Alexandre Orlov, ancien ambassadeur de Russie en France et actuel secrétaire général du dialogue de Trianon.

Alexandre Orlov : «Les Russes partagent les mêmes soucis et les mêmes rêves que les Français»

Dans un entretien exclusif accordé au Courrier de Russie, Alexandre Orlov, Secrétaire général exécutif du Dialogue de Trianon, revient sur cette initiative diplomatique originale dédiée à la société civile, annoncée à Versailles, le 29 mai dernier, par le président français Emmanuel Macron et son homologue russe, Vladimir Poutine.Le Courrier de Russie : Les présidents Macron et Poutine ont décidé de l'ouverture d'un dialogue entre les sociétés civiles française et russe. Vous avez été l'Ambassadeur de la Fédération de Russie en France pendant près de dix ans. Quel regard portez-vous aujourd'hui sur la société française ?Alexandre Orlov : Elle est très diverse, elle est en proie à des problèmes et elle se pose des questions, comme la société russe. Nous vivons un moment important de notre histoire. La révolution numérique a changé nos habitudes et a complètement détruit les frontières qui existaient entre les nations. Mikhaïl Gorbatchev, qui parlait d'une maison commune européenne, avait finalement raison. Nous habitons la même maison. Peut-être à des étages différents. Mais nous en sommes tous les habitants. Ce brassage des nations et des cultures est un phénomène nouveau que nous avons quelques difficultés à digérer. Cela provoque parfois de très mauvaises réactions, à l'égard de gens qui viennent d'ailleurs. Il me semble que c'est l'une des raisons pour lesquelles le président Macron a proposé cette idée au président Poutine. Le paradoxe de cette évolution du monde est que les Français et les Russes se connaissent moins bien qu'il y a trente ans. C'est une anomalie et nous devons très vite y remédier. L'objectif premier de ce dialogue de Trianon, de ce forum franco-russe de la société civile, est justement de permettre à nos concitoyens de mieux se connaître.LCDR : Ces deux sociétés ne sont-elles pas très différentes l'une de l'autre ?A.O. : Je ne pense pas qu'il y ait une grande différence. Je ne veux pas paraître prétentieux, mais j'ai passé pas mal d'années dans votre beau pays, et si l'on considère toutes les nations européennes, la France est peut-être la plus proche culturellement de la Russie. Je dirais même que nous avons les mêmes qualités et les mêmes défauts. Cela se voit dans notre histoire ! Mais nous sommes complémentaires.
Il faut élargir la base sociale de nos relations
LCDR : Quelles qualités et quels défauts ?A.O. : Pour les défauts, si vous le permettez,

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Propos recueillis par Jean-Claude Galli

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