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Les présidents russe, biélorusse et ukrainien Vladimir Poutine, Alexandre Loukachenko et Petro Porochenko lors de leur rencontre fin août 2014. Crédits : Viktor Drachev

Biélorussie, Ukraine, Russie : la querelle des « trois sœurs »

« Le dernier dictateur d’Europe », « le Pinochet biélorusse »… tels sont quelques-uns des qualificatifs attribués par des personnalités politiques et des médias occidentaux au président Alexandre Loukachenko, qui règne sans partage sur le pays depuis 1994. Les Biélorusses l’appellent simplement « batska », « le Père ». Avec la crise ukrainienne, la situation a toutefois évolué et, en Occident, pour la première fois depuis longtemps, on serre de nouveau la main à Loukachenko.

Les premières sanctions contre le régime biélorusse et le président remontent à 1996, où un référendum modifiant la constitution et lui permettant de postuler pour un nouveau mandat, complique les relations entre la Biélorussie et l’Union européenne. Bruxelles déclare alors que les résultats du scrutin ont été falsifiés et que des pouvoirs « dictatoriaux » ont été octroyés au président. Depuis, les sanctions occidentales sont tantôt durcies (en 2006, l’UE impose de nouvelles sanctions économiques ainsi que des restrictions de visas pour les fonctionnaires biélorusses et pour Loukachenko lui-même), tantôt atténuées (en 2008, après la libération d’une série de prisonniers considérés comme politiques par l’UE). L’Europe voit en Loukachenko un dictateur qui a usurpé le pouvoir et qui opprime son peuple. La majorité de la population biélorusse voit, elle, un homme s’opposant aux privatisations et à la dilapidation sauvage de l’héritage soviétique (déjà expérimentées par la Russie et l’Ukraine). Les experts en relations internationales, de leur côté, voient un homme politique ayant fait un choix délibéré en faveur de la Russie et aspirant à retirer de son alliance avec elle un maximum d’avantages pour son pays et son pouvoir personnel. Les nombreuses guerres commerciales avec la Russie (par exemple celle du lait en 2009) et les réconciliations à répétition montrent que la Biélorussie a par ailleurs toujours su jouer habilement de ses relations avec l’Occident pour négocier les meilleures conditions avec la Russie. […]

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Anton Ramov

Dernières nouvelles de la Russie

Politique

Pavel Groudinine :
L’avenir nébuleux du communisme en Russie

Pavel Groudinine, candidat « surprise » du parti communiste à la dernière présidentielle de Russie, est au cœur d’un scandale politique. Alors que le président du parti, Guennadi Ziouganov, souhaitait qu’il hérite du mandat du député Jaurès Alfiorov, récemment décédé, la Commission électorale a mis son veto. Motif officiel : M. Groudinine n’a pas déclaré au fisc ses comptes bancaires étrangers. Leur existence, révélée il y a plus d’un an, n’avait pourtant pas empêché l’homme d’affaires de briguer la tête de l’État…Prix Nobel de physique en 2000, Jaurès Alfiorov, décédé le 1er mars dernier, était une figure bien connue des Partis communistes d’Union soviétique puis de Russie. Né en mars 1930, il devait son prénom à son père, un « pur et dur », bolchevik de la première heure, qui rendait ainsi hommage à l’homme politique socialiste français ; précisons que le frère aîné de Jaurès s’appelait Marx…Jamais, par le passé, la Commission électorale n’avait, de sa propre initiative, rejeté une candidature au parlement.Après le décès de M. Alfiorov, qui siégeait à la Douma (la chambre basse du parlement russe) depuis 1995, le président du Parti communiste de la Fédération de Russie (KPRF), Guennadi Ziouganov, décide que le mandat de député du physicien reviendra à l’homme d’affaires Pavel Groudinine, directeur du sovkhoze Lénine, ancienne ferme d’État privatisée de la région de Moscou, et candidat à la dernière présidentielle. Le choix de ce transfuge du parti pro-Kremlin Russie unie, membre de l’équipe de campagne de Vladimir Poutine en 2000 et homme d’affaires fortuné, peut surprendre : lors du scrutin de mars 2018, les révélations de la presse sur ses comptes bancaires à l’étranger – neuf en Suisse et un dans le paradis fiscal du Belize –, qui lui avaient alors valu le surnom de « plus capitaliste des communistes », associées à des positions résolument pro-staliniennes prises sur les plateaux de télévision, avait fortement déplu à l’électorat. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

1 avril 2019
International

Ukraine, tous ennemis de l’intérieur

Le premier tour de la présidentielle ukrainienne aura lieu ce dimanche 31 mars. Sur fond de conflit avec la Russie, l’étiquette d’ « agent du Kremlin » et les accusations d’intelligence avec l’ennemi fusent de toutes parts, servant à discréditer les adversaires.

29 mars 2019
Politique

Le pouvoir russe au féminin

Sénatrices, députées, ministres, opposantes… En cette Journée internationale des femmes, le Courrier de Russie dresse une série de portraits de responsables politiques russes plus ou moins influentes.Les femmes russes sont parmi les premières au monde à avoir obtenu le droit de vote – au printemps 1917 (les Américaines l’obtiennent en 1920, les Françaises en 1945, et les Suisses n’en disposent pleinement que depuis 1991). Aujourd’hui, dans la fonction publique russe, on rencontre même deux fois plus de femmes que d’hommes.Pourtant, la population ne semble pas pressée d’élire une représentante de la gent féminine au Kremlin. À la question : « Souhaiteriez-vous qu’une femme accède à la présidence d’ici dix ou quinze ans ? », posée par le centre Levada en 2017, les Russes ont répondu « non » à 53 %, contre seulement 34 % de « oui ». Curieusement, les sondés étaient plus nombreux (45 %) en 2006 à imaginer une femme à la tête du pays. À l’époque, ils étaient aussi 21 % à approuver l’idée d’une candidature féminine à l’élection présidentielle, contre 11 % seulement en 2017.Au parlement, des femmes rares mais puissantesLa femme la plus influente de la politique russe demeure incontestablement, depuis des années, la présidente du Conseil de la Fédération (la chambre haute du parlement russe), Valentina Matvienko, troisième personnage de l’État selon le protocole, derrière le président et le Premier ministre. S’il arrivait malheur aux deux premiers, c’est à elle que serait confiée la « valise nucléaire », qui commande l’arme atomique.Valentina Matvienko au Conseil de la Fédération en février 2019. Crédit : Council.govMilitante des Jeunesses communistes dans les années 1970, Mme Matvienko, soixante-neuf ans, a gravi les échelons du Parti à Leningrad (l’actuelle Saint-Pétersbourg). Dans les années 1990, elle est une des très rares ambassadrices de la jeune Fédération de Russie, en poste à Malte puis en Grèce. À Athènes, elle œuvre pour un renforcement durable des relations russo-grecques. De retour en Russie, Mme Matvienko devient successivement vice-Première ministre, représentante du président pour le district fédéral Nord-Ouest et gouverneur de Saint-Pétersbourg. En 2011, elle prend la tête du Sénat, où les femmes occupent à peine 18 % des sièges (30 sur 170).La Douma d’État (la chambre basse du parlement) ne brille pas non plus par son respect de la parité hommes-femmes, avec environ 16 % de députées (70 sur 450). […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

8 mars 2019

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