Moscou se débarrasse de ses titres de dette américaine

Malgré des relations politiques très tendues avec les États-Unis, la Russie a, pendant de nombreuses années, acheté des bons du Trésor américain et été l’un des principaux créanciers du pays. Depuis 2007, le volume des investissements russes dans la dette américaine n’a cessé d’augmenter. Mais aujourd’hui, la tendance s’inverse : entre avril et mai 2018, la Banque centrale de Russie a vendu une part significative de ses bons du Trésor américain. Le volume des investissements russes s’est réduit de 100 à 15 milliards de dollars, du jamais vu.

En mars 2018, la Russie occupait la seizième place dans le classement des pays détenteurs de bons du Trésor américain. Le volume des investissements russes s’élevait à 96,9 milliards de dollars. En décembre 2017, il se montait à 102,2 milliards de dollars.

Selon des données publiées en juillet par le Département du Trésor américain, aujourd’hui, la Russie ne fait même plus partie des trente principaux détenteurs de titres de dette américaine. En avril et mai 2018, les investissements russes ont chuté à 14,9 milliards de dollars. La Russie se classe ainsi désormais derrière des pays tels que la Turquie (32,6 milliards de dollars), l’Afrique du Sud (24,4 milliards) et le Kazakhstan (17,6 milliards) dans la liste des principaux créanciers des États-Unis.

Une décision purement politique

Les avoirs russes dans la dette américaine ont chuté à leur niveau de 2007, date à laquelle la Russie s’était mise à acheter massivement des titres financiers américains. Le pic de ces investissements remonte à octobre 2010, […]

Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou abonnez-vous !

Anastasia Sedukhina

Dernières nouvelles de la Russie

Société

Elena Batourina, Madame oligarque

Elena Batourina n’a pas quitté le classement Forbes des plus grandes fortunes du pays depuis sa première apparition dans la liste, en 2004. Son patrimoine, estimé à un milliard de dollars, elle ne le doit ni à un héritage ni à un divorce. Uniquement à son travail. Et peut-être à l’influence de son mari, Iouri Loujkov, maire de Moscou de 1992 à 2010. Portrait. Elena Batourina est née en 1963 à Moscou, dans une famille d’ouvriers. Pour payer ses études, elle travaille, dès l’âge de dix-sept ans, comme dessinatrice industrielle dans la même usine que ses parents. La jeune fille y touche un salaire plutôt généreux de 180 roubles (à titre de comparaison, un ministre émarge alors à 600-800 roubles). Au bout d’un an et demi, elle s’inscrit aux cours du soir de l’Institut de direction de Moscou (l’URSS ne connaît pas encore d’école de management). Dans la journée, elle est employée dans diverses institutions, notamment au Comité exécutif du conseil de Moscou, où elle rencontre son futur mari, Iouri Loujkov, alors premier vice-président du comité. Il a vingt-sept ans de plus qu’elle. Le mariage est célébré en 1991, l’année de l’avènement du capitalisme sauvage en Russie. Premiers pas dans les affaires Peu avant son mariage, Elena Batourina s’était lancée dans les affaires avec son frère Viktor. « Nous avons touché à peu près à tout. Nous nous sommes même occupés de matériel informatique : nous achetions des ordinateurs et nous les revendions après les avoir reprogrammés. C’est comme ça que nous avons gagné nos premiers dollars », se souvient la milliardaire dans un entretien accordé au magazine Ogoniok en 2012. Ensemble, ils fondent une entreprise, Inteko, et se lancent dans la production d’objets en plastique : seaux, bassines, chaises de jardin, etc. Pour Elena Batourina, c’est le début de la réussite financière. La carrière politique de son mari est, elle aussi, marquée au sceau de la réussite. Elle prend un tournant décisif, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

19 novembre 2018
Politique

Le Kremlin veut dompter les messageries

À partir du printemps prochain, chaque compte de messagerie instantanée devra être associé à un numéro de téléphone enregistré en Russie, afin de pouvoir fonctionner dans le pays. Officiellement, la nouvelle législation répond à une nécessité pour lutter contre le terrorisme et la publicité intrusive. La loi instaurant des amendes pour les messageries qui ne vérifient pas l’identité de leurs utilisateurs est entrée en vigueur le 1er janvier 2018. Jusqu’à maintenant, elle n’était pas appliquée faute d’un texte précisant la procédure exacte d’identification. Un décret, signé fin octobre par le Premier ministre Dmitri Medvedev, comble cette lacune. Identification expresse en vingt minutes Dorénavant, afin d’enregistrer chacun de leurs clients, les messageries instantanées devront faire une demande d’authentification auprès des opérateurs téléphoniques. Ces derniers disposent en effet des données personnelles (nom, prénom, numéro de passeport) de leurs abonnés. Chaque demande d’identification devra être satisfaite en vingt minutes, sous peine d’échec de connexion à la messagerie. Selon Roskomnadzor, l’autorité russe de contrôle des communications et d’internet, il s’agit de créer un système de communications sûr pour la population et pour l’État. Si les données fournies par l’utilisateur ne correspondent pas à celles détenues par l’opérateur téléphonique (par exemple, en cas d’achat de carte SIM « sous le manteau », sans enregistrement du passeport), l’accès aux services de messagerie sera refusé. Enfin, tout changement de numéro de téléphone devra entraîner une nouvelle procédure d’authentification de l’utilisateur. Les messageries qui n’appliqueront pas ces nouvelles règles verront leur responsabilité administrative engagée. Alexandre Jarov, directeur de Roskomnadzor, l’autorité russe de contrôle des communications et d’internet, a qualifié d’indispensable cette nouvelle disposition législative, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

14 novembre 2018
Économie

La Russie se rue vers l’or

Depuis dix ans, la Russie augmente ses réserves d’or. La dynamique s’est même accélérée ces derniers mois. Au troisième trimestre 2018, la Banque centrale russe était le premier acheteur du métal jaune au monde. Selon les calculs du Conseil mondial de l’or (WGC), la Russie a réalisé une acquisition record de 92,2 tonnes de métal précieux entre juin et septembre 2018 (une hausse de 50 % par rapport au troisième trimestre 2017). C’est presque trois fois plus que les investissements cumulés des deux autres acteurs majeurs du marché, la Turquie (18,5 t) et le Kazakhstan (14,4 t). Surtout, l’autorité monétaire russe pèse plus de la moitié des achats d’or effectués, sur la même période, par les banques centrales du monde entier (148,4 t). Grâce à ces acquisitions, les réserves d’or de Moscou dépassent les 2 000 tonnes pour la première fois de leur histoire (statistiques débutées en 1993). Elles représentent 17 % des réserves mondiales, pour une valeur supérieure à 78 milliards de dollars. Contrairement aux autres actifs libellés en devises ou aux titres en dépôt à l’étranger, l’or ne peut pas être gelé ni saisi. Surtout s’il est conservé en sécurité sur le sol national. Ces chiffres placent le pays au cinquième rang des détenteurs de métal jaune, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

8 novembre 2018