Pétrole : le casse-tête chinois de Rosneft

La coopération du géant pétrolier Rosneft avec la Chine rencontre des difficultés inattendues. Début mai, le rachat annoncé de 14 % des parts du groupe russe par le conglomérat CEFC China Energy a échoué. Peu après, Pékin a accusé Rosneft de pratiquer des forages illégaux en mer de Chine méridionale. Le problème a-t-il des racines plus profondes, et met-il en péril la coopération énergétique russo-chinoise ?

À l’automne 2016, en pleine crise économique, Vladimir Poutine lance la privatisation de 19,5 % des parts du géant pétrolier Rosneft, dans lequel l’État russe est actionnaire majoritaire. Le puissant PDG du groupe, Igor Setchine, se met immédiatement en quête d’acheteurs potentiels. Dès le mois de décembre, il annonce le rachat de ce paquet d’actions par un consortium formé du fonds souverain qatari QIA et du négociant suisse de matières premières Glencore, pour 10,5 milliards d’euros.

« Alors que CEFC se trouve au bord de la faillite, le consortium QIA-Glencore renonce à lui vendre 14,16º% des actions de Rosneft. La “transaction du siècle” tombe à l’eau »

Un an plus tard, à l’automne 2017, on apprend que le consortium helvético-qatari s’apprête à revendre 14,16º% de ses parts de Rosneft au conglomérat énergétique et financier privé chinois CEFC Energy. La transaction doit s’élever à 9,1 milliards de dollars (7,9 milliards d’euros).

Mais ce Mega-Deal ne se fait pas. Selon des sources proches du dossier, les banques occidentales commencent par refuser à CEFC des crédits accordés dans un premier temps, […]

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Anastasia Sedukhina

Dernières nouvelles de la Russie

Politique

Le Kremlin veut dompter les messageries

À partir du printemps prochain, chaque compte de messagerie instantanée devra être associé à un numéro de téléphone enregistré en Russie, afin de pouvoir fonctionner dans le pays. Officiellement, la nouvelle législation répond à une nécessité pour lutter contre le terrorisme et la publicité intrusive. La loi instaurant des amendes pour les messageries qui ne vérifient pas l’identité de leurs utilisateurs est entrée en vigueur le 1er janvier 2018. Jusqu’à maintenant, elle n’était pas appliquée faute d’un texte précisant la procédure exacte d’identification. Un décret, signé fin octobre par le Premier ministre Dmitri Medvedev, comble cette lacune. Identification expresse en vingt minutes Dorénavant, afin d’enregistrer chacun de leurs clients, les messageries instantanées devront faire une demande d’authentification auprès des opérateurs téléphoniques. Ces derniers disposent en effet des données personnelles (nom, prénom, numéro de passeport) de leurs abonnés. Chaque demande d’identification devra être satisfaite en vingt minutes, sous peine d’échec de connexion à la messagerie. Selon Roskomnadzor, l’autorité russe de contrôle des communications et d’internet, il s’agit de créer un système de communications sûr pour la population et pour l’État. Si les données fournies par l’utilisateur ne correspondent pas à celles détenues par l’opérateur téléphonique (par exemple, en cas d’achat de carte SIM « sous le manteau », sans enregistrement du passeport), l’accès aux services de messagerie sera refusé. Enfin, tout changement de numéro de téléphone devra entraîner une nouvelle procédure d’authentification de l’utilisateur. Les messageries qui n’appliqueront pas ces nouvelles règles verront leur responsabilité administrative engagée. Alexandre Jarov, directeur de Roskomnadzor, l’autorité russe de contrôle des communications et d’internet, a qualifié d’indispensable cette nouvelle disposition législative, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

14 novembre 2018
Économie

La Russie se rue vers l’or

Depuis dix ans, la Russie augmente ses réserves d’or. La dynamique s’est même accélérée ces derniers mois. Au troisième trimestre 2018, la Banque centrale russe était le premier acheteur du métal jaune au monde. Selon les calculs du Conseil mondial de l’or (WGC), la Russie a réalisé une acquisition record de 92,2 tonnes de métal précieux entre juin et septembre 2018 (une hausse de 50 % par rapport au troisième trimestre 2017). C’est presque trois fois plus que les investissements cumulés des deux autres acteurs majeurs du marché, la Turquie (18,5 t) et le Kazakhstan (14,4 t). Surtout, l’autorité monétaire russe pèse plus de la moitié des achats d’or effectués, sur la même période, par les banques centrales du monde entier (148,4 t). Grâce à ces acquisitions, les réserves d’or de Moscou dépassent les 2 000 tonnes pour la première fois de leur histoire (statistiques débutées en 1993). Elles représentent 17 % des réserves mondiales, pour une valeur supérieure à 78 milliards de dollars. Contrairement aux autres actifs libellés en devises ou aux titres en dépôt à l’étranger, l’or ne peut pas être gelé ni saisi. Surtout s’il est conservé en sécurité sur le sol national. Ces chiffres placent le pays au cinquième rang des détenteurs de métal jaune, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

8 novembre 2018
Économie

Le train du Grand Nord

Le train du Grand Nord est un projet de ligne ferroviaire qui, en traversant la péninsule de Iamal, relie l’Arctique russe au reste du pays. Évoquée dès les premières années de l’URSS, l’idée de construire un équivalent du Transsibérien dans l’extrême Nord avait finalement été abandonnée, pour ne resurgir qu’au début des années 2000. Et le Kremlin s’est lancé tout récemment dans la réalisation concrète de ce vieux rêve, à la conquête du royaume du permafrost. En août 2018, le Premier ministre Dmitri Medvedev annonce la signature d’un contrat de concession entre l’Agence fédérale russe chargée du transport ferroviaire, Rosjeldor, et la société SCK, créée pour l’occasion, portant sur la construction du tronçon central de la ligne ferroviaire Obskaïa-Salekhard-Nadym, dans la péninsule de Iamal. Aujourd’hui, la concurrence fait rage entre les investisseurs potentiels. Il est vrai que la proposition est alléchante : aux termes de cet accord, le concessionnaire pourra exploiter la ligne jusqu’en 2052, à des conditions extrêmement avantageuses, notamment sans avoir à payer de taxes à l’État. « Les banques publiques se battent pour un nouveau mégaprojet », « Gazprom et les chemins de fer russes pourraient construire la ligne ferroviaire la plus septentrionale du monde », « La Route morte reprend vie dans le Grand Nord russe », annonçaient récemment les grands journaux russes. Relier l’Oural à l’Arctique Les températures très froides qui règnent toute l’année dans l’extrême Nord de la Russie y rendent les grands projets de construction incomparablement plus complexes et plus coûteux qu’ailleurs. L’objectif n° 1 du Train du Grand Nord est justement de développer les infrastructures de transport dans l’Arctique russe. Un défi très ambitieux, inscrit depuis 2008 dans la Stratégie étatique de développement du transport ferroviaire en Russie à l’horizon 2030. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

7 novembre 2018