Le Courrier de Russie

Dans la rue Retchnaya

Bakhtchissaraï est située dans le sud de la péninsule de Crimée, à 29 km au sud-ouest de Simferopol et à 31 km au nord-est de Sébastopol. Sa population s’élevait à 26 482 habitants en 2013.

« Palais des Jardins » en turc, Bakhtchissaraï est une ville très ancienne, mentionnée pour la première fois en 1502. Elle fut la capitale du khanat de Crimée au XIVème siècle et le centre de la vie politique et culturelle du peuple tatar de Crimée turcophone. Après la victoire en 1783 de l’Empire russe, mettant fin à trois siècles de pouvoir tatar, elle devint à nouveau une ville ordinaire, perdant son rôle de centre administratif.

Au début du XXIème siècle, sa population est largement russophone, y compris les Tatars, qui ont été nombreux à retourner sur ces terres après les années 1990.

Bakhtchissaraï abrite le Hansaray, le seul palais des khans de Crimée subsistant et actuellement ouvert aux touristes.

La ville est connue pour ses liens romantiques avec le poème d’Alexandre Pouchkine, La Fontaine de Bakhtchissaraï (1823). Adam Mickiewicz a également dédié l’un des poèmes de ses Sonnets de Crimée (1826) aux monuments de Bakhtchissaraï. Et Boris Assafiev a créé un célèbre ballet La Fontaine de Bakhtchisaraï d’après le poème de Pouchkine.

Extrait de La Fontaine de Bakhtchissaraï d’Alexandre Pouchkine :

(…) Après avoir quitté le Nord, oubliant pour longtemps la joie des festins, j’ai visité le palais de Bakhtchissaraï plongé dans l’oubli. J’y ai erré à travers les passages silencieux où le fléau des peuples, le Tatare effréné, se livrait à la joie des festins et à la volupté, après les brigandages d’une de ses excursions. La mollesse y respire encore à présent dans les salles désertes et dans les jardins ; l’eau y murmure, les roses y fleurissent, les grappes y serpentent, et l’or y brille sur les murs.

Les photos que nous publions ont été prises par Rusina Shikhatova et Nina Fasciaux entre décembre 2013 et mars 2014.