Les fromages de la fromagerie Beau Rêve. Crédits : DR

Beau Rêve, la fromagerie franco-russe anti-sanctions

Vladimir Borev, journaliste et docteur en philosophie, est devenu le premier membre russe de la Confrérie des chevaliers du taste-fromage de France. Le Courrier de Russie s’est rendu à Beau Rêve, sa ferme dans la région de Lipetsk.Le village de Maslovka, à cinq heures de route de Moscou, n’apparaît ni dans les guides touristiques, ni sur les systèmes de navigation. Son unique habitant, Vladimir Borev, s’est installé ici en 2011, rachetant une ancienne propriété aristocratique à demi en ruine et 200 hectares de pâturage. Vous êtes à l’arrêt d’autobus décoré de reproductions de natures mortes de l’école flamande ? Vous voilà arrivés : ici, dans cette grande maison de pierre installée sur les bords du Don, on fabrique du fromage russe dans les plus pures traditions françaises ancestrales.C’est dès le début des années 1990 que Vladimir Borev, avec quelques collègues journalistes, s’est lancé, dans la région de Moscou, dans un petit élevage de moutons, vaches, brebis, chèvres, chevaux et porcs. « On n’avait pas d’argent, et la nourriture que l’on trouvait en ville était mauvaise - nous avons décidé de tout cultiver nous-mêmes », se souvient-il, dans un français parfait. Vladimir, petit-fils d'une grand-mère aristocrate qui parlait exclusivement français à la maison, enfant du quartier de l'Arbat, dans le centre moscovite historique, et étudiant en journalisme et en philosophie à Paris, n'avait jamais eu le moindre lien avec la culture de la terre. « Et je n'aurais jamais imaginé me découvrir l'âme d'un paysan », reconnaît-il dans un sourire. Sa première petite exploitation a grandi peu à peu, le bétail s'est multiplié - et les voisins l'ont de plus en plus jalousé.

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Rusina Shikhatova

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