L’industrie russe enterre la taxe carbone
Économie

L'industrie russe enterre la taxe carbone

Si le Kremlin a pris la mesure de l’urgence climatique, il cherche encore à ménager les intérêts du puissant lobby de l’industrie pétrogazière.

Paris, automne 2015. À la conférence des Nations unies sur le climat (Cop 21), l’enjeu est de taille pour la délégation russe conduite par Vladimir Poutine. Un an et demi après l’annexion de la Crimée et le début des sanctions, Moscou se voit offrir l’occasion de montrer qu’elle n’est pas isolée sur la scène internationale et qu’elle a conservé sa place dans le concert des nations. La Russie, au demeurant, s’est déjà servie de l’écologie, par le passé, comme d’une monnaie d’échange efficace lors de négociations politiques. En 2004, Moscou avait ainsi accepté de ratifier le protocole de Tokyo en échange d’une prochaine adhésion à l’Organisation mondiale du commerce. À Paris, Vladimir Poutine se pose, dans son discours, en bon élève de la lutte contre le réchauffement climatique, rappelant que son pays a réduit, plus que tout autre, ses émissions de gaz à effet de serre depuis 1990.

Le Kremlin est alors a priori favorable à la signature d’un nouvel accord. L’entourage du président russe compte, depuis plusieurs années, des défenseurs de la cause écologique : parmi eux, Anatoli Tchoubaïs (vice-Premier ministre de Boris Eltsine, aujourd’hui à la tête du groupe public de développement des nanotechnologies Rusnano), la direction de l’Agence fédérale de l’énergie atomique (Rosatom), ainsi que le milliardaire Oleg Deripaska, patron du géant de l’aluminium Rusal et président du comité Écologie de l’Union russe des industriels et des entrepreneurs (RSPP, le Medef russe).

Conscient de l’influence des lobbys sur de nombreux élus, Vladimir Poutine ne s’est pas risqué à soumettre l'Accord de Paris à l’approbation de la Douma.

Il vous reste 75% de l'article à consulter...

Créez votre compte et accédez gratuitement à 3 articles par mois

Je crée mon compte

Déjà abonné se connecter

Maxime Blant

Dernières nouvelles de la Russie

Iouri Ganous : « Nous devons reconstruire le sport russe »

Le 9 décembre, le comité exécutif de l’Agence mondiale antidopage a exclu la Russie des principaux rendez-vous sportifs pour quatre ans. Le pays est notamment accusé d’avoir falsifié des résultats de tests antidopage. Interrogé par le site d’information Meduza, l’actuel directeur de l’Agence antidopage russe, Iouri Ganous, accepte la sanction.

 

12 décembre 2019