L’avenir incertain des stades après la Coupe du monde

Dans différentes villes-hôtes de la Coupe du monde 2018, sept stades ont été construits spécialement pour la compétition. Une commande publique chiffrée à quelque 120 milliards de roubles (1,58 milliard d’euros). Qu’adviendra-t-il de ces stades, une fois la fête terminée ? À qui reviendra la lourde tâche de les entretenir ? Le Courrier de Russie lève le voile sur l’après-Mondial.

Les nouveaux stades de Kaliningrad, Nijni-Novgorod, Rostov-sur-le-Don, Samara, Saransk, Volgograd et Ekaterinbourg sont construits. Initialement, il était prévu que, dès la fin de la compétition, leur propriété soit transférée aux régions, qui endosseraient les charges afférentes, à raison de 71 millions de roubles (environ 943 000 euros) pour le réaménagement de chaque stade la première année, et d’environ 300 millions de roubles (près de 4 millions d’euros) d’entretien par an. Des frais budgétaires supplémentaires auxquels les autorités régionales ne sont pas prêtes à faire face. En octobre 2017, le gouverneur de la région de Kaliningrad, Anton Alikhanov, a adressé directement au président Vladimir Poutine une demande de subsides destinés à couvrir ces éventuelles dépenses. « Car, pour Kaliningrad, la gestion d’un colosse de 35 000 places est pour l’instant plutôt compliquée », se justifiait le gouverneur. « Nous y réfléchirons », a répondu le président.

Et voilà que le tableau s’éclaircit. Le ministère russe des Sports vient de publier son projet de valorisation du patrimoine de la Coupe du monde 2018, fixant le sort des stades construits pour accueillir la fine fleur du football mondial. Le document maintient le transfert de propriété aux régions, tout en portant au budget fédéral la majorité des dépenses : 100 % en 2019 et 95 % sur la période 2020-2023. Ensuite, les stades seront intégralement confiés aux bons soins des régions. D’ici-là, les autorités espèrent que les enceintes seront devenues rentables.

Une rentabilité en question

Andreï Malyguine, directeur de la faculté de marketing sportif de l’université Synergy, […]

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Konstantin Manenkov

Dernières nouvelles de la Russie

Société

La révolution numérique à l’usage de l’histoire des révolutions

Plusieurs projets éducatifs en ligne ont vu le jour en Russie, créés par d’anciens journalistes, lassés du contenu et du format des médias traditionnels. Le Courrier de Russie revient sur les exemples les plus significatifs d’un phénomène qualifié, par ceux qui l’ont déclenché, de « typiquement russe ». En novembre 2015, Mikhaïl Zygar, rédacteur en chef de la chaîne télévisée Dojd et ex-rédacteur en chef adjoint de Newsweek Russia, publie son premier livre : La cohorte du Kremlin (« Vsia kremliovskaïa rat »). L’essai, qui revient sur l’histoire récente de la Russie de Vladimir Poutine, figure très rapidement sur la liste des best-sellers. Surfant sur son succès, le journaliste de 37 ans démissionne de Dojd en décembre 2015 ‒ selon la rumeur, non sans certaines pressions du Kremlin, pas vraiment emballé par le livre ‒ pour se consacrer à des projets de vulgarisation historique. Mikhaïl Zygar justifie son départ par une forme de lassitude des médias d’actualité, auxquels il reproche de se focaliser sur des événements « dérisoires, dont tout le monde se fiche ». 1917. Histoire libre : le réseau social de la révolution Un an plus tard, le 14 novembre 2016, le même Zygar lance le site internet « 1917. Histoire libre », consacré à la révolution russe. Le projet imagine à quoi aurait pu ressembler un réseau social en 1917. À partir de documents d’archives, Mikhaïl Zygar et son équipe créent 1 500 comptes de personnalités, journaux et institutions. Le résultat est créatif et très vivant : en temps réel, le tsar Nicolas II, Lénine, Trotski et les autres figures du temps postent sur leurs « pages » respectives des commentaires sur les déclarations des uns et des autres et les événements dramatiques qui ébranlent le pays. « Personne ne lisait ces notes personnelles, longues mais très intéressantes. Je les ai adaptées à un format plus actuel. » Mikhaïl Zygar explique avoir été inspiré par la lecture des journaux des membres de la famille impériale. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

5 juillet 2018
International

La Russian Tech, nouvelle cible des sanctions américaines

Le 11 juin, le Trésor américain a adopté de nouvelles sanctions contre cinq entreprises russes travaillant dans la cybersécurité et les équipements sous-marins. Toutes ont, d’une manière ou d’une autre, coopéré avec les services de renseignement russes, affirme Washington. Ces accusations sont-elles fondées ? Les sociétés russes visées par ce nouveau train de sanctions auraient collaboré avec le Service fédéral de sécurité (FSB) et représenteraient une menace pour la sécurité nationale des États-Unis, selon le Trésor américain. Ainsi, l’entreprise informatique Digital Security, ses filiales Embedi, ERPScan et l’institut scientifique Kvant (qui disposent de deux adresses, à Moscou et à Kiev…) sont accusés de « travailler à [des] projets qui augmenteraient les capacités cyber-offensives de la Russie ». L’entreprise DiveTechnoService est accusée, de son côté, de livrer aux services spéciaux russes des équipements destinés à saboter des câbles sous-marins de télécommunications. Les organisations, institutions et entreprises américaines ont deux mois pour rompre tout contact avec ces sociétés. Selon Washington, les entreprises russes visées seraient liées à la propagation du virus informatique NotPetya Les nouvelles sanctions visent avant tout à neutraliser les cyber-menaces en provenance de Russie. Selon les autorités américaines, l’entreprise russe Digital Security et ses filiales Embedi et ERPScan (basées aux USA, en Californie) seraient directement liées à la propagation du virus informatique NotPetya, qui a contaminé, en juin 2017, une grande partie du réseau informatique ukrainien (ministères, banques, chemins de fer, etc.) et aurait coûté des milliards de dollars à l’Europe, l’Asie et l’Amérique. Grâce à cette cyber-attaque, les hackers russes ont pu s’introduire dans les réseaux informatiques des systèmes énergétiques américains, selon Washington. Digital Security, dont le siège se situe à Saint-Pétersbourg, est l’une des principales sociétés russes de conseil dans le domaine de la sécurité informatique. Depuis 2002, elle fournit des services d’évaluation du niveau de sécurité contre les cyber-attaques. Ses clients comptent des entreprises publiques dont Poste de Russie, l’opérateur des services postaux russes, et les banques Sberbank et Rosselkhozbank, sous contrôle de l’État. Selon la base de données SPARK, en 2017, le montant total des contrats passés par Digital Security avec des entreprises publiques russes s’est élevé à cinq millions de roubles (68 000 euros). L’entreprise appartient à Ilya Medvedovski, diplômé de la faculté de cybernétique de l’Institut polytechnique de Saint-Pétersbourg. Âgé de 40 ans, il a également fondé les entreprises Embedi et ERPScan, dont les sièges se trouvent dans la Silicon Valley, en Californie. Créée en 2016, Embedi est spécialisée dans la cybersécurité des « dispositifs intelligents ». Fondée en 2010, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

27 juin 2018
Société

Affaire Oleg Sentsov : une libération avant la fin de la Coupe du monde ?

Le réalisateur ukrainien, condamné en 2015 par la justice russe pour « organisation d’un groupe terroriste et préparation d’attentats en Crimée », mène depuis un mois une grève de la faim.Des voix venues du monde entier, qui le considèrent comme un prisonnier politique, réclament sa libération. Retour sur l’affaire Sentsov. En avril 2014, des inconnus incendient les bureaux de l’association « La Communauté russe de Crimée » et du parti Russie unie à Simféropol. Un mois plus tard, le FSB arrête l’auteur présumé des incendies : Oleg Sentsov, jeune réalisateur originaire de Crimée. Avant 2014, son nom n’est connu que d’un cercle étroit de spécialistes : Oleg Sentsov n’a qu’un long métrage à son actif, Gamer, acclamé par la critique. En novembre 2013, il est contraint d’interrompre le tournage de son deuxième film : c’est le début de l’Euromaïdan à Kiev et le réalisateur de 37 ans descend dans la rue soutenir les manifestants. Plus tard, en février, il assiste à la prise manu militari de la Crimée par la Russie. Il participe alors à l’approvisionnement alimentaire des soldats ukrainiens bloqués sur la péninsule par les forces spéciales russes. Lorsque ceux-ci finissent par quitter le territoire, il trouve un autobus pour les transporter. Dynamiter la statue de Lénine Oleg Sentsov est arrêté à Simferopol le 10 mai 2014. Il est accusé d’avoir organisé deux incendies et préparé le dynamitage de la statue de Lénine et du Mémorial de la flamme éternelle à Sébastopol. Une enquête pour terrorisme est ouverte. L’arrestation du réalisateur repose sur les témoignages et accusations de deux Criméens (Alexeï Tchirni, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

18 juin 2018