Le Courrier de Russie

Pétrole : le casse-tête chinois de Rosneft

Workers look at a drilling rig at a well pad of the Rosneft-owned Prirazlomnoye oil field outside the West Siberian city of Nefteyugansk, Russia, August 4, 2016. REUTERS/Sergei Karpukhin/File Photo - RTSPGTI

La coopération du géant pétrolier Rosneft avec la Chine rencontre des difficultés inattendues. Début mai, le rachat annoncé de 14 % des parts du groupe russe par le conglomérat CEFC China Energy a échoué. Peu après, Pékin a accusé Rosneft de pratiquer des forages illégaux en mer de Chine méridionale. Le problème a-t-il des racines plus profondes, et met-il en péril la coopération énergétique russo-chinoise ?

À l’automne 2016, en pleine crise économique, Vladimir Poutine lance la privatisation de 19,5 % des parts du géant pétrolier Rosneft, dans lequel l’État russe est actionnaire majoritaire. Le puissant PDG du groupe, Igor Setchine, se met immédiatement en quête d’acheteurs potentiels. Dès le mois de décembre, il annonce le rachat de ce paquet d’actions par un consortium formé du fonds souverain qatari QIA et du négociant suisse de matières premières Glencore, pour 10,5 milliards d’euros.

« Alors que CEFC se trouve au bord de la faillite, le consortium QIA-Glencore renonce à lui vendre 14,16º% des actions de Rosneft. La “transaction du siècle” tombe à l’eau »

Un an plus tard, à l’automne 2017, on apprend que le consortium helvético-qatari s’apprête à revendre 14,16º% de ses parts de Rosneft au conglomérat énergétique et financier privé chinois CEFC Energy. La transaction doit s’élever à 9,1 milliards de dollars (7,9 milliards d’euros).

Mais ce Mega-Deal ne se fait pas. Selon des sources proches du dossier, les banques occidentales commencent par refuser à CEFC des crédits accordés dans un premier temps, […]