Diplomatie russe : de la prise de Slatina à celle de la Crimée

Fedor Loukianov, rédacteur en chef de la revue Russia in Global Affairs et membre du conseil scientifique de l’Observatoire franco-russe, se souvient de la marche des parachutistes russes au Kosovo en 1999 et explique pourquoi le pays revient aussi souvent dans la rhétorique diplomatique russe.Il y a quinze ans, dans la nuit du 11 au 12 juin 1999, l’histoire de la nouvelle politique russe a connu l’un de ses événements les plus inattendus et les plus marquants.Un régiment de parachutistes russes déployés en Bosnie-Herzégovine dans le cadre de la SFOR, la force de paix internationale, a fait le forcing à travers la Serbie pour arriver à Pristina et en occuper l’aéroport. Afin d’empêcher l’arrivée, à partir du 12 juin, des avions de l’OTAN, censés assurer le débarquement des forces occidentales de maintien de la paix en vertu de la résolution 1244 du Conseil de sécurité de l’ONU.La résolution, votée le 10 juin à l’issue de longues batailles diplomatiques, prévoyait la séparation du Kosovo de la Yougoslavie (de facto sinon encore de jure) et le placement de ce territoire sous un protectorat international garanti par les forces de l’OTAN. À cette date, les forces armées yougoslaves s’étaient déjà retirées du Kosovo, et les commandes de la région étaient passées aux mains de l’Armée de libération du Kosovo, sous contrôle d’un mandataire de l’ONU.Dans cette situation, le coup de force de Moscou a constitué un choc pour tout le monde. Certes, la Russie n’avait pas manqué jusque-là de critiquer le raid aérien de l’OTAN contre la Yougoslavie, mais, dans le même temps, elle avait déployé des efforts considérables pour aider l’Occident à persuader Milosevic de se retirer du Kosovo. Pourquoi, alors, entreprendre cette opération paradoxale ?

Aventure insensée ou épigraphe au nouveau chapitre ?

Jusqu’aujourd’hui, personne ne sait précisément qui a donné l’ordre d’envoyer des parachutistes russes à Pristina, et les légendes à ce propos circulent en nombre. Jusqu’à la version tout à fait extravagante selon laquelle les Russes auraient organisé l’opération avec l’aval des États-Unis afin de donner de faux espoirs aux Serbes du Kosovo et de prévenir une guérilla…La marche des parachutistes a réellement pris au dépourvu de nombreux hauts fonctionnaires russes, contraints de se justifier par la suite face à des interlocuteurs occidentaux furieux et désarçonnés.On sait que le chef des forces armées de l’OTAN en Europe, l’Américain Wesley Clark, a exigé d’utiliser tous les moyens possibles pour chasser les Russes de Pristina,

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Inna Doulkina

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