Natura Siberica : des cosmétiques sibériens à la conquête de l’Europe

Jeune diplômé de l’Institut des relations internationales de Moscou, Andreï Troubnikov s’est lancé dans la fabrication de produits chimiques en 1998, en achetant la formule d’un produit vaisselle. En 2002, il fondait la société Pervoïe Rechenie, productrice de shampoings entrée-de-gamme sous la marque « Recettes de babouchka Agafia ». Et, en 2009, Troubnikov ouvrait sa marque de produits de beauté organiques, Natura Siberica. Avec un chiffre d’affaires annuel de plus de 6 milliards de roubles (95,6 millions d’euros), le businessman a bien l’intention de conquérir le marché européen, où il vend déjà pour deux millions d’euros de produits par an. Rencontre.Le Courrier de Russie : Comment avez-vous décidé de lancer votre marque, Natura Siberica ? Andreï Troubnikov : Je trouvais dommage qu’un pays aussi grand et riche que la Russie ne soit connu dans le monde que pour son gaz et son pétrole. Aucun cosmétique russe ne s’est encore fait une place sur le marché international. Les Australiens ont leurs produits à base de thé vert, les Israéliens font des cosmétiques à partir de boue de la mer Morte… mais nous, avec notre territoire le plus grand du monde, on n’a rien. J’ai cherché des moyens de réparer cette injustice, et je me suis dit que nous avions quand même la Sibérie. Je me suis documenté, j’ai étudié ses plantes. Et l’idée de la marque Natura Siberica s’est imposée naturellement.LCDR : Comment fabriquez-vous ?A.T. : Nous achetons la plupart de nos ingrédients en Allemagne et en France, mais exclusivement des produits élaborés selon les normes de la chimie verte. De la glycérine à base d’huile de cèdre et non de pétrole, par exemple. Nous avons aussi appris à produire de la bétaïne à base d’huile de cèdre de Sibérie – c’est un ingrédient innovant pour lequel nous avons déposé un brevet, car la bétaïne traditionnelle est faite à partir d’huile de coco. Nous envoyons l’huile de cèdre de Sibérie en Italie et nous produisons notre bétaïne là-bas.LCDR : Pensez-vous pouvoir faire venir ces technologies en Russie, un jour ?A.T. : Vous avez une idée des investissements que ça représente ? Il faudrait construire toute une usine chimique ! Pour le moment, nous cherchons déjà à acheter une usine d’emballages en Russie : notre fournisseur actuel est à Kharkov, en Ukraine, et aujourd’hui, ça pose un certain nombre de problèmes… Nous avons déjà acheté deux machines-outils au Japon pour produire des bouteilles ici, en Russie – à un million d’euros chacune !LCDR : Tous vos cosmétiques sont à base d’extraits de plantes de Sibérie.

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Vera GAUFMAN

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