Embargo américain
contre l’Iran : le pétrole russe n’en profitera pas

Le président américain Donald Trump a annoncé, à la fin d’avril, le non-renouvellement des dérogations autorisant huit pays à importer du pétrole iranien. La Russie peut-elle tirer avantage de cette situation en vendant son brut aux anciens clients de Téhéran ? Pas si sûr, selon Mikhaïl Kroutikhine, spécialiste des questions énergétiques de la société de conseil RusEnergy.

À n’en pas douter, les sanctions américaines contre le pétrole iranien fonctionnent. Alors que le pays, au deuxième trimestre 2018, exportait chaque jour 3,8 millions de barils de brut, il n’en livre plus, aujourd’hui, que 2,7 millions. Quant au produit trimestriel de ces ventes, il a chuté de plus de moitié, à 6 milliards de dollars. La levée du régime d’exception, qui autorisait huit pays – la Chine, la Corée du Sud, la Grèce, l’Inde, l’Italie, le Japon, Taïwan et la Turquie – à continuer temporairement de se fournir à Téhéran, ne fera que renforcer cette tendance à la baisse.

On pourrait penser que la Russie est la grande gagnante de cette tentative d'éviction de l’Iran du marché mondial, tant directement – en vendant son pétrole aux désormais anciens clients de Téhéran – que de façon indirecte, en profitant de la hausse des cours que pourrait entraîner, théoriquement, la mise au ban de ce producteur majeur. À terme, semble-t-il, une hausse durable des prix pourrait même stimuler le secteur pétrolier russe, en poussant les grands groupes à investir dans les procédés d’extraction nécessaires pour atteindre les gisements difficiles.

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Mikhaïl Kroutikhinespécialiste hydrocarbures

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