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L’explosion du travail précaire

Génération précaire

La statistique fait froid dans le dos : en Russie, où la population active s’élève à 82 millions de personnes, on compterait seulement entre 15 et 25 millions d’emplois stables, aux conditions de travail (horaires, salaire, protection sociale, etc.) acceptables. Le quotidien Komsomolskaïa Pravda revient sur l’explosion du travail précaire.

Symbole de ces emplois ultra-exigeants et mal payés ‒ les coursiers, qui sillonnent les rues des grandes villes à pied, à trottinette, à vélo, par tous les temps, pour livrer le maximum de clients en un minimum de temps. Avantages : aucune qualification requise et un emploi du temps « à la carte ». Inconvénients : une rémunération misérable – souvent « à la course » voire « au pourboire » –, une protection sociale inexistante, une concurrence extrême et des arnaques fréquentes – amendes en cas de retard, salaires non-payés… L’armée de gardiens (d’immeubles, de musées, etc.), d’agents immobiliers, de serveurs et de chauffeurs de taxi du pays ne sont pas mieux lotis.

Génération freelance

Selon le sociologue Jan Tochtchenko, membre de l’Académie des sciences de Russie et spécialiste de la question, près de 60 % des Russes exerçant une profession régulière sont des travailleurs précaires. Parmi eux, il distingue quatre catégories.

« Il y a d’abord les travailleurs saisonniers. Ensuite, ceux qui travaillent au noir, dont les rapports avec les employeurs s’instaurent sur une base informelle, généralement verbalement. Ils n’ont, bien sûr, aucun contrat de travail, aucune preuve d’embauche… Contrairement à ce qu’on pourrait croire, il ne s’agit pas uniquement de travailleurs non qualifiés. De plus en plus de spécialistes – informaticiens, architectes, designers – sont engagés de cette manière »,

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Traduit par Julien Braun

Philippe Delpal, le dernier confiné

Le 14 février 2019, l’homme d’affaires français Philippe Delpal était arrêté pour escroquerie avec plusieurs de ses associés du fonds d'investissement Baring Vostok. Il vient de voir son assignation à résidence prolongée jusqu’au 13 août. Son épouse, Cécile Delpal, proteste contre ce traitement incompréhensible dans une affaire commerciale.

 

6 juillet 2020