Des otages russes entre les mains d’insurgés syriens

Deux ressortissants russes, V.V. Gorelov et Abdessattar Khassoune, ainsi que leur collègue italien, Mario Belluomo, ont été kidnappés lundi 17 décembre sur l’autoroute qui relie Tartous à Homs.


Deux ressortissants russes, V.V. Gorelov et Abdessattar Khassoune, ainsi que leur collègue italien, Mario Belluomo, ont été kidnappés lundi 17 décembre sur l’autoroute qui relie Tartous à Homs. Le lendemain, le ministre des Affaires étrangères russe a fait savoir que les ravisseurs syriens exigeaient une rançon pour la libération des otages.

Rebelle. Des otages russes entre les mains d’insurgés syriens

V.V. Gorelov, Abdessattar Khassoune et Mario Belluomo travaillaient tous trois dans une aciérie détenue par la société privée Khmicho&Co. située dans la zone industrielle de Khasi dans les environs de Homs. C’est à cette même société que les ravisseurs ont réclamé une rançon.

« Les ravisseurs ont exigé de la société par téléphone une rançon pour la libération des trois otages. L’ambassadeur russe à Damas a sans plus tarder pris les mesures nécessaires de concert avec les autorités syriennes afin de libérer les otages au plus vite. Ces efforts sont entrepris dans plusieurs capitales, y compris à Damas, et avec tous ceux qui pourront être utiles », a communiqué Sergueï Markov, le porte-parole de l’ambassade russe à Damas.

La Russie a pris les choses en main

Ce dernier avait la veille confirmé la prise en otage des deux ressortissants russes en précisant que l’un ne s’était pas enregistré à l’ambassade à son arrivée en Syrie et que l’autre possédait la double nationalité russo-syrienne.

Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères russe, avait réagi avant même que la rançon ne soit réclamée. « Il s’agit de toute évidence de ressortissants russes. Nous avons pris leur cas en main. Il va sans dire que les mesures nécessaires sont déployées tant en Syrie qu’auprès de tous les Etats qui peuvent influer sur la situation », avait-t-il déclaré aux journalistes le 17 décembre. Son homologue italien, Giulio Terzi di Sant’Agata, avait déjà rendu public l’enlèvement de Mario Belluomo, un ingénieur italien de 64 ans, et de deux autres citoyens étrangers.

L’identité des ravisseurs est inconnue à ce jour. Une seule chose est sûre : ces insurgés syriens retiennent également en otage Ankhar Kotchneva, une journaliste ukrainienne disparue en octobre 2012. La nuit du 18 décembre, la chaîne télévisée nationale « 1 + 1 » a diffusé une interview dans laquelle le chef des rebelles Abou Jandal annonçait qu’il avait reporté l’exécution de cette dame dans l’attente d’une quelconque réaction de la part des autorités ukrainiennes. Sa mort avait été programmée le 16 décembre – les insurgés la soupçonnant d’être une espionne russe travaillant pour le compte de Bachar el-Assad. D’après le ministre des Affaires étrangères ukrainien,  les diplomates sont en pleine négociation mais ne parviennent pas à aboutir à un compromis.

Ambassades menacées

Suite à l’enlèvement de la journaliste, les insurgés syriens ont menacé de s’en prendre aux ambassades russe et ukrainienne, ainsi qu’à leurs citoyens. Mikhaïl Bogdanov, vice-ministre des Affaires étrangères russe, a répondu à cette menace le 13 décembre en évoquant l’éventualité d’une évacuation des ressortissants russes de Syrie.

D’après les données du ministère, 5 300 Russes sont inscrits sur la liste consulaire en Syrie. La majorité sont des femmes, mariées à des Syriens, et leurs enfants. À son tour, l’ambassadeur russe à Damas a fait savoir qu’une telle évacuation n’était pas prévue à court terme.

Cette prise d’otage a eu lieu alors que la Russie ne reconnaît pas la coalition de l’opposition comme une force politique légitime en Syrie. Le ministre des Affaires étrangères russe ne cesse de répéter que seules des négociations menées dans le cadre des conventions de Genève mettront fin à la guerre civile en Syrie. Plusieurs dirigeants occidentaux ont à l’inverse exprimé leur soutien à l’opposition syrienne ces derniers jours et évoquent le départ imminent du dirigeant Bachar el-Assad. Le département d’Etat américain accuse pour sa part la Russie de chaperonner le régime syrien.

Le conflit armé qui oppose les forces du président syrien à l’opposition dure depuis deux ans déjà et les Nations unies dénombrent plus de 30 000 victimes. Les insurgés prennent manifestement de plus en plus de terrain à Homs, où se sont tenus les combats les plus sanglants depuis le début de la guerre civile. Les troupes gouvernementales, quant à elles, n’arrivent toujours pas à reprendre le contrôle de la ville.