Xavier Emmanuelli

Xavier Emmanuelli : « Je ne suis qu’un petit corse sentimental »

Xavier Emmanuelli, fondateur du Samu Social international, a signé un accord de collaboration avec la ville de Moscou dans le cadre de la lutte contre l’exclusion sociale. À cette occasion, il a également été décoré du prix Ludwig, qui récompense des personnalités œuvrant au développement de la Russie : il est le premier étranger à le recevoir.

Xavier Emmanuelli

Le Courrier de Russie : Quel itinéraire vous a conduit à créer le Samu Social ?

Xavier Emmanuelli : Je suis un médecin et je suis arrivé dans ma carrière professionnelle à un moment où naissait le Service d’Aide Médicale Urgente en France. Le Samu est un service extrêmement original d’assistance pré-hospitalière qui oblige à aller à la rencontre des victimes (dans la rue, chez soi, sur le lieu d’accident…). C’était une réponse que donnait l’hôpital aux 17000 personnes qui trouvaient la mort chaque année sur les routes de France dans les années 70. Le Samu est dérivé du système militaire puisqu’il consiste à aller à l’avant des victimes, de façon permanente, sur le front. C’est une idée révolutionnaire que l’hôpital sorte de ses murs avec un dispositif de veille et d’écoute, de réanimation et de soins intensifs 24h sur 24.

Cela a imprégné toute ma vie puisqu’au même moment, nous avons créé en 1971 Médecins Sans Frontières avec un groupe de jeunes types, qui selon le dispositif de l’urgence, se portait à la rencontre des crises dans différents pays. L’urgence, on avait envie de la mettre partout dans le monde, avec un rêve de fraternité, d’aventure. La médecine sur des grandes catastrophes, sur des guerres : c’est ça qui m’a façonné. Vous ne pouvez pas ne pas vous poser de questions sur le devenir entier de populations. Les maladies vivent et meurent…j’ai vu mourir de la variole et j’ai vu arriver le Sida.

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Propos recueillis par Nina Fasciaux

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