Grand ménage bancaire à Chypre : les capitaux russes à la recherche de pays d’accueil

Les temps sont durs pour les Russes aisés. Au début du printemps, la Lettonie a interdit à ses banques d’abriter les comptes des entreprises off-shore dont ils sont les propriétaires. Et, depuis le 1er juin, sous la pression des États-Unis, c’est Chypre qui a fait le choix de se débarrasser de l’argent russe. Où les millionnaires russes vont-ils désormais conserver leurs capitaux ?

Chypre a longtemps été une destination très appréciée des Russes, et pas seulement pour le tourisme. Cette île de Méditerranée orientale, au régime fiscal avantageux, ayant avec la Russie une convention fiscale qui permet d’éviter une double imposition, faisait figure de lieu idéal pour immatriculer des sociétés et ouvrir des comptes en banque. En 2015, selon le quotidien RBC, 126 des 500 plus grandes entreprises russes étaient immatriculées à Chypre. Aujourd’hui, presque tous les grands groupes ou holdings russes possèdent au moins une filiale immatriculée sur l’île.

Mais, manifestement, les choses vont changer. Le 1er juin, une circulaire de la Banque centrale de Chypre a ordonné à l’ensemble des banques de la république de fermer les comptes de toutes les entreprises off-shore ainsi que ceux des sociétés étrangères domiciliées dans l’île mais dont l’activité économique n’est pas avérée.

« Les clients russes sont invités à fermer définitivement leurs comptes »

Selon le journal économique Fun&Profit, accessible sur Telegram, les banques chypriotes exigent désormais, à l’ouverture d’un compte pour un particulier, toute une série de documents complets et détaillés sur le détenteur effectif du compte, la source de ses revenus et de ses biens. Quant aux entreprises étrangères, elles doivent prouver qu’elles possèdent des bureaux bien réels sur le territoire.

Quelques jours avant la diffusion de la circulaire « punitive » de la Banque centrale, le portail The Bell annonçait que les banques commerciales de Chypre faisaient pression sur leurs clients russes, […]

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Anastasia Sedukhina

Dernières nouvelles de la Russie

Économie

Roman Abramovitch indésirable à Londres : la fin des nouveaux riches russes ?

L'un des plus célèbres oligarques russes installés à l’étranger, Roman Abramovitch, a des ennuis. Sans raison (officielle), le Royaume-Uni a refusé de prolonger le visa d’affaires qui permettait au propriétaire du club de football de Chelsea de résider dans ce pays depuis quinze ans.

11 juin 2018
Économie

Oleg Deripaska : fin de partie pour le « roi de l’aluminium » ?

Le milliardaire Oleg Deripaska, dont l’entreprise Rusal est le premier producteur d’aluminium au monde, est le grand perdant des dernières sanctions américaines contre la Russie. En incluant l’oligarque dans sa liste noire, le département du Trésor des États-Unis a, semble-t-il, asséné un coup fatal à son empire. Coupée du précieux marché américain (qui représente 20 % des ventes de Rusal), l’entreprise a vu ses actions dégringoler, et l’homme d’affaires a perdu 1,4 milliard de dollars en une journée, le 9 avril. L’ « âge d’or » du « roi de l’aluminium » est révolu, estiment de nombreux analystes. Mais est-ce vraiment le cas ? « Ma présence sur la liste noire des États-Unis est non fondée et absurde. Dimanche, j’ai bien l’intention de fêter Pâques. J’analyserai la situation avec nos avocats en début de semaine prochaine », a annoncé M. Deripaska vendredi 6 avril, immédiatement après avoir appris qu’il faisait partie des 24 Russes contre lesquels les États-Unis ont introduit des sanctions. Le Trésor américain justifie sa décision de punir l’oligarque au regard des liens étroits qu’il entretient avec les dirigeants russes. Il évoque l’enquête dont fait actuellement l’objet le milliardaire, soupçonné de liens avec des groupes criminels russes, de blanchiment d’argent, de racket, de menaces de mort contre des concurrents et d’écoute illégale. Le communiqué du Trésor fait également référence à : « des allégations selon lesquelles M. Deripaska aurait soudoyé un fonctionnaire du gouvernement (américain, ndlr) et ordonné le meurtre d’un homme d’affaires. » Le marché américain est désormais fermé au « roi de l’aluminium » Outre Oleg Deripaska lui-même, ses sociétés sont également soumises à des restrictions, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

17 avril 2018
Société

Pavel Dourov, le milliardaire russe citoyen du monde

Un nouveau nom figure au classement mondial des milliardaires en dollars établi par la revue américaine Forbes : celui de Pavel Dourov, fondateur du réseau social VKontakte (VK), surnommé le « Facebook russe », et de l’application de messagerie Telegram. L’homme d’affaires, dont la fortune s’élèverait à 1,7 milliard de dollars avec « possibilités de croissance », est un des rares milliardaires russes à ne pas s’être enrichis grâce aux ressources naturelles, notamment l’exportation d’hydrocarbures. La carrière de l’entrepreneur technologique n’est toutefois pas un long fleuve tranquille… Pavel Dourov et Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, ont beaucoup de points communs : tous les deux sont nés en 1984, ont créé un des réseaux sociaux les plus populaires au monde, sont devenus millionnaires bien avant leurs 30 ans, sont amateurs de minimalisme dans leurs tenues vestimentaires et leur quotidien… Même leurs relations avec le pouvoir présentent des similitudes : Mark Zuckerberg fait l’objet de critiques acerbes de la part de Donald Trump tandis que le conflit entre Pavel Dourov et les autorités russes a contraint celui-ci à vendre ses actions VKontakte et à quitter la Russie. « Depuis quelques semaines, je subis une pression venue de toutes parts. (…) Ni moi ni mon équipe n’avons l’intention de nous soumettre à la censure politique. (…) La liberté d’information est un droit inaliénable de la société post-industrielle. C’est un droit sans lequel l’existence de VKontakte n’a aucun sens », a écrit Pavel Dourov le 16 avril 2014 sur sa page VK. Dans d’autres messages, il explique que le Service fédéral de sécurité (FSB) a exigé de la part de la direction de VKontakte de lui remettre les données personnelles des administrateurs des groupes VK de l’Euromaïdan et de fermer le groupe de l’opposant Alexeï Navalny, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

12 mars 2018

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