Les accords de Minsk sont-ils morts?

Arnaud Dubien, directeur de l'Observatoire franco-russe, donne des éléments de réponse. Reléguée au second plan de l’actualité internationale par les récents développements en Syrie, la crise ukrainienne se situe à un tournant. Tout indique en effet que les décisions qui seront prises – ou pas – par les principaux protagonistes au cours des semaines à venir conditionneront durablement la donne dans le Donbass et, par conséquent, la situation de l’Ukraine et les relations russo-occidentales.Un peu plus d’un an après leur signature, les accords de Minsk suscitent un scepticisme croissant. Il est vrai que le bilan est plutôt maigre. Certes, les violences dans les régions de Lougansk et de Donetsk sont incomparablement moindres que celles qui y régnaient début 2015. Des centaines de prisonniers ont été échangés au cours des derniers mois et plusieurs dossiers affectant directement le quotidien des habitants du Donbass (déminage, circulation) ont enregistré des progrès. Mais les cessez-le-feu annoncés à intervalles réguliers ne tiennent généralement guère plus de quelques jours. Les échanges de tirs observés récemment dans les faubourgs ouest de Donetsk ne peuvent plus être qualifiés de sporadiques. Une partie des armes lourdes retirées de la ligne de front à l’automne ont disparu des lieux de stockage d’après les observateurs de l’OSCE. Ces derniers sont régulièrement ciblés et entravés dans leurs déplacements. Si les responsabilités sont partagées entre Kiev et les séparatistes s’agissant des violations du volet sécuritaire des accords de Minsk, la vérité oblige à dire que les protégés de Moscou ne jouent pas le jeu et sont impliqués dans la majorité des incidents. Le volet politique, lui aussi, marque le pas. La réforme constitutionnelle censée acter une forme d’autonomie pour les territoires échappant au contrôle de Kiev est reportée sine die faute de majorité qualifiée à la Rada [parlement ukrainien] et de volonté politique chez le président Porochenko. Ni l’amnistie, ni la loi électorale devant permettre la tenue de scrutins locaux dans les régions concernées n’ont été adoptées.Face à ces blocages, les initiatives se sont multipliées depuis décembre. Vladimir Poutine a nommé un de ses proches, l’ancien président de la Douma et ex-ministre de l’intérieur Boris Gryzlov, comme représentant de la Russie au sein du Groupe de contact à Minsk [composé par des représentants de l'Ukraine, la Russie et l'OSCE]. Plus qu’un changement de ligne ou un rééquilibrage entre les différents centres de pouvoir moscovites impliqués dans le dossier ukrainien (MAE, administration présidentielle, FSB, Défense), il s’agissait plutôt de favoriser le dialogue personnel avec l’ancien président Leonid Koutchma, qui représente l’Ukraine à Minsk et avec lequel Boris Gryzlov entretient des relations de longue date. Puis, le 15 janvier, le n°2 de l’administration présidentielle russe,

Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou abonnez-vous !

Arnaud Dubien

Dernières nouvelles de la Russie

Macron et la Russie :
Un nouveau départ ?

Les relations entre Paris et Moscou sont-elles à la veille d’un redémarrage ? Plusieurs éléments accréditent en tout cas l’hypothèse d’une (nouvelle) tentative en ce sens. Ce lundi 24 juin, le premier ministre russe Dmitri Medvedev, rencontrera notamment son homologue français, Édouard Philippe.

 

21 juin 2019

Hollande à Moscou : l’essai sera-t-il transformé ?

Jeudi 26 novembre au soir, François Hollande et Vladimir Poutine ont tenu une conférence de presse commune à l’issue de leur rencontre, à Moscou.

 

30 novembre 2015

Ukraine : que retenir du sommet de Paris ?

La guerre dans le Donbass dure depuis le 15 avril 2014.

 

7 octobre 2015