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Elvira Nabioullina révolutionnera-t-elle la Banque centrale ?

Elvira Nabioullina révolutionnera-t-elle la Banque centrale ?

« Ça vous plaira », promettait Vladimir Poutine à la candidate à la présidence de la Banque centrale russe, le 12 mars 2013. Il n’avait pas tort. Elvira Nabioullina est la figure de proue du groupe libéral au sein du gouvernement russe. Elle est également célèbre pour ses critiques sur l’extrême prudence de l’ex-ministre des finances, Alexeï Koudrine. La revue Rousskiï Reporter a compilé les principaux griefs à l’encontre de la Banque centrale, et tenté de prévoir les changements qu’Elvira Nabioullina insufflera dès qu’elle en aura pris les rênes, en juin 2013.

Reproche n° 1 : Une consolidation excessive du cours du rouble

La Banque centrale assume avant tout l’obligation de protéger la monnaie russe. C’est écrit noir sur blanc dans la Constitution, que l’ancien patron de l’institution respectait à la lettre. Tous ses efforts allaient à préserver la stabilité du rouble. Même la politique de dévaluation progressive, entamée en novembre 2008, fut relativement douce.Le raisonnement est logique : c’est directement sur nos portefeuilles que se répercute une dépréciation. Le souvenir de la débâcle du 17 août 1998, lorsque le rouble avait été dévalué et que la Russie avait gelé partiellement le remboursement de sa dette, est encore frais dans les esprits. Cette politique est importante : plus le rouble est fort, plus l’inflation est faible et le marché libre. En outre, la confiance inconditionnelle en la « main invisible du marché » caractérise les idéologies de la politique économique russe depuis le début des années 1990.Toutefois, certains secteurs économiques russes, de par leur très faible rentabilité, ont vu s’accroître leur dépendance aux importations. Et la mise en œuvre d’une production locale s’est par endroits avérée trop coûteuse. S’y ajoutent des prix pas forcément stables et, donc, des citoyens pas forcément aisés. C’est ce que l’on appelle l’inflation « non-monétaire » – influant sur des variables tels la production ou l’emploi – qui est à blâmer, et notamment la hausse des tarifs des monopoles nationaux sur laquelle la Banque centrale a tout simplement fermé les yeux.« Le renforcement annuel du rouble a provoqué un déficit élevé des exportations russes de hautes technologies,

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Traduit par Mélanie Moxhet