Une économie entrée en résistance

En 2018, l’économie russe s’est maintenue à ses niveaux précédents, et les cours élevés du pétrole ont permis à Moscou de consolider ses réserves monétaires. Mais 2019 pourrait être d’une toute autre facture.

Décembre 2018 n’a pas été rose sur les marchés financiers. Les bourses américaines ont connu leur pire séquence depuis la Grande Dépression des années 1930. Depuis le début d’octobre, les indices Dow Jones et S&P 500 ont perdu environ 20 % de leur valeur. Lors de la seule séance du 25 décembre, le baril de Brent a chuté de 7 %, passant sous la barre des 50 dollars.

Un rouble étrangement résistant

Chose surprenante, le rouble russe, dont la forte dépendance aux cours pétroliers est largement reconnue, a subi ce jour-là une décote à peine sensible (-0,2 %) par rapport au dollar et à l’euro. Cette solidité, qualifiée d’« anomalie » par Andreï Khokhrine, conseiller en investissement chez Zerich Capital Management, trouve peut-être son explication dans le fait que les actifs libellés en roubles se font rares sur le marché : tous les acteurs financiers internationaux qui souhaitaient se retirer de Russie l’ont déjà fait. Les investisseurs étrangers ont commencé à se débarrasser de leurs titres russes dès avril dernier et l’annonce par le Trésor américain de sanctions contre les groupes En+ et Rusal du milliardaire Oleg Deripaska, et contre le holding Renova de Viktor Vekselberg.

La chute du rouble ne semble pas inquiéter outre mesure les autorités russes.

Selon les calculs du journal Kommersant, qui a analysé les chiffres publiés par Bank of America Merrill Lynch, le milliard de dollars retiré de Russie par les investisseurs étrangers en 2018 constitue la plus lourde perte de capitaux enregistrée par le pays depuis celle de 2013 (3,1 milliards de dollars).

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Piotr Orekhine

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