Telegram a annoncé créer sa propre cryptomonnaie. Crédits : DR

Russie/USA : Telegram sous pression

Moscou menace de bloquer la populaire messagerie cryptée Telegram dans les semaines à venir si sa direction ne transmet pas au Service fédéral de sécurité (FSB) les clés de décryptage des messages échangés par ses utilisateurs. Inquiet de perdre le contrôle de son entreprise et, par ailleurs, mis sous pression par les autorités américaines, Pavel Dourov, créateur de l’application, limite le cercle des investisseurs potentiels.

Le mois d’avril sera déterminant pour Pavel Dourov et Telegram, suite au refus de la Cour suprême de Russie, le 20 mars, de reconnaître comme illégale – à la demande de P. Dourov – l’exigence du FSB d’avoir accès aux clés de décryptage des messages échangés par les utilisateurs. Selon le fondateur de l’application, la démarche du FSB est une violation de la Constitution russe, qui garantit le secret des correspondances privées. Le FSB rétorque que ce droit protégé par la loi ne concerne pas les services de messagerie.

Dourov vs FSB

Forte de la décision de la Cour suprême, l’agence de surveillance des télécommunications Roskomnadzor a informé Telegram de la nécessité de transmettre dans les quinze jours les clés de décryptage au FSB. Dans le cas contraire, l’application sera bloquée. Telegram risque ainsi de connaître le même sort que LinkedIn, inaccessible en Russie depuis la fin de 2016 en raison du refus de sa direction de déplacer dans le pays les serveurs où sont stockées et traitées les données personnelles de ses utilisateurs russes.

Pavel Dourov campe toutefois sur ses positions : « Ces menaces n’aboutiront pas. Telegram protégera la liberté et la vie privée de ses utilisateurs », a-t-il écrit sur son compte Twitter, signifiant son refus de se soumettre aux exigences du FSB. […]

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Anastasia Sedukhina

Dernières nouvelles de la Russie

Économie

Cyber-escroquerie : des banques russes un peu trop zélées ?

Des clients de grandes banques russes se sont plaints de vérifications exagérées suite à des virements de montants très peu élevés, inférieurs à 1 000 roubles (environ 13 euros). Les banques auraient exigé de connaître l’origine des fonds et le motif des virements, menaçant, dans le cas contraire, de bloquer les comptes. Pour la presse, ces rumeurs pourraient être liées au renforcement de la lutte contre la cyber-escroquerie et le blanchiment d’argent. L’alerte a été donnée le 27 novembre, par un article des Izvestia, citant les témoignages de clients de trois grandes banques russes : Binbank, Tinkoff-bank et Sberbank. Ces derniers affirment avoir été contactés par les représentants du service fédéral de surveillance financière, les sommant de présenter à leurs banques, sous trois jours, plusieurs documents concernant les derniers virements effectués depuis leurs comptes vers ceux d’autres personnes. Les clients ont dû préciser l’origine des fonds et le motif des virements, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

3 décembre 2018
Politique

Les terres du conservatisme Poutinien

En septembre dernier, la Haute École d’Économie publiait une étude établissant un lien entre le conservatisme avéré d’une dizaine de régions du sud et de l’est de la Russie, et leur soutien sans faille à Vladimir Poutine depuis le début des années 2000. Le territoire de Krasnodar et les régions d’Astrakhan, de Briansk, de Belgorod, de Koursk, de Lipetsk, de Moscou (hors la capitale elle-même), de Nijni-Novgorod, d’Oulianovsk, de Penza, de Riazan, de Tambov, de Toula, de Volgograd et de Voronej, forment une vaste zone acquise à Vladimir Poutine depuis plus de quinze ans, écrivent les auteurs de l’étude, Andreï Chtcherbak et Maria Oukhvatova. Lors de l’élection présidentielle de mars 2018, le locataire du Kremlin a ainsi remporté 80 % des suffrages dans cet espace géographique où le parti au pouvoir, Russie unie, est aussi très populaire. Du communisme à l’orthodoxie Ces régions majoritairement agricoles (dont une partie des « Terres noires », longue bande très fertile, qui va de l’Ukraine à la Sibérie) s’étendent au sud et à l’est de Moscou et se distinguent par une population très croyante, pour laquelle le respect des préceptes religieux (jeûnes, confession, prières…) revêt une importance primordiale. Cette caractéristique leur vaut d’être qualifiées de «  ceinture orthodoxe » par les deux chercheurs. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

Crédits Image : Kommersant29 novembre 2018
Politique

Dmitri Orechkine :
« Chaque région russe vit dans un temps social qui lui est propre »

Le politologue et géographe Dmitri Orechkine étudie depuis longtemps les comportements électoraux de la population russe. Pour lui, la théorie d’une « ceinture orthodoxe » (cf. article « Les terres du conservatisme poutinien »), composée d’une dizaine de régions du sud et de l’est de la Russie et favorable au pouvoir, est fondée. À quelques nuances près… LCDR : Partagez-vous l’analyse des chercheurs de la Haute École d’Économie sur l’existence d’une « ceinture orthodoxe » acquise au pouvoir ? Dmitri Orechkine : En partie. Je reconnais que la majorité des régions citées ont un comportement électoral analogue. Toutefois, je n’irais pas jusqu’à dire que la foi orthodoxe et les questions religieuses jouent un rôle prépondérant, même si elles influencent, à la marge, les choix des électeurs. Par exemple, l’étude inclut la région de Moscou (à l’exclusion de la ville de Moscou elle-même) dans la « ceinture orthodoxe », malgré la forte présence de populations musulmanes originaires du Caucase et d’Asie centrale. De manière générale, en Russie, il convient de considérer le processus électoral comme un système mettant aux prises des élites locales dévouées au pouvoir (ce qu’on appelle le « facteur administratif ») à une opinion publique très différente d’une région à l’autre. Par exemple, le fort soutien au Kremlin observé en Tchétchénie, au Daghestan et dans d’autres régions du Caucase, est principalement le résultat des prises de positions des autorités locales. En revanche, à Moscou, à Saint-Pétersbourg, ou dans des régions lointaines de Sibérie et d’Extrême-Orient, où l’opposition connaît un succès supérieur à la moyenne, le tableau n’est pas le même : les relais du pouvoir n’ont pas la même emprise sur la population. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

Crédits Image : Kommersant29 novembre 2018

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