Afrique : entre rivalité et coopération

Afrique : entre rivalité et coopération

Mikhaïl Marguelov, représentant spécial du président de la Fédération de Russie pour la coopération avec les pays africains, revient sur l’analyse de la situation géo-économique en Afrique.

Extraits du numéro spécial Russia in Global Affairs France-Russie

L’Afrique suscite aujourd’hui l’intérêt des États-Unis, de la Chine, des pays de l’Union européenne et de la Russie. Si les puissances renforcent leur présence sur le Continent noir, c’est avant tout afin de consolider leurs positions dans la compétition internationale pour les ressources naturelles, facteur fondamental pour leur sécurité nationale. Même les risques politiques liés à la conflictualité de la région ne les en dissuadent pas.

Au tournant de ce siècle, les experts relevaient une baisse d’intensité des conflits africains. Une nouvelle génération de technocrates désireux de conduire leurs concitoyens sur le chemin de la modernisation et de la croissance économique arrivait au pouvoir dans de nombreux pays. Mais le « printemps arabe » en Afrique du Nord a galvanisé des forces opposées à toute modernisation. L’influence des wahhabites d’Arabie saoudite et du Qatar ne cesse de croître, d’autant que le renversement de Kadhafi, Ben Ali et Moubarak a balayé le contrepoids laïque à cette mouvance. L’ « arc vert » qui est en train de se former du Sahel à la Corne de l’Afrique fait planer une menace de premier plan sur le développement de la région à moyen terme.

De l’importance de l’Afrique

Les djihadistes sont prêts à profiter de tout conflit, quelle qu’en soit la cause. Au Mali, ils se sont ralliés au mouvement séparatiste des Touaregs revenus de Libye après la chute de Kadhafi. La situation était propice à un tel rapprochement : les djihadistes pouvaient participer aux opérations armées visant le régime de Bamako sous couvert de lutte de libération nationale.

Mais leurs véritables objectifs sont très éloignés de ceux des Touaregs. C’est probablement pour cette raison que ces derniers ont rapidement décidé de rompre avec les extrémistes. L’opération militaire en cours au Mali n’est pas seulement une guerre locale avec l’intégrité de l’État pour enjeu : c’est aussi une nouvelle étape de la lutte anti-terroriste sur le continent africain. Les experts considèrent d’ailleurs que la nébuleuse internationale Al-Qaïda s’est impliquée dans le conflit malien. Toute victoire militaire dans ce pays ne sera très probablement que temporaire ; suivra sans doute une longue période de guérilla. Il n’en demeure pas moins que l’intervention armée était dictée par la nécessité. L’armée malienne est faible, alors que, d’après certaines estimations, la puissance des groupes djihadistes n’a rien à envier à la puissance combinée de toutes les armées régulières de la région.

L’État malien se trouve à un pas de la « somalisation ». Le séparatisme des territoires du nord peut avoir des répercussions non seulement dans d’autres régions du Mali peuplées de diverses ethnies, mais aussi dans les pays voisins. L’instabilité est décuplée par l’activisme des djihadistes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique, ainsi que par le groupe Ansar Dine et le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest, qui sont en passe de faire du Sahel tout entier une base terroriste.

La situation au Mali relève également en partie de la « guerre pour les ressources » qui fait rage partout sur la planète. Le Mali et l’un des principaux exportateurs mondiaux d’or, et son sous-sol renferme de l’uranium, en plus de divers autres minerais. À ce jour, certes, aucun gisement d’uranium n’est en exploitation au Mali, mais c’est le cas au Niger voisin – un pays dont une partie du territoire est peuplée de Touaregs. C’est une des raisons pour lesquelles la France, qui s’intéresse de très près à l’uranium, est intervenue au Mali, afin de prévenir une déstabilisation au Niger. Au vu de la puissance de l’industrie nucléaire française, il semble approprié de souligner que l’opération Serval revêt également un aspect géoéconomique.

La Russie souhaite la préservation de l’intégrité territoriale du Mali, mais elle considère que celle-ci doit être protégée par le recours aux moyens politico-diplomatiques plutôt qu’à travers une intervention étrangère. Cette position a été exprimée par le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors d’un entretien avec le président algérien Abdelaziz Bouteflika. La Russie fournit de l’aide aux autorités du Mali sur une base bilatérale, […]

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LCDR

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