Contre-sanctions : Un remède pire que le mal ?

Les députés russes ont préparé une réponse aux dernières sanctions américaines, les plus lourdes à l’égard des milieux d’affaires russes depuis le début de la crise ukrainienne, selon les experts. Ce projet de loi de contre-sanctions, actuellement soumis à l’approbation de l’administration présidentielle et du gouvernement, ne sera proposé en première lecture à la Douma que le 15 mai prochain. Mais il provoque déjà de vifs débats dans la société, où l’on se demande, en premier lieu, qui ces restrictions visent en réalité : les États-Unis ou la Russie elle-même ?

À la différence des élus du Congrès américain, qui préparaient de nouvelles sanctions contre la Russie depuis plus de six mois (la loi CAATSA, ou « Contrer les adversaires de l’Amérique au moyen de sanctions », a été signée par le président Trump en août 2017), les parlementaires russes ont travaillé dans l’urgence : le projet de loi de contre-sanctions de la Douma a été rédigé une semaine après que les Américains avaient adopté la leur, le 6 avril.

« Nous avons envoyé ce projet de loi au président, au gouvernement, au Conseil de la Fédération, à la Chambre civile, aux commissions de la Douma et à la Chambre des comptes. Et nous allons organiser des rencontres avec les milieux d’affaires et toutes les entreprises russes qui seront liées d’une façon ou d’une autre à la mise en œuvre du projet », a annoncé le président de la Douma, Viatcheslav Volodine.

Les contre-sanctions envisagées sont extrêmement larges. Elles touchent à l’ensemble de la vie économique, depuis les importations de médicaments jusqu’aux exportations de titane, en passant par les importations d’alcool ou la maintenance des avions américains. « Nous devons disposer de tout un arsenal nous permettant de nous défendre », a commenté le vice-Premier ministre russe Arkadi Dvorkovitch, […]

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Anastasia Sedukhina

Dernières nouvelles de la Russie

Économie

La Russie se rue vers l’or

Depuis dix ans, la Russie augmente ses réserves d’or. La dynamique s’est même accélérée ces derniers mois. Au troisième trimestre 2018, la Banque centrale russe était le premier acheteur du métal jaune au monde. Selon les calculs du Conseil mondial de l’or (WGC), la Russie a réalisé une acquisition record de 92,2 tonnes de métal précieux entre juin et septembre 2018 (une hausse de 50 % par rapport au troisième trimestre 2017). C’est presque trois fois plus que les investissements cumulés des deux autres acteurs majeurs du marché, la Turquie (18,5 t) et le Kazakhstan (14,4 t). Surtout, l’autorité monétaire russe pèse plus de la moitié des achats d’or effectués, sur la même période, par les banques centrales du monde entier (148,4 t). Grâce à ces acquisitions, les réserves d’or de Moscou dépassent les 2 000 tonnes pour la première fois de leur histoire (statistiques débutées en 1993). Elles représentent 17 % des réserves mondiales, pour une valeur supérieure à 78 milliards de dollars. Contrairement aux autres actifs libellés en devises ou aux titres en dépôt à l’étranger, l’or ne peut pas être gelé ni saisi. Surtout s’il est conservé en sécurité sur le sol national. Ces chiffres placent le pays au cinquième rang des détenteurs de métal jaune, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

8 novembre 2018
Économie

Le train du Grand Nord

Le train du Grand Nord est un projet de ligne ferroviaire qui, en traversant la péninsule de Iamal, relie l’Arctique russe au reste du pays. Évoquée dès les premières années de l’URSS, l’idée de construire un équivalent du Transsibérien dans l’extrême Nord avait finalement été abandonnée, pour ne resurgir qu’au début des années 2000. Et le Kremlin s’est lancé tout récemment dans la réalisation concrète de ce vieux rêve, à la conquête du royaume du permafrost. En août 2018, le Premier ministre Dmitri Medvedev annonce la signature d’un contrat de concession entre l’Agence fédérale russe chargée du transport ferroviaire, Rosjeldor, et la société SCK, créée pour l’occasion, portant sur la construction du tronçon central de la ligne ferroviaire Obskaïa-Salekhard-Nadym, dans la péninsule de Iamal. Aujourd’hui, la concurrence fait rage entre les investisseurs potentiels. Il est vrai que la proposition est alléchante : aux termes de cet accord, le concessionnaire pourra exploiter la ligne jusqu’en 2052, à des conditions extrêmement avantageuses, notamment sans avoir à payer de taxes à l’État. « Les banques publiques se battent pour un nouveau mégaprojet », « Gazprom et les chemins de fer russes pourraient construire la ligne ferroviaire la plus septentrionale du monde », « La Route morte reprend vie dans le Grand Nord russe », annonçaient récemment les grands journaux russes. Relier l’Oural à l’Arctique Les températures très froides qui règnent toute l’année dans l’extrême Nord de la Russie y rendent les grands projets de construction incomparablement plus complexes et plus coûteux qu’ailleurs. L’objectif n° 1 du Train du Grand Nord est justement de développer les infrastructures de transport dans l’Arctique russe. Un défi très ambitieux, inscrit depuis 2008 dans la Stratégie étatique de développement du transport ferroviaire en Russie à l’horizon 2030. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

7 novembre 2018
Société

Les Russes de plus en plus impliqués dans la vie politique et sociale de leur pays

Cette année, les conclusions du sondage « Responsabilité et influence », publiées le 31 octobre par le centre analytique Levada (la principale ONG russe indépendante de recherches sociologiques) réservent quelques surprises. Des citoyens plus responsables de ce qui se passe dans leur pays, plus impliqués dans leur quotidien : le cliché de Russes fatalistes et désabusés semble avoir fait long feu. Dans le détail, 28 % des personnes interrogées se sentent responsables de ce qui se passe en Russie, contre 9 % en 2007. Elles sont 32 % à se sentir concernées par la vie de leur ville (14 % l’année dernière). Quoique faible (10 %), la part des Russes qui se disent confiants dans leur capacité à influer sur la situation du pays a doublé en un an. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

6 novembre 2018