Comment les Russes ont-ils fait leurs premiers pas dans le commerce

Comment les Russes ont-ils fait leurs premiers pas dans le commerce

Fragments parus dans Rousskaïa Jizn, de Zakhar PrilepineJeune homme naïf, ayant quitté l’armée, je suis arrivé en 1994 dans la ville de N, dans l’espoir de trouver du travail. Sur mes avant-dernières économies, j’achetai un journal de petites annonces dodu comme un édredon, je le posai par terre et m’allongeai à côté.Mon cœur commença de frémir d’agréables pressentiments. Je vais me trouver un travail remarquable, étais-je persuadé, et on va me payer beaucoup d’argent, car enfin je suis jeune, beau, charmant. Le fait que je ne possédais aucun acquis utile, et qu’au cours des cinq dernières années, je n’avais rien tenu d’autre dans les mains qu’un automatique ne m’inquiétait pas.Vu que je ne pouvais être par définition ni charpentier, ni menuisier, mon attention fut tout de suite attirée par les annonces recherchant des « livreurs » et des « vendeurs-conseil ». C’est exactement ce qu’il me faut, étais-je persuadé.À mon appel répondit d’une voix claire et sucrée un individu de sexe féminin : « Bonjour, mon nom est Katia. Faisons connaissance, voulez-vous ? »Souriant un peu légèrement, je donnai mon nom.— Et quel âge avez-vous ?Le chiffre retentit.— Parfait ! On vous attendra à telle adresse.La firme où je dirigeai mes pas possédait une imposante porte métallique, que l’on ne m’ouvrit qu’après que j’eus dit mon nom dans un interphone et montré mon passeport à un gardien.Assis sur un petit canapé, avec dédain ou, beaucoup moins souvent, avec intérêt, j’examinai mes concurrents. Principalement des gens jeunes de sexe masculin. Certains étaient nerveux, d’autres désinvoltes. Une secrétaire, en souriant, distribuait à tous des questionnaires.Pendant que nous remplissions les questionnaires, on me fit entrer dans le bureau du directeur. Le directeur était beau, raide, jeune – pas plus de trente ans.Première question : Comment vous avez perdu votre travail ?— Je suis en congé et je recherche une nouvelle place, expliqué-je. — La raison ?J’énonce une raison convaincante ; sourire sur le visage du directeur.— Et donc – le directeur passe aux choses sérieuses. J’ai besoin de gens énergiques, capables d’initiative et communicatifs. Le travail est difficile, exige de l’activité physique. J’ai 72 personnes dans la firme, tous, de 8h à 19h, se trouvent dans divers lieux de la ville et exécutent des tâches les plus variées. Vous êtes quelqu’un de communicatif ?, me demande-t-il.Avec le plus d’éloquence possible,

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Julia Breen

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