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Une sortie extravéhiculaire à la station spatiale internationale. Crédits : Roscosmos.

La Russie et les États-Unis comptent créer une station spatiale autour de la Lune

Mercredi 27 septembre, l’agence spatiale russe Roscosmos et la NASA ont signé un accord en vue de travailler ensemble à la création d’une nouvelle station spatiale sur l’orbite de la Lune. La participation d’autres pays au projet est prévue mais n’a pas encore été discutée en détail. Selon Roscosmos, le projet pourrait exiger une révision majeure du programme spatial russe d’ici 2025. Kommersant résume.

Une sortie extravéhiculaire à la station spatiale internationale. Crédits : Roscosmos.
Ce projet de station autour de la Lune peut être considéré comme le prolongement logique des technologies utilisées à bord de la station spatiale internationale. Crédits : Roscosmos.

À l’occasion du Congrès international d’astronautique, qui se déroule du 25 au 29 septembre à Adélaïde, en Australie, Igor Komarov, le directeur de Roscosmos, a déclaré que les premiers modules de la station, baptisée Deep Space Gateway, pourraient être mis en orbite entre 2024 et 2026. « Lors de la 1re phase, nous construirons la partie orbitale de la station. Les technologies mises au point pourront ensuite être utilisées sur la surface de la Lune et, plus tard, sur Mars », a expliqué M. Komarov. Selon le quotidien Kommersant, ce même jour, le 27 septembre, Roscosmos et la NASA ont signé le document relatif au projet. La préparation de celui-ci a duré un an, au cours duquel les deux parties ont négocié leur future coopération dans les moindres détails.

La NASA a déjà confirmé avoir signé le document et précisé que la décision de créer ensemble une nouvelle station spatiale sur l’orbite lunaire reflète la vision commune de conquête spatiale des deux pays : « Les deux agences ainsi que d’autres partenaires de la Station spatiale internationale voient dans cette initiative un élément stratégiquement important de la recherche spatiale, qui exige davantage d’études. »

Chacun son boulot

La participation de la Chine, de l’Inde, du Brésil et de l’Afrique du Sud au projet a été, selon M. Komarov, approuvée par la Russie et les États-Unis. L’accord préalable signé décrit la contribution de tous les participants. La Russie prévoit par exemple de créer entre un et trois modules et un mécanisme d’amarrage unique pour tous les vaisseaux qui s’accoupleront à la station. En outre, Roscosmos prévoit de faire en sorte que son nouveau lanceur lourd en cours de construction puisse propulser sur l’orbite lunaire les différents éléments de la station.

Selon Sergueï Krikalev, directeur de la corporation d’État chargée des programmes pilotés, outre le sas, la Russie pourrait concevoir un module habitable pour la nouvelle station. Les éléments de cette dernière seront adaptés pour pouvoir être propulsés par le lanceur spatial lourd américain SLS (Space Launch System) et les lanceurs russes Proton et Angara.

Igor Komarov, directeur général de Roscosmos. Crédits : Kremlin.ru
Igor Komarov, directeur général de Roscosmos. Crédits : Kremlin.ru

Chacun sa mission

Le montant de la contribution financière de chacun des participants sera abordé lors du prochain round de négociations. Comme l’a précisé Roscosmos à Kommersant, la corporation d’État prévoit à son tour d’examiner avec le gouvernement des sources possibles de financement pour participer au programme lunaire international et créer une nouvelle station spatiale. Les principales dépenses devraient survenir après 2020 et, manifestement, le programme spatial russe devra alors être revu. Lors de la validation de celui-ci, il avait été annoncé qu’il pourrait être modifié après 2019. « Nous espérons présenter un programme intéressant et important, nous prouverons sa nécessité et assurerons son financement. Nous espérons trouver partiellement des sources externes de financement. Mais l’objectif principal reste d’obtenir un financement public », a souligné Igor Komarov.

Selon une source de Kommersant dans l’industrie spatiale, si tous les détails sont encore en train d’être discutés, ce projet peut être considéré comme le prolongement logique des technologies utilisées à bord de la station spatiale internationale. « Ainsi, la Russie sera responsable du transport, autrement dit des vaisseaux et des lanceurs, ainsi que du système de support de vie, la NASA restera chargée de l’énergie et des communications, tandis que le Canada, l’Agence spatiale européenne et d’autres participants s’occuperont des manipulateurs », conclut la source de Kommersant.

Traduit par Maïlis Destrée

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