Promesses de l’Est : Les enseignements du Forum économique de Vladivostok

Le tournant de la Russie vers l’Est, évoqué par les médias russes depuis le début de la crise ukrainienne en 2014, devient peu à peu réalité. Le Forum économique oriental de Vladivostok vient de s’achever, et ses résultats parlent d’eux-mêmes : la Chine est devenue le premier partenaire économique de la Russie et son dirigeant Xi Xiping rencontre régulièrement le président russe Vladimir Poutine. Pour autant, les relations entre Moscou et Pékin ne sont pas idylliques.Trois grands mythes persistent au sujet de la Russie : elle est « isolée », elle « dépend du pétrole » et « son économie est en lambeaux ». Pour se convaincre du contraire, il suffit pourtant de participer à l’un des deux plus grands forums économiques organisés en Russie, à Saint-Pétersbourg et Vladivostok. En mai dernier, l’ancienne capitale impériale a accueilli le président français Emmanuel Macron. Quant au Forum économique oriental (VEF) de Vladivostok, son invité d’honneur était le dirigeant chinois Xi Xinping, mais l’on pouvait aussi y croiser le Premier ministre japonais, Shinzo Abe (déjà présent à Saint-Pétersbourg), le président de la Corée du Sud, Moon Jae-in, et son homologue mongol, Khaltmaagiyn Battulga.

Tapis rouge pour la Chine

Avec 1 096 membres, la délégation chinoise au forum de Vladivostok a battu des records. Les Japonais étaient 570, et les Sud-Coréens 335. Même la Corée du Nord avait envoyé une délégation, composée de 12 personnes. Kim Jong Un, un temps annoncé, n’était finalement pas présent. Les dirigeants russe et chinois ont passé pratiquement une journée entière ensemble (bien plus que le temps que Vladimir Poutine a bien voulu consacrer à ses autres homologues). Au programme de cette journée : négociations bilatérales, rencontres avec des chefs d’entreprise et visite de l’exposition « Une Rue en Extrême-Orient », installée sur les quais de l’Université fédérale de l’Extrême-Orient, sur l’île Rousski, où est traditionnellement organisé le VEF.
« Les négociations entre Vladimir Poutine et Xi Xinping ont abouti à la signature de plusieurs accords, mais aucun ne représente un bouleversement des relations entre les deux pays.»
Le « pays-pompe à essence », comme la Russie est parfois surnommée en raison de sa forte dépendance aux exportations d’hydrocarbures, y a fait étalage de toute sa diversité : le bassin houiller du Kouzbass a, par exemple, fait la promotion de son lait et celle de la station de ski de Chereguech.

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Piotr Orekhine, Vladivostok-Moscou