Le Courrier de Russie

Expatriés en Russie : nouvelles règles de vie

Une baisse brutale du nombre d’expatriés – voilà l’une des principales conséquences de la crise sur le marché russe de l’emploi cette année. De quoi les spécialistes étrangers restés en Russie doivent-ils tenir compte et quelles sont les opportunités qui s’offrent aux Russes suite au départ des expatriés ?

L’exode des expatriés

Les données officielles sur le nombre de spécialistes étrangers en Russie sont peu réconfortantes. Selon le Service fédéral des migrations (FMS), le nombre de permis de travail remis aux spécialistes hautement qualifiés en Russie a diminué de moitié les six premiers mois de 2015 par rapport à la même période l’an dernier, passant de 54 000 à 27 000.

Cela ne signifie toutefois en aucun cas que le nombre d’expatriés proprement dit, soit les employés d’entreprises étrangères qui travaillent en Russie, a diminué de 50 % en un an, précise Tatiana Baskina, directrice générale adjointe des relations avec la communauté professionnelle pour la holding de recrutement ANCOR. Le fait est que le calcul du nombre de permis de travail octroyés tient également compte des ressortissants des pays de la CEI alors que, dans les affaires, le terme « expatriés » recouvre la plupart du temps les spécialistes hautement qualifiés. Selon Tatiana Baskina, ces 12 derniers mois, le nombre d’expatriés a diminué de 15 à 40 % en fonction des secteurs. Suzanne Doenitz, associée gérante de l’entreprise Alexander Hughes CEI, évoque quant à elle une baisse d’environ 30 à 40 %.

L’exode le plus massif s’est produit, selon les chasseurs de têtes, dans les secteurs financier et pétro-gazier, autrement dit ceux visés par les sanctions économiques occidentales. Un autre secteur qui souffre traditionnellement en période de crise est celui de l’automobile. Le groupe américain General Motors a ainsi annoncé son départ partiel du marché russe. Les premières victimes parmi les expatriés sont donc les techniciens et les ingénieurs.

Par ailleurs, les sanctions ne sont pas les seules responsables de cette diminution du nombre de spécialistes étrangers.

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