Contre-sanctions : Un remède pire que le mal ?

Les députés russes ont préparé une réponse aux dernières sanctions américaines, les plus lourdes à l’égard des milieux d’affaires russes depuis le début de la crise ukrainienne, selon les experts. Ce projet de loi de contre-sanctions, actuellement soumis à l’approbation de l’administration présidentielle et du gouvernement, ne sera proposé en première lecture à la Douma que le 15 mai prochain. Mais il provoque déjà de vifs débats dans la société, où l’on se demande, en premier lieu, qui ces restrictions visent en réalité : les États-Unis ou la Russie elle-même ?

À la différence des élus du Congrès américain, qui préparaient de nouvelles sanctions contre la Russie depuis plus de six mois (la loi CAATSA, ou « Contrer les adversaires de l’Amérique au moyen de sanctions », a été signée par le président Trump en août 2017), les parlementaires russes ont travaillé dans l’urgence : le projet de loi de contre-sanctions de la Douma a été rédigé une semaine après que les Américains avaient adopté la leur, le 6 avril.

« Nous avons envoyé ce projet de loi au président, au gouvernement, au Conseil de la Fédération, à la Chambre civile, aux commissions de la Douma et à la Chambre des comptes. Et nous allons organiser des rencontres avec les milieux d’affaires et toutes les entreprises russes qui seront liées d’une façon ou d’une autre à la mise en œuvre du projet », a annoncé le président de la Douma, Viatcheslav Volodine.

Les contre-sanctions envisagées sont extrêmement larges. Elles touchent à l’ensemble de la vie économique, depuis les importations de médicaments jusqu’aux exportations de titane, en passant par les importations d’alcool ou la maintenance des avions américains. « Nous devons disposer de tout un arsenal nous permettant de nous défendre », a commenté le vice-Premier ministre russe Arkadi Dvorkovitch, […]

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Anastasia Sedukhina

Dernières nouvelles de la Russie

Culture

« Ilia Kabakov a rendu un monde absurde tout à fait visible »

Une rétrospective d’Ilia Kabakov se tient pour la première fois à la galerie Tretiakov, à Moscou. Intitulée « Tout le monde ne sera pas du voyage vers le futur » (V boudouchtcheïé vozmout ne vsekh), elle doit son organisation au Français Jean-Hubert Martin, ancien conservateur du Musée national d’art moderne, Centre Georges Pompidou (MNAM), qui a révélé Ilia Kabakov au public européen à la fin des années 1980. Âgé de 85 ans, l’artiste vit depuis vingt-cinq ans aux États-Unis. Ses œuvres Le scarabée et La chambre de luxe sont les œuvres d’art russe contemporain les plus chères jamais vendues. Commissaire de cette rétrospective, Jean-Hubert Martin, revient sur la vie de l’artiste et sur la place qu’occupe l’art contemporain en Russie. Le Courrier de Russie : Comment avez-vous révélé Ilia Kabakov ? Jean-Hubert Martin : Il m’est apparu très rapidement que Kabakov avait un énorme talent et des capacités vraiment hors du commun. J’étais à l’époque directeur d’une Kunsthalle, un centre d’art à Berne, en Suisse, et je l’ai invité à faire une exposition. C’était un défi, parce qu’à l’époque il ne pouvait pas sortir de l’URSS, il n’avait pas de passeport, et on ne pouvait pas exporter des œuvres de Moscou ; il fallait donc réunir des œuvres qui étaient déjà sorties… Cela a été une opération un peu hors du commun. LCDR : Comment était le Kabakov de l’époque soviétique ? J.-H. M. : Il était très aimable, très accueillant, amical. Il communiquait très facilement. Je parlais allemand avec lui parce que c’était la seule langue étrangère qu’il maîtrisait. Aujourd’hui encore, d’ailleurs, nous parlons souvent allemand ensemble. Il ne parle pas très bien anglais, même s’il vit depuis longtemps à Long Island, aux États-Unis. LCDR : Vous avez immédiatement perçu tout son potentiel ? J.-H. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

18 septembre 2018
Économie

L’Empire toujours réinventé de Mikhaïl Goutseriev

Forbes Russie vient de publier son classement des familles les plus riches du pays. Pour la quatrième année consécutive, les Goutseriev dominent le classement. Comment cette dynastie est-elle devenue la plus prospère de Russie ? Cette année, le classement de l’édition russe de Forbes, dont la première livraison remonte à 2014, n’incite pas à l’optimisme : les dix familles les plus riches du pays ont vu leur fortune se réduire comme peau de chagrin et certaines ont connu de grosses difficultés, qu’il s’agisse du transfert à l’État d’une partie de leurs avoirs ou de comptes à rendre à la justice. La famille Goutseriev – plus précisément Mikhaïl Goutseriev, âgé de 60 ans et fondateur du groupe Safmar, son frère Saïd-Salam, copropriétaire du groupe, Saïd, fils de Mikhaïl, et son neveu Bilan Oujakhov – figure constamment dans le classement de Forbes. Le groupe Safmar, très diversifié, comprend notamment les sociétés pétrolières RussNeft et Neftis, le producteur biélorusse de potassium Slavkali, des fonds de pension privés et des centres d’affaires à Moscou et à Londres. L’an dernier, les Goutseriev ont subi des pertes importantes : leur fortune s’est réduite de 3,94 milliards de dollars et Mikhaïl Chichkhanov, autre neveu de Mikhaïl Goutseriev, a été rayé de la liste des membres de la famille. Cette décision est liée à la situation extrêmement difficile dans laquelle s’est retrouvée Binbank, jadis un des avoirs les plus importants de la famille Goutseriev. Elle était gérée par Mikhaïl Chichkhanov, chargé des finances du groupe Safmar depuis le milieu des années 1990. Autrefois douzième banque russe en termes d’actifs, Binbank s’est retrouvée au bord de la faillite il y a environ un an et demi. En septembre 2017, elle est entièrement passée sous le contrôle de l’État. « Si je n’avais pas été vice-président de la Douma, il m’aurait été impossible de développer mes affaires. À l’époque, aucune entreprise ne pouvait prospérer sans un soutien venu d’en haut. » Mikhaïl Goutseriev a accusé son neveu de la faillite de la banque et le clan, naguère puissant, des Goutseriev-Chichkhanov a cessé d’exister. Le poste de Mikhaïl Chichkhanov a été confié à un autre neveu de Mikhaïl Goutseriev, Bilan Oujakhov, âgé de 31 ans, auquel ont été transmis 10 % des actions de la chaîne de magasins d’électronique M.Video, dont il a également été nommé directeur général. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

17 septembre 2018
Économie

Les entrepreneurs russes perdent confiance

Les tensions économiques et géopolitiques autour de la Russie ne pouvaient pas ne pas se répercuter sur le monde des affaires. 84 % des entreprises du pays se disent prêtes à céder leurs actifs, et seules 32 % ont l’intention d’en acquérir de nouveaux au cours de l’année à venir. Tels sont les résultats d’un sondage effectué par une équipe internationale d’experts. Le Courrier de Russie fait le point sur la situation. Dans un rapport, qui vient d’être publié par EY International à partir d’une étude menée en mars-avril 2018 auprès de soixante chefs d’entreprises russes ‒ dans quatorze secteurs d’activité différents, comme le pétrole et le gaz, les services financiers, les télécommunications et le fret ‒, 84 % d’entre eux se disent prêts à céder leurs actifs (33 % des actifs non rentables et 51 % des actifs représentant un « risque de cessation d’activité »). En Russie, le début du mois de septembre est surnommé « l’intersaison » : l’été n’est pas tout à fait terminé et l’automne n’a pas encore véritablement commencé. Cette année, l’économie russe connaît elle aussi, selon l’économiste Alexeï Ivanov, une « intersaison », c’est-à-dire une période de flottement. Celle-ci a toutefois démarré dès le début du printemps, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

13 septembre 2018