Le Courrier de Russie

La désoccidentalisation du capitalisme russe : Alicher Ousmanov, le pionnier

3151287 14.07.2017 14 июля 2017. Основатель компании USM Holdings Алишер Усманов во время посещения центра управления нового цеха по производству горячебрикетированного железа (ЦГБЖ-3) Лебединского горно-обогатительного комбината (компании "Металлоинвест") в Белгородской области. Сергей Гунеев / РИА Новости

L’ancien numéro 1 du classement Forbes des Russes les plus riches, Alicher Ousmanov, se défait d’une partie de ses actifs placés dans les pays occidentaux. Il a ainsi troqué le maillot du club londonien d’Arsenal contre celui du Pakhtakor Tachkent et s’est désengagé de Facebook, pour s’engager aussitôt avec le géant chinois Alibaba Group. Entre opportunisme, patriotisme et nostalgie, ce revirement pourrait faire école dans le monde russe des affaires.

Rares sont les oligarques russes que les sanctions occidentales ne touchent pas. Alicher Ousmanov est du nombre. Âgé de 64 ans, il est le fondateur et l’actionnaire majoritaire d’USM Holdings, qui possède Metalloinvest, un des poids lourds de la métallurgie russe. Son portefeuille d’actifs inclut aussi la Compagnie minière du Baïkal (BGK), qui exploite le gisement de cuivre d’Oudokan, un des plus grands au monde, et la majorité des parts des géants Megafon (télécoms) et Mail.ru (internet). Alicher Ousmanov est aussi propriétaire de la maison d’édition Kommersant, qui publie le journal du même nom – une référence en Russie. Rien d’étonnant à ce qu’il ait dominé le classement Forbes des milliardaires russes plusieurs années d’affilée.

La croissance dynamique que connaît l’empire financier d’Alicher Ousmanov n’est en aucun cas un gage de tranquillité. Au contraire. À tout moment, le département du Trésor des États-Unis peut déclarer le milliardaire persona non grata. L’oligarque figure déjà parmi les plus de deux cents hommes politiques et chefs d’entreprise listés par le Congrès américain dans son « rapport Kremlin », publié le 29 janvier 2018. Si aucune sanction concrète n’a encore été prise contre la plupart de ces personnalités influentes, leur seule présence sur la liste constitue déjà une source de déstabilisation et de questionnement, tant pour elles que pour leurs partenaires potentiels.

« Fuir » l’Occident

C’est peut-être la raison qui pousse aujourd’hui Alicher Ousmanov à réduire sa présence dans les pays occidentaux, […]