Des chèvres françaises à l’assaut de Smolensk

Décidés à se lancer dans la fabrication du fromage, un homme d’affaires russe et sa famille ont acheté un troupeau de chèvres françaises et fait venir un consultant de l’Hexagone. Aujourd’hui, leur production fait le bonheur des Moscovites. Le Courrier de Russie a fait un tour à leur ferme.

L’histoire de la société Ko&Co commence en 2006 – bien avant les sanctions européennes et l’embargo alimentaire. Cette année-là, Iouri Igochine, fondateur de l’entreprise IT Microtest, achète une parcelle de terrain dans les environs de Smolensk.

C’est un peu par hasard que Iouri, originaire de l’Oural et ayant longtemps travaillé à Moscou, opte pour Smolensk, simplement parce que la région est aisément accessible depuis la capitale : quatre heures de voiture et vous voilà en pleine nature, loin de l’agitation de la grande ville. Le businessman aurait pu s’y faire construire une luxueuse datcha mais il a fait le choix d’une ferme fromagère – et familiale. Son fils Kirill est le directeur commercial de l’exploitation ; sa fille, Daria, est la fromagère en chef ; et le mari de cette dernière, Roman Vorobiov, est responsable de l’élevage de chèvres.

C’est lui qui vient me chercher à la gare de Smolensk. Nous parcourons 30 km pour gagner la ferme – dont le dernier dans la boue, sur un sentier de terre. À l’entrée, nous sommes accueillis par un chat. « C’est notre assistant junior, me dit Roman. Il attrape tous les rongeurs, qui sont des nuisibles dangereux pour une ferme. »

J’aperçois d’abord deux locaux : la fromagerie et une petite maison, où Roman et sa femme se sont installés après avoir quitté Ekaterinbourg, en 2015. Iouri, qui vient souvent de Moscou rendre visite à l’entreprise familiale, est aussi là aujourd’hui. Il précise avoir établi un business plan détaillé avant de construire sa ferme. « Dans l’alimentaire, à la différence du secteur des technologies de pointe, par exemple, où j’ai l’habitude de travailler, on peut encore créer sa propre production », m’explique-t-il, alors que nous faisons le tour de la propriété. Iouri souligne qu’il était attiré par ce marché, où, pour le citer, « la qualité du produit détermine encore la demande ». « En outre, même en période de crise, la nourriture est la dernière chose à laquelle renonce le consommateur », ajoute-t-il, pragmatique.

L’entrepreneur n’a pas eu besoin de demander un crédit. Ses 200 millions de roubles (3,3 millions d’euros), […]

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Rusina Shikhatova

Dernières nouvelles de la Russie

Culture

Le retour du grand roman russe

En 2015, le premier roman de Gouzel Iakhina, Zouleikha ouvre les yeux, s’imposait dans la littérature russe, devenant aussitôt un best-seller national. Ce récit de la dékoulakisation, qui conduit le lecteur du Tatarstan à la Sibérie est aujourd’hui traduit en 16 langues. Le Courrier de Russie a rencontré sa traductrice française, Maud Mabillard. Le Courrier de Russie : Parlez-nous de votre première rencontre avec Zouleikha… Maud Mabillard : J’ai découvert ce texte alors que j’étais à Krasnoïarsk, en Sibérie, près du lieu de l’action du livre. On m’en avait parlé avec un enthousiasme rare, et je m’étais précipitée dans les librairies, mais elles étaient toutes en rupture de stock… J’ai fini par le trouver et appris que l’éditeur pour lequel je travaille possédait les droits de traduction. Je travaillais à l’époque sur une autre traduction, dont l’action se passait aussi en Sibérie : La zone d’inondation, de Roman Sentchine, qui parle de la destruction d’un village. Or le roman de Gouzel Iakhina parle de la construction d’un village… LCDR : Qu’est-ce qui a été le plus difficile, pour vous ? M.M. : Outre le récit extraordinaire, très cinématographique, plein d’aventures, ce roman est très beau, le style, la langue en sont très harmonieux. Et je savais que si j’échouais à rendre la force de cette écriture, la moitié du livre serait perdue. C’est sans doute ce qui a été le plus difficile : préserver la mélodie du texte, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

16 février 2018
En régions

Norilsk, une ville nickel

Située au-delà du cercle polaire, Norilsk est considérée comme la ville de plus de 150 000 habitants la plus septentrionale, la plus froide et l’une des plus polluées du monde. Le Courrier de Russie a tenté de comprendre ce qui se cachait derrière tous ces superlatifs. Reportage. Ville fermée Norilsk se situe à près de 3 000 kilomètres de Moscou, dans le nord de la région de Krasnoïarsk, à 300 km au nord du cercle polaire. Toutefois, pour vous y rendre, il vous faudra traverser près de la moitié du pays. Aucune voie ferrée ou route ne reliant la ville, le moyen le plus rapide de gagner Norilsk est l’avion (4 heures de vol). Par la mer, le trajet – en brise-glace – depuis Mourmansk prendrait une semaine. Norilsk a longtemps été une cité fermée, peuplée exclusivement des employés et ouvriers du combinat de nickel et de leurs familles. Une tendance qui perdure relativement aujourd’hui : seuls les citoyens russes peuvent entrer librement dans la ville ; les étrangers doivent obtenir une autorisation préalable. Le Saint-Pétersbourg polaire Les bâtiments du centre de Norilsk, construits à la fin des années 1940, forment un ensemble architectural unique, qui n’est pas sans rappeler Saint-Pétersbourg. Ce n’est pas un hasard : Vitold Nepokoïtchitski, l’architecte de la ville, a étudié dans la capitale du Nord et considérait l’école d’architecture de Leningrad comme la seule valable. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

21 novembre 2017
Économie

Tastin’France : des viticulteurs français à l’assaut du marché russe

Le bureau moscovite de Business France a organisé début novembre une série de dégustations de vins et spiritueux français en Russie et CEI. Baptisé Tastin’France, l’événement a démarré le 30 octobre à Almaty, au Kazakhstan, avant d’investir Moscou, puis Ekaterinbourg. Malgré la crise, 23 sociétés françaises sont venues présenter leurs produits en Russie et au Kazakhstan. « C’est un signe de l’intérêt que portent les producteurs de vin français au marché russe », a déclaré Sylvie Bermann, ambassadeur de France en Russie, face aux participants de l’événement à Moscou, le 1er novembre. La salle de conférence de l’hôtel moscovite Lotte Plaza est devenue, pour cette demi-journée, un lieu de rencontre entre viticulteurs français et distributeurs russes. Certains des présents ne cachaient pas leur enthousiasme, à l’image de Josiane Chassagnard, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

6 novembre 2017

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