Ekaterinbourg au cœur du nouveau monde

Ekaterinbourg acueille depuis lundi 15 juin les chefs d’Etat et de gouvernement des pays émergents amis de la Russie, dans le cadre d’une réunion ordinaire de l’Organisation de Coopération de Shangaï (OSC) et de la première rencontre officielle des chefs d’Etat des BRIC.


Ekaterinbourg au cœur du nouveau mondeEkaterinbourg acueille depuis lundi 15 juin les chefs d’Etat et de gouvernement des pays émergents amis de la Russie, dans le cadre d’une réunion ordinaire de l’Organisation de Coopération de Shangaï (OSC) et de la première rencontre officielle des chefs d’Etat des BRIC. L’objectif des différentes rencontres semble être avant tout de montrer l’unité de tous les pays présents dans une période de bouleversement de la situation économique mondiale.

Hier, les présidents des six pays membres de l’organisation de coopération de Shangaï (le Kazakhstan, le Kirghiztan, la Chine, la Russie, le Tadjikistan et l’Ouzbekistan) ainsi que les chefs d’Etat et de gouvernement des pays observateurs de l’organisation se sont rendus dans la capitale de l’Oural pour une rencontre diplomatique de routine. Le président brésilien Lula da Silva a fait lui aussi le déplacement en tant que chef d’Etat d’un BRIC.

Arrivé à Ekaterinbourg, Dimitri Medvedev s’est d’abord occupé de questions intérieures. Ainsi, il a rencontré le gouverneur de l’oblast de Sverdlovsk pour discuter à nouveau de la responsabilité des haut fonctionnaires et du rôle qu’ils doivent jouer en période de difficultés économiques.

Une fois les questions nationales réglées, le président Medvedev a rejoint ses collègues de l’OSC qu’il avait pour certains recontré il y a peu. En effet, les présidents des républiques d’Asie centrale s’étaient rendu à Moscou il y a une semaine à peine pour débattre des questions économiques dans le cadre de la Communauté Economique Eurasiatique (CEE), puis dimanche dernier pour signer la création d’une force de réaction rapide sous l’égide de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC).

Ekaterinbourg a réservé son lot de surprises. Outre l’annulation de la visite du président de Biélorussie dont le pays est partenaire de discussion, le plus surprenant reste la venue expresse du président Ahmadinedjad. En pleine tourmente suite au scrutin du dimanche 14 mars lui conférant un nouveau mandat, le chef d’Etat iranien a choisi coûte que coûte de participer au sommet de l’OSC.

L’Iran, au même titre que l’Inde, la Mongolie et le Pakistan, est un pays observateur de l’Organisation de Coopération de Shangaï. Attendu lundi pour des pourparlers avec le Président Medvedev, Mahmoud Ahmadinedjad avait initialement annulé la rencontre en raison du désordre qui règne dans son pays. Lors de sa courte visite, il a précisé que l’Iran était « plus que jamais prêt à élargir et approfondir sa collaboration avec l’organisation de coopération de Shangaï ».

Les rencontres d’Ekaterinbourg dont les priorités n’ont pas été clairement distinguées, semble montrer la détermination des pays émergents à s’unir pour constituer un nouveau pôle économique et politique mondiale, loin du FMI et de l’OTAN, au coeur de la Russie.