Yaroslavl: amoureux de l’ altitude

A Yaroslavl, les rendez-vous insolites sont très à la mode. Le nôtre sera donc en altitude – sur le toit où le chocolat chaud est servi avec des biscuits.


Il est près de minuit. Je prends la main de mon amie et nous montons au dernier étage d’un immeuble d’habitation. Le jeune homme qui nous accompagne révèle qu’à Yaroslavl, les rendez-vous insolites sont aujourd’hui très à la mode. Le nôtre sera donc sur ce toit où le chocolat chaud est servi avec des biscuits. Pleine lune d’un côté du ciel et soleil couchant de l’autre : une pure extase !

toit3
A Yaroslavl, les rendez-vous insolites sont aujourd’hui très à la mode.

Depuis sa création il y a tout juste un mois, l’entreprise de Maxime Belov, étudiant en médecine de 19 ans, a déjà eu une vingtaine de clients. Le jeune homme, parce qu’il tient à être dès à présent complètement indépendant, est devenu expert en rencontres… sur toit. Les bénéfices couvrent son loyer et les dépenses courantes. L’entreprise n’est pourtant pas sans risque – il faut un courage de chevalier pour se balader sur les hauteurs et, surtout, convaincre d’autres gens de faire pareil.

« Je n’ai pas peur de la nouveauté, confie le jeune entrepreneur, qui avait commencé par fabriquer du savon artisanal dans la cuisine de ses parents. Ça marchait très bien, mais je voulais des résultats plus conséquents », explique Maxime, sûr de lui. En quête d’un projet original, il a eu l’idée d’organiser ces rencontres sur le toit.

« À Yaroslavl, il n’y a pas grand-chose pour sortir en amoureux – les cafés et les cinémas, c’est banal. Je voulais créer quelque chose de vraiment surprenant », poursuit le jeune homme. Maxime a su convaincre le gérant de l’immeuble où il loue une chambre de lui confier les clés du grenier. « Le toit est un espace commun, dont tous doivent pouvoir profiter, précise Maxime. Ce qui serait bien, ce serait d’en faire une vraie terrasse, comme on en trouve en Europe, mais pour ça, il faut que chaque habitant apporte sa pierre à l’édifice. » En attendant, le service de rencontres sur le toit ne cesse de gagner en popularité parmi les jeunes couples romantiques de Yaroslavl.

toit
Le toit d’un immeuble d’habitation où Maxime organise des rendez-vous.

Pour un prix variant entre 900 et 9 000 roubles (21 à 210 euros), il faut un rendez-vous au moins inoubliable. Hormis le panorama sur Yaroslavl illuminée, on vous propose une table de restaurant, des repas, et même un orchestre de jazz… Maxime assure être prêt à réaliser tous les désirs de ses clients. « Voir les gens heureux – c’est ce qui me donne envie de continuer », affirme-t-il. Une restriction, cependant : « Sur le toit, c’est zéro alcool ».

Maxime diffuse ses annonces sur le réseau social russe VKontakte, où sa page compte plus de 1 000 abonnés.

Côté fenêtre

L’entreprise de Maxime offre également un service de livraison de cadeaux… par les fenêtres. Ce qui compte, c’est la taille du colis – et pas le nombre d’étages à grimper, ou plutôt à descendre. C’est en effet un alpiniste professionnel qui s’accroche au toit de l’immeuble pour dévaler ensuite vers l’étage souhaité. Pour un prix variant entre 3 000 et 6 000 roubles (70 à 140 euros), un livreur en costume-cravate se présentera gentiment à la fenêtre de votre aimé(e) pour lui remettre le présent de ses rêves. Maxime a su dénicher le professionnel qui se charge des livraisons.

Alexeï Iliachkine, 29 ans, originaire de Mourmansk, est tombé amoureux de l’ altitude pendant son service militaire dans l’armée de l’air. Aujourd’hui, il gère une petite entreprise d’alpinisme industriel qui assure toute sorte de travaux en hauteur. Et, pour apporter du nouveau dans son quotidien, il a accepté de coopérer avec Maxime.

toit2
Le coucher de soleil sur les toits de Yaroslavl.

« Imaginons qu’un homme se dispute avec son amoureuse. Elle disparaît – elle ne répond pas aux mails ni à son téléphone. Eh bien, le seul moyen de la revoir et de lui parler, c’est de se présenter à sa fenêtre ! En une journée, le problème est résolu ! », se félicite Alexeï. Il confie avoir lui-même sauvé ainsi son couple. Depuis, sa fille de neuf ans, toute fière, raconte à l’école que « papa travaille comme Spiderman ». Pour Alexeï, rien n’importe plus que d’apporter le bonheur aux gens, et il est heureux d’en faire son métier. Il attend de pied ferme l’hiver : « quand tout le monde aura besoin d’un vrai Ded Moroz (le Père Noël russe) descendu de là-haut ».

Mais la surprise, par définition, ça ne se rejoue pas. Et les deux jeunes entrepreneurs sont en quête permanente de nouvelles idées pour divertir une clientèle de plus en plus exigeante. Maxime organise notamment des rendez-vous VIP au cinéma :
« rien que vous deux dans la salle », et a l’intention de diversifier son toit en y projetant des films. J’en déduis pour ma part qu’une chose est sûre : à Yaroslavl, il y aura toujours de quoi régaler les amoureux de l’altitude.

Retrouvez Maxime sur VKontakte à l’adresse : vk.com/yarloveroof

Petites et moyennes entreprises à YaroslavlLe service fédéral des statistiques recensait en 2012, pour la région de Yaroslavl, 2 793 PME et 34 834 auto-entrepreneurs actifs.

Le secteur des PME de la région de Yaroslavl, c’est : 44 % de petits commerces, 15,2 % de services, 15 % d’entreprises du bâtiment, 11,5 % d’industries, 4,1 % d’entreprises liées aux transports et communications, 2,7 % pour le secteur de l’hôtellerie et la restauration, 2,1 % d’entreprises agricoles, et 5,4 % de diverses autres.

Le montant total des impôts sur le revenu des PME de la région s’élevait, en 2012, à 2,14 milliards de roubles (50,3 millions d’euros), soit une hausse de 27,8 % par rapport à l’année précédente.