Pologne : Moscou exige des explications après l’attaque contre son ambassade

Réaction russe à la suite des débordements lors de la manifestation de l’indépendance en Pologne qui ont touché l’ambassade de Russie


Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté lundi 11 novembre à Varsovie à l’appel d’organisations d’extrême droite non représentées au Parlement et à l’occasion du 95ème anniversaire du retour à l’indépendance de la Pologne. Une célébration qui donne lieu, depuis plusieurs années déjà, à des débordements et affrontements violents. A la différence près que cette fois-ci, les manifestants ont témoigné d’une animosité particulière envers la Russie.

Pologne Moscou. Crédits : fakt.pl
Cordon policier devant l’ambassade de Russie à Varsovie. Crédits : fakt.pl

Un drapeau russe brûlé devant le Palais de la culture (un cadeau de Staline aux habitants de Varsovie), une guérite incendiée devant l’ambassade de Russie, des pierres, pétards et feux d’artifice lancés contre la mission diplomatique, que s’est-il donc passé à Varsovie, lundi 11 novembre en fin d’après-midi ?

C’est également la question que se pose Moscou, qui a convoqué l’ambassadeur de Pologne en Russie Wojciech Zajączkowski, dès le lendemain de la marche polonaise. Le ministère des affaires étrangères russes  a ainsi reproché aux autorités polonaises leur lenteur et l’inaction de la police face au comportement des manifestants. « Nous exigeons de la Pologne des excuses officielles, que la sécurité de nos diplomates soit assurée, que les trouble-fêtes soient poursuivis et que des événements similaires ne se reproduisent pas à l’avenir », est-il indiqué dans un communiqué publié aujourd’hui sur le site officiel du ministère des Affaires étrangères russe.

« Les incidents de cette journée sont tristes pour la Pologne. Il s’agit à la fois d’une agression à l’encontre de la police qui protégeait l’ambassade russe, et contre la représentation diplomatique même », s’est excusé dès lundi le Premier ministre polonais Donald Tusk, avant de s’envoler pour un sommet européen à Paris – séjour qu’il compte d’ailleurs écourter afin de prendre le dossier en main.

A en juger par la tournure des événements, cette « attaque » ne semble cependant être qu’un débordement parmi d’autres. Avant de passer devant l’ambassade russe, le cortège, composé d’environ 50 000 manifestants selon les organisateurs, s’était déjà arrêté à plusieurs reprises. Notamment, en face d’un squat occupé par l’extrême gauche, qu’une centaine de hooligans, encagoulés et arborant des signes d’appartenance à des clubs de football, ont attaqué avec des pierres et des cocktails Molotov. Ils ont par la suite endommagé plusieurs voitures et brûlé sur une place centrale de la capitale une installation artistique représentant un grand arc-en-ciel en fleurs de papier et censée symboliser la tolérance.

La police a riposté avec des gaz lacrymogènes et tirs de balles en caoutchouc. Quatre policiers ont été hospitalisés et une quinzaine de personnes ont été arrêtées, selon le porte-parole de la police Mariusz Sokolowski. En 2012, le bilan des arrestations faisait état de 130 manifestants interpellés.