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Où est le poisson russe ?

L’embargo décrété par la Russie sur les importations de poisson en provenance d’Union européenne n’a pas entraîné d’augmentation correspondante de la production halieutique russe dans les rayons des supermarchés. Les journalistes d’Ogoniok se sont donc rendus dans l’île de Sakhaline avec une question : où est le poisson ?

« Ici, à Sakhaline, nous ne savons que pêcher et nettoyer le poisson, explique Lioudmila Gousseva, 63 ans, ouvrière dans l’industrie halieutique, en découpant habilement un balaou du Japon qui passe devant elle sur le convoyeur. D’abord, on tranche la queue, puis on enlève les boyaux. Et voilà, suivant. »

Lioudmila travaille dans la nouvelle conserverie du complexe de transformation du poisson « Kolkhoze Kirov ». Il s’agit probablement du seul employeur intéressant pour tous les villageois d’Oziorskoïe, où se situe l’usine, et pour de nombreux habitants des alentours. On peut y travailler pendant la saison de la pêche, quand la demande en main-d’œuvre est élevée, et, avec un peu de chance, finir par y embaucher à l’année.

« Entre juillet et septembre, en pleine saison, nous touchons à peu près 80 000 roubles (environ 1350 euros), précise l’ouvrière, réjouie, et le reste de l’année, autour de 30 000 (500 euros). S’il y a du poisson, il y aura de l’argent. Cette saison, nous avons traité 7 000 tonnes de saumon. Ce n’est pas un record, mais c’est un bon chiffre. Même si, personnellement, je préfèrerais travailler dans la viande – c’est plus fiable, vous ne dépendez pas autant des caprices de Neptune. »

Lioudmila ne trouve pas le travail difficile : « Au début, simplement, on a les jambes lourdes et mal au dos, mais on s’habitue. De toute façon, on n’a pas le choix. Ma fille vient de divorcer et vit seule avec son fils, il faut bien que je les aide. Je dois aussi acheter une nouvelle voiture, des vêtements – j’ai beau avoir l’âge de la retraite, je reste une femme ! »

« À l’époque soviétique, mes parents travaillaient déjà ici, se souvient Natalia Akhmetchina, qui est à un autre poste du convoyeur. Il y a encore quelques années, nous pensions que le kolkhoze et l’usine allaient fermer définitivement. Mais de nouveaux propriétaires sont arrivés, ils ont tout reconstruit et l’activité a repris. Vous n’imaginez pas à quel point nous étions heureux ! Le village renaît de ses cendres. Il y a même un centre culturel qui a ouvert. […]

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Maïlis Destrée

Dernières nouvelles de la Russie

Société

Les Russes dans l’attente de réformes

Les sondages sont formels : le nombre de Russes estimant que leur pays a besoin de réformes profondes a doublé en six ans. Le sociologue Vladimir Petoukhov dresse, pour le quotidien Vedomosti, le bilan d’une volonté de changement qui refuse toute idée de révolution.Contrairement aux idées reçues en Occident, les choses changent en Russie. Les études menées ces dernières années par l’Institut sociologique de l’Académie des sciences montrent ainsi une nette évolution des attentes des Russes depuis le milieu des années 2000.Le refus du paternalisme ?Il y a une quinzaine d’années, une sorte de « consensus paternaliste » s’installe dans le pays : la population se range derrière le Kremlin en échange de la garantie d’un certain niveau de vie pour la majorité des citoyens et de la non-ingérence du pouvoir dans leur vie privée.Ce consensus est entretenu par plus de dix années d’une croissance quasi ininterrompue (crise de 2008 mise à part) jusqu’en 2014. Les Russes confient à la puissance publique la charge des grands problèmes sociaux et, pour la plupart, se désintéressent de la politique, préférant se concentrer sur leur vie personnelle et leur carrière. Durant toutes ces années, le maître-mot est « stabilité », et la société civile ne ressent majoritairement le besoin d’aucune réforme économique, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

22 avril 2019
Société

La face cachée du rêve moscovite

Moscou, ses rues arides et poussiéreuses l’été, enneigées et glaciales l’hiver… Comme toutes les mégalopoles du monde, la capitale russe a ses marginaux, ses laissés pour compte, ses sans-abris. Selon les chiffres officiels, ils seraient près de 30 000. Trois fois plus selon les ONG. Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Reportage du site Coda.En ce jeudi soir de la fin-mars, Katia arrive à l’avance sur le parking de la gare de Iaroslavl, à Moscou. À 20 heures, des bénévoles y distribueront repas chauds et médicaments. Katia a 28 ans, comme son mari Vitali. Ils sont sans-abris. Venus d’Ukraine pour travailler il y a trois ans, ils se sont fait arnaquer par leur « employeur », qui a disparu avec leurs papiers. Pendant quelque temps, le couple a vivoté en vendant du bric-à-brac dans les passages souterrains de la capitale. Avec leurs maigres gains, ils ont pu acheter une tente, des oreillers et une couverture.« Nous nous sommes installés à Zavety Ilitcha, [à une vingtaine de kilomètres de Moscou, ndlr], explique Katia. Tous les soirs, nous rentrons par le dernier train pour éviter les contrôleurs. Le matin, nous faisons le trajet inverse. À la gare, nous demandons à des gens de nous acheter du thé et à manger. Le samedi, un habitant de Zavety Ilitcha nous laisse utiliser sa salle de bains. »« Les SDF de Moscou sont majoritairement des hommes de 35 à 45 ans qui viennent de régions très touchées par le chômage. Poussés par la crise, la plupart ont laissé famille et logement dans l’espoir d’une vie meilleure. »Se nourrir, se chauffer et rester propre sont des casse-tête quotidiens pour les 29 000 sans-abris que compte officiellement Moscou (les ONG évoquent le chiffre de 100 000). Ces marginaux ont fait éphémèrement la Une des journaux, l’été dernier, lorsque l’association pétersbourgeoise Notchlejka (« Asile de nuit »), qui aide les SDF depuis vingt ans, a annoncé vouloir ouvrir une laverie gratuite dans le nord de la capitale. Les habitants du quartier ont manifesté pendant près de deux mois contre le projet, qui a finalement été abandonné.En quête d’une vie meilleure…Chaque soir, entre 60 et 70 personnes – des hommes pour la plupart – viennent profiter des repas servis derrière la gare de Iaroslavl. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

5 avril 2019
Société

L’avenue Koutouzov :
Le ghetto des riches de Moscou

De l’URSS à la Russie moderne, l’avenue Koutouzov a abrité les élites politiques et économiques. Aujourd’hui, le « quartier-dortoir le plus cher de Moscou » peine toutefois à se développer. Reportage de David Kramer pour le site Moskvich Mag.En 1918, les autorités soviétiques transfèrent la capitale russe de Saint-Pétersbourg à Moscou et décident de doter la ville d’une entrée-ouest digne de ce nom. Une route est alors construite, au milieu d’un quartier délabré qui va progressivement se transformer en « porte occidentale de Moscou ». Avant la Seconde Guerre mondiale, d’immenses immeubles staliniens y sont construits et, en 1957, l’avenue de 8,3 kilomètres est baptisée en l’honneur du général vainqueur de Napoléon.Politburo, sugar daddies et prostituéesC’est au n° 26 de l’avenue qu’ont vécu Leonid Brejnev, Iouri Andropov, Mikhaïl Souslov et d’autres membres du bureau politique du Parti communiste. Le musicien et réalisateur Alexandre Lipnitski, autre illustre locataire de l’immeuble, se souvient : « À la fin des années 1960, ma mère s’est remariée avec Victor Soukhodrev, interprète au ministère de l’Intérieur et au Politburo. En 1979, elle a emménagé au fameux n° 26. L’immeuble était baptisé le sandwich parce qu’un des étages du milieu était occupé par Brejnev, et les étages inférieurs et supérieurs par ses principaux alliés. Je n’ai jamais rencontré personne dans la cour. »Rolls-Royce Motor Cars sur l’avenue Koutouzov. Crédit : Rolls-RoycecarsÀ ce propos, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

22 mars 2019

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