions kurdes n’ont pu avoir lieu qu’avec l’accord de Vladimir Poutine, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

19 février 2018
Opinions

Syrie : guerre ou paix ?

Attaque de drones sur la base aérienne russe de Hmeimim, opération militaire turque dans la ville d’Afrine, avion de chasse Sukhoï-25M abattu par un missile anti-aérien : depuis le début de l’année, chaque nouvelle en provenance de Syrie ne fait qu’anéantir davantage l’espoir de voir un dialogue politique s’y établir. Le commandant Roman Filippov, pilote du Su-25M abattu le 3 février dans la province syrienne d’Idlib (premier avion de chasse détruit depuis le début de la campagne militaire en Syrie), recevra à titre posthume le titre de Héros de la Russie, a annoncé, à Moscou, le ministère de la Défense. Après que son avion a été touché par un missile sol-air, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

6 février 2018