Syrie : les raisons du veto russe

Syrie : les raisons du veto russe

On est fermement convaincu, à Moscou, que l’Occident a l’intention de renverser le régime de Bachar Al-Assad et que rien ne l’arrêtera. Et c’est précisément par cette intention que l’on explique l’obstination avec laquelle la Russie et la Chine défendent la Syrie à l'ONU.Syrie : les raisons du veto russe

Incompréhension mutuelle

Les diplomates russes expliquent le veto ainsi : pour l’Occident, cette résolution créait de remarquables possibilités de pression sur Assad. La résolution ne contenait pas seulement un appel commun adressé aux deux parties du conflit de cesser la violence.Plus loin, et très en détail, elle énumérait les exigences envers le gouvernement syrien, notamment l’obligation de retirer ses troupes des villes. Mais nulle trace de ces exigences, en contre-partie, envers l’opposition syrienne. Il en résultait que les combattants de l’opposition auraient pu librement occuper les villes abandonnées par les militaires - et si Assad avait tenté de les en déloger, cela relevait de l’infraction à la résolution du Conseil de sécurité.La position de la Russie et de la Chine, qui a provoqué l’extase tumultueuse des habitants de Damas, a valu à Moscou et Pékin un torrent de critiques internationales. La première à intervenir fut la secrétaire d’État américaine Hilary Clinton, qualifiant le veto de la Chine et de la Fédération de Russie de parodie. La représentante des États-Unis à l'ONU, Susan Rice, s'est exprimée de façon encore plus tranchée : « La Russie et la Chine n’ont pas fini de regretter cette décision, qui les place au même rang qu’un dictateur à l’agonie et les sépare d’avec le peuple syrien et toute la région ». Le président français Nicolas Sarkozy a, lui, qualifié ce qui s’est passé de scandale et appelé à envisager la création d’un « Groupe des amis du peuple syrien» qui pourrait aider l'opposition même sans la sanction de l'ONU.À l’Ouest, on ne comprend décidément pas la position russe. Expliquant le choix de Moscou, Susan Rice a déclaré que les agissements de la Russie lui étaient dictés exclusivement par ses intérêts propres et son souhait de continuer de fournir des armes à Bachar el-Assad.

Quels motifs au veto ?

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Nina Fasciaux

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