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La Russie, premier exportateur mondial de blé en 2016

L’année 2016 a été fertile pour la Russie, qui est devenue le premier exportateur mondial de blé devant les États-Unis et la France, révèle une analyse du Centre russe pour l’exportation. Explications.

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Moisson dans un champ de blé. Crédits : Pixabay

La Russie a exporté 25 millions de tonnes de blé en 2016, soit 14% de plus que l’an dernier, indique le Centre russe pour l’exportation (CRE), dans un communiqué de presse transmis au Courrier de Russie.

Comme en 2015, l’Égypte est le premier importateur de blé russe, avec environ 5,7 millions de tonnes achetées. L’analyse cite également, au nombre des principaux acheteurs, la Turquie, le Bangladesh, le Nigeria, l’Azerbaïdjan, le Yémen, le Soudan, l’Iran, le Maroc, l’Afrique du Sud et le Liban, sans toutefois préciser les volumes.

La Russie dépasse ainsi en 2016 ses principaux concurrents : les États-Unis ont exporté environ 24 millions de tonnes,  le Canada et l’Australie – 20 millions de tonnes,  et la France : 18 millions de tonnes.

Le rapport Céréales : marchés mondiaux et commerce du Département de l’agriculture des Etats-Unis (USDA), publié en janvier 2017, confirme également la position de la Russie en tant que premier exportateur mondial de blé.

Des conditions propices

Port Novorosiisk
Port de Novorossiisk, dans la région de Krasnodar, un des plus importants ports de commerce de la mer Noire. Crédits : novpt.ru

Selon Andreï Morev, directeur général de A8 Praktika, agence russe de conseil et d’analyse spécialisée dans le domaine agricole, ces chiffres records résultent de quatre facteurs principaux.

« Tout d’abord, ces exportations importantes ont été rendues possibles par des rendements élevés de la production russe de blé en 2015 (61,8 millions de tonnes) et 2016 (72,2 millions de tonnes) », a commenté au Courrier de Russie le spécialiste, précisant que les meilleures récoltes ont été enregistrés dans les régions du sud du pays : Krasnodar, Stavropol et Rostov-sur-le-Don.

Des résultats qu’Andreï Morev lie à l’amélioration progressive des conditions de stockage du grain et des moyens logistiques. « Les fermes utilisent de nouveaux silos à grain, et d’anciennes exploitations agricoles sont en train d’être reconstruites. Le transbordement dans les ports russes se passe également mieux. Le volume de leurs capacités, qui est déjà de 45 millions de tonnes par an, devrait s’accroître au cours des deux prochaines années avec la reconstruction des terminaux céréaliers », poursuit l’expert.

D’autre part, les États-Unis ont vu leur production de blé réduite, du fait notamment de stocks précédents élevés. Et la dépréciation du rouble, début 2016, a aussi apporté sa pierre à l’édifice. « Tous ces éléments, conjugués, ont libéré de nouveaux marchés – et, de fait, des revenus supplémentaires – pour les exportateurs russes, notamment en Afrique du Nord », explique le directeur d’A8 Praktika.

Une « puissance agricole mondiale »

Alexandre Tkatchev
Alexandre Tkatchev, ministre de l’agriculture russe. Crédits : ministère de l’agriculture de Russie

Dans une interview au quotidien Rossiïskaïa Gazeta publiée le 22 janvier, le ministre russe de l’agriculture, Alexandre Tkatchev, a déclaré que la Russie avait exporté pour 17 milliards de dollars de produits agricoles en 2016, soit 4% en plus qu’en 2015.

Pour le ministre, le complexe agro-industriel russe est indubitablement devenu un secteur moderne et compétitif de l’économie nationale. « La production de céréales a augmenté d’un tiers au cours des sept dernières années. Depuis dix ans, la production de volailles a triplé et celle du porc a doublé. Ainsi, la Russie a aujourd’hui atteint l’autosuffisance en céréales, viande, huile végétale, sucre et pommes de terre. Nos partenaires étrangers ont réalisé que nous pouvions vendre autre chose que du pétrole, et devenir une véritable puissance agricole mondiale », s’est félicité Alexandre Tkatchev.

En octobre 2016, dans une analyse consacrée à la production céréalière nationale, l’agence Bloomberg avait déjà qualifié la Russie de « superpuissance céréalière » en raison des « chiffres records » de sa production globale en 2016 : 119 millions de tonnes, selon les données officielles russes.

« La Russie occupera longtemps le rang de principal exportateur céréalier, [tandis que] les autres producteurs devront lutter davantage afin de conserver leurs parts de marché », avait alors estimé le directeur général de l’agence de conseil en matières premières Market Check, Tom Basnett, cité par Bloomberg.

Elodie-Louise Testa

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