Comment les sanctions favorisent le business hallal en Russie

Moscou possède un centre de placement pour les musulmans, le monde se dote de banques islamiques qui ne contredisent pas le Coran, et le business hallal se développe partout. L’économiste Madina Kalimoullina a expliqué à Afisha comment Moscou suit la tendance.
Madina Kalimoullina est spécialiste des finances autant en théorie qu’en pratique : après avoir dirigé le département économique du Conseil des muftis en Russie, elle enseigne désormais à la Haute école d’économie de Moscou et gère également l’exposition annuelle Moscow Halal Expo.
— Vous avez ouvert il y a quelques années le centre de placement pour les musulmans « Amal » – le seul à Moscou. À qui est-il destiné en premier lieu, aux migrants ?— Non, avec les migrants, nous travaillons dans une moindre mesure. La majorité des candidats – environ deux cent personnes par mois – s’adressent à nous pour deux raisons. Premièrement, suite à des discriminations pour signe d’appartenance religieuse : quand des jeunes femmes en hidjab ne sont pas engagées ou renvoyées pour des prétextes fallacieux. Deuxièmement, quand quelqu’un ne peut pas trouver un travail correspondant à sa spécialité dans la sphère hallal – c’est-à-dire qui lui soit permis. Et une de ces sphères, évidemment, est le secteur financier. Le Coran interdit d’avoir affaire à l’intérêt : il ne faut ni prendre de crédit, ni en accorder, ni ouvrir de comptes d’épargne. Et les musulmans ayant étudié la banque et qui sont ensuite arrivés au respect de la religion se retrouvent dans une situation complexe. Et nous n’avons pas, pour l’instant en Russie, de système de banking islamique à l’échelle globale.— Et le banking islamique, c’est…— Un système financier éthique, que tous peuvent utiliser, indépendamment de la religion. La banque islamique étudie obligatoirement ce pour quoi le financement est accordé, vérifie s’il n’y là rien d’immoral, de contraire à l’éthique – d’alcool ou de jeux d’argent. Également, afin d’éviter les taux d’intérêts, dans la banque islamique, le financement s’effectue sur les principes du partenariat et du partage des risques. Il y a différents outils – il peut s’agir d’investissements directs ou de cofinancement commercial. En cas d’investissements directs, tout est simple : s’il y a un bénéfice, il est partagé ; s’il n’y en a pas, les pertes sont partagées, ou bien rien n’est partagé, si le chiffre est nul. Alors qu’une banque habituelle, au moment d’accorder un crédit, vous dit : payez 20 ou 25 %, ou vous aurez des amendes.
Dans la Russie d’aujourd’hui, il y a de nombreux businessmen musulmans
— Et combien de compagnies financières fonctionnent-elles selon de tels principes en Russie ?— À fonctionner réellement, elles sont trois.

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Julia Breen

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