Roman Abramovitch indésirable à Londres : la fin des nouveaux riches russes ?

L’un des plus célèbres oligarques russes installés à l’étranger, Roman Abramovitch, a des ennuis. Sans raison (officielle), le Royaume-Uni a refusé de prolonger le visa d’affaires qui permettait au propriétaire du club de football de Chelsea de résider dans ce pays depuis quinze ans.

Si Roman Abramovitch a rapidement demandé ‒ et obtenu ‒ la nationalité israélienne, qui lui donne le droit de passer six mois par an sans visa à Londres, l’avenir de ses actifs en Grande-Bretagne pose question.

Roman Abramovitch est souvent présenté comme l’exemple-type du self-made man. Né en 1966 à Saratov, sur la Volga, il perd ses parents très jeune et grandit, élevé par des oncles, ballotté entre Syktyvkar, Oukhta, dans le Nord russe, et Moscou. Il entre en 1983 à la faculté de génie forestier de l’université d’Oukhta, mais ne va pas jusqu’au bout du cursus. Il compense ce peu d’entrain pour les études par de brillantes qualités d’organisation : à la fin des années 1980, il se lance dans le commerce, puis, dès le début de la décennie suivante, dans le trading pétrolier. À la même époque, il rencontre la famille de Boris Eltsine, premier président élu de Russie, et l’oligarque Boris Berezovski. Il devient rapidement proche des cercles du pouvoir. Selon la rumeur, c’est en partie grâce à ses relations que Roman Abramovitch peut acheter le pétrolier russe Sibneft, sur lequel il bâtit sa fortune dans les années 1990 et 2000.

Entre 2000 et 2008, Roman Abramovitch s’essaie à la politique, devenant gouverneur de la Tchoukotka. La région, à la fois la plus éloignée de Moscou et dotée des conditions climatiques les plus rudes du pays, […]

Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou abonnez-vous !

Anastasia Sedukhina

Dernières nouvelles de la Russie

Économie

Pourquoi les investisseurs étrangers fuient-ils massivement la Russie ?

Au troisième trimestre 2018, la Banque centrale russe a enregistré une fuite des capitaux étrangers record depuis quatre ans. Pourquoi les investisseurs étrangers se détournent-ils de la Russie, et peut-on espérer qu’ils reviennent un jour ? Entre juillet et septembre 2018, la fuite des capitaux étrangers hors de l’économie russe (secteur bancaire excepté) s’est élevée à 6 milliards de dollars (un peu plus de 5 milliards d’euros), selon la Banque centrale de Russie. Il s’agit du premier recul important des investissements étrangers depuis trois ans (plus précisément, depuis le deuxième trimestre 2015). Le dernier triste record en la matière remonte au troisième trimestre 2005, il y a treize ans : la fuite des capitaux s’élève alors à 4,8 milliards de dollars (un peu plus de 4 milliards d’euros). Par la suite, la tendance s’inverse, et les investissements étrangers en Russie ne cessent d’augmenter. Un maximum est atteint en 2008, avec un afflux de 74,8 milliards de dollars (un peu moins de 65 milliards d’euros). Le montant se maintient ensuite entre 50 et 70 milliards de dollars (entre 43 et 60 milliards d’euros environ) par an. Mais l’année 2014, avec la crise ukrainienne et l’adoption des premières sanctions occidentales contre la Russie, marque un coup d’arrêt : en 2015, les étrangers n’investissent dans l’économie russe que 6,9 milliards de dollars (5,9 milliards d’euros). Pourtant, même ce recul, brutal, n’est pas irréversible. Dès 2016, sur fond de hausse des prix du pétrole et d’adaptation de l’économie russe aux sanctions, le pays redevient attractif pour les entreprises étrangères… […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

Crédits Image : SPIEF/TASS18 octobre 2018
Politique

Manifestations en Ingouchie : Une reprise en main de Moscou ?

Depuis deux semaines, la république d’Ingouchie, dans le Caucase russe, est le théâtre d’un mouvement de protestation populaire contre un accord de redéfinition des frontières signé avec la Tchétchénie voisine. Les manifestations rassembleraient aujourd’hui entre 10 000 et 60 000 personnes, selon les diverses sources, dans un pays qui ne recense qu’un demi-million d’habitants. La Russie n’avait pas connu de manifestations d’une telle ampleur depuis celles de 2011-2012, au lendemain des élections législatives. Pourtant, les médias pro-gouvernementaux continuent d’ignorer ostensiblement ces événements, et le Kremlin reste à l’écart. Denis Sokolov, spécialiste du Caucase, revient pour Le Courrier de Russie sur les causes de ces manifestations et leurs possibles conséquences. LCDR : Le traité qui redessine la frontière administrative entre l’Ingouchie et la Tchétchénie a été conclu entre les présidents Iounous-bek Evkourov et Ramzan Kadyrov au début du mois d’octobre. Que lui reprochent les Ingouches ? Denis Sokolov : En réalité, la question des frontières est en suspens depuis l’effondrement de l’URSS. À l’époque soviétique, les deux républiques constituaient une seule et même entité administrative : la République socialiste soviétique autonome de Tchétchénie-Ingouchie. En 1990, le Conseil des députés du peuple d’URSS décide de créer deux régions distinctes à partir de cette entité, mais sans définir précisément leurs frontières. Rapidement, la Tchétchénie proclame son indépendance, ce qui provoque l’intervention de l’armée russe dans la région : c’est la première guerre de Tchétchénie. La question des frontières est posée de nouveau au début des années 2000, à la fin de la deuxième guerre de Tchétchénie, et à plusieurs reprises par la suite, sans jamais être définitivement résolue. Ce traité du mois d’octobre 2018 rouvre donc des blessures anciennes. Officiellement, l’accord prévoit un échange de territoires à parts égales entre les deux républiques. Mais le quotidien régional Kavkazski ouzel, qui y a eu accès, a révélé qu’en pratique, l’Ingouchie cédait à la Tchétchénie 20 000 hectares (200 km2), soit près de 5 % de son territoire. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

Crédits Image : Kommersant16 octobre 2018
Économie

Les entreprises russes où il fait bon travailler

La revue américaine Forbes vient de publier la 2e édition du classement World’s Best Employers, qui recense les 2 000 meilleurs employeurs du monde. Cinq entreprises russes en font partie. Quel est le secret de leur réussite ? La première entreprise russe du classement est la Bourse de Moscou (117e place). Elle est suivie du géant pétro-gazier Sourgoutneftegaz (167e), de la Compagnie aéronautique unifiée (278e), qui produit les avions Soukhoï, MiG et Tupolev, de la compagnie nationale de transport aérien Aeroflot (341e) et de la plus grande société pétro-gazière privée du pays, Lukoil (450e). La Bourse de Moscou enregistre une forte progression depuis l’an dernier, où elle occupait la 466e position. En 2017, le classement comptait quatre entreprises russes : la banque VTB (486e), le holding chimique FosAgro (474e) et le Combinat métallurgique de Magnitogorsk (214e). Aucune n’a été retenue dans l’édition 2018. À l’instar du classement de 2017, celui de 2018 est dominé par des entreprises américaines. La première place est de nouveau occupée par Alphabet, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

12 octobre 2018