Grandes manœuvres dans le pétrole russe

Dans une interview accordée à Bloomberg TV, le ministre russe de l’Énergie, Alexandre Novak, envisage la possibilité de se retirer de l’accord conclu avec les pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) à la fin de 2016. Cet accord, prolongé à deux reprises en 2017, a pour but de rééquilibrer le marché du pétrole suite à la chute brutale des prix du brut. Les entreprises pétrolières russes pourraient faire pression sur le gouvernement afin que Moscou se retire de l’accord à la fin de l’année en cours.

L’avenir de l’accord OPEP+, qui limite la production de pétrole des membres de l’OPEP et de onze pays extérieurs à cette organisation (dont la Russie), devrait se décider durant la prochaine Coupe du monde de football, estime Konstantin Simonov, directeur général du Fonds pour la sécurité énergétique nationale. En effet, c’est lors d’une rencontre privée en marge du Mondial que les chefs d’États russe et saoudien discuteront d’un nouvel accord, et non lors des rencontres officielles qui se dérouleront le 22 avril à Djebbah (Arabie saoudite), entre les membres du comité ministériel de suivi de l’OPEP, et le 22 juin à Vienne, entre tous les pays signataires de l’accord.

L’Arabie saoudite et la Russie sont les principaux acteurs de l’accord OPEP+, rappelle l’expert, qui explique : « La situation a changé par rapport à 2016 ; la Russie était alors le pays leader. Aujourd’hui, c’est le contraire, l’Arabie saoudite s’inquiète beaucoup plus d’une éventuelle fin de l’accord. » Il reconnaît toutefois qu’il est difficile d’émettre des hypothèses sur l’avenir d’OPEP+ et de la coopération entre Moscou et Riyad avant la formation du prochain gouvernement russe, en mai.

Un accord de plus en plus critiqué

Cette incertitude gouvernementale n’empêche pas les voix prônant une sortie de l’accord de se multiplier en Russie, […]

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Elsa Régnier

Dernières nouvelles de la Russie

Économie

Russie-Ukraine : Qui gagnera la guerre du gaz ?

Le société Gazprom a annoncé son refus de se plier au verdict de la Cour d’arbitrage de Stockholm, qui le condamne à verser à l’ukrainien Naftogaz une amende de 2,6 milliards de dollars. En réaction, le géant gazier russe a décidé de rompre tous ses contrats avec l'Ukraine.

3 avril 2018
Économie

Expert en sanctions, un métier d’avenir ?

Un nouveau métier est récemment apparu sur le marché russe : expert en sanctions. En quoi consiste cette profession inhabituelle et recherchée ? Nous avons posé la question à Artem Javoronkov, spécialiste en sanctions et associé du cabinet d’avocats international Dentons.   Le Courrier de Russie : Comment êtes-vous devenu un « expert en sanctions » ? Artem Javoronkov : C’est arrivé tout à fait par hasard. En avril 2014, je devais aller à Washington pour intervenir lors d’un séminaire prévu depuis longtemps, sur le thème « Comment mener des affaires en Russie ». Mais en mars, la Crimée a été rattachée à la Russie, la situation s’est aggravée au Donbass, les premières sanctions sont entrées en vigueur… Peu avant mon départ, un collègue de Washington m’a appelé pour m’annoncer que le séminaire était annulé. « Plus personne ne s’intéresse au monde des affaires en Russie. Tout le monde ne parle plus que des sanctions », m’a-t-il dit. Me surprenant moi-même, je lui ai alors proposé de simplement changer de thème pour « Les sanctions en Russie ». Il m’a rappelé au bout d’une heure et m’a dit : « Tous les billets sont vendus, on va faire salle comble, viens ! » Voilà comment j’ai commencé à me spécialiser dans les sanctions. « Le travail le plus difficile et le plus créatif, c’est d’élaborer un plan d’action minimisant les risques pour les grandes entreprises » LCDR : En quoi consiste votre travail ? Quel genre de missions devez-vous remplir ? […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

20 mars 2018
Politique

Nord Stream 2 : la bataille écologique

Le 17 janvier, Rosprirodnazdor, l’agence russe de surveillance de l’environnement, a validé le tracé du gazoduc Nord Stream 2, malgré les protestations de nombreuses organisations non gouvernementales (ONG) qui considèrent le passage de ce gazoduc à travers la réserve de Kourgalski comme illégal et catastrophique pour l’environnement. Mikhaïl Kreindline, représentant de Greenpeace Russia, revient sur la lutte qui oppose les ONG à ce projet.Le Courrier de Russie : Greenpeace s’oppose au tracé actuel du gazoduc Nord Stream 2 en raison des dégâts écologiques que sa construction pourrait provoquer… Mikhaïl Kreindline : Je ne peux parler que de notre position. Elle est différente de celle de Nord Stream 2 AG [la société mettant en œuvre le projet Nord Stream 2, dont Gazprom est l’unique actionnaire, ndlr] et du gouvernement russe, qui a approuvé ce projet. De notre point de vue, le principal problème est le passage du gazoduc à travers la réserve de Kourgalski. Pour plusieurs chercheurs, cette réserve est l’une des terres les plus fragiles de la partie occidentale de Russie. C’est aussi une zone d’importance internationale. Elle est protégée par la législation russe et deux conventions internationales – la Convention de Ramsar, relative aux zones humides d’importance internationale, et la Convention d’Helsinki, concernant la protection du milieu marin dans la zone de la mer Baltique. D’après le tracé actuel, le gazoduc Nord Stream 2 traverse le sud de la réserve, une zone qui abrite de nombreuses espèces rares. Le nid des grands aigles de mer par exemple, est situé à 30 mètres de la route prévue. Lorsqu’ils vont débuter la construction, ces aigles seront obligés de quitter leur habitat naturel. LCDR : Pourtant, sur les documents publiés par Nord Stream 2 AG, il est dit que la construction du gazoduc à travers la réserve n’impactera que 0,14% de cette zone… M.K : C’est exact, ils ne vont pas détruire une grande partie de la réserve, mais c’est une zone d’habitation essentielle. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

7 février 2018