Le pétrole et le gaz face aux sanctions

Le secteur économique russe ayant été le plus touché par les sanctions occidentales est celui du pétrole et du gaz. Quel a été l’impact de celles-ci sur les projets pétro-gaziers de la Russie et à quel point ont-elles modifié les rapports de force sur le marché énergétique ?

Le 6 août 2014, un tournant s’est opéré dans l’histoire moderne du secteur pétro-gazier russe : c’est ce jour-là précisément que les États-Unis ont interdit le transfert en Russie d’équipements et de technologies destinés à l’extraction d’hydrocarbures. Les sanctions américaines ont touché dans sa quasi-totalité le secteur russe du pétrole et du gaz. Dans un premier temps, l’interdit a frappé la vente d’équipements d’extraction pétrolière en eau profonde (à plus de 152 mètres de profondeur), d’exploitation de l’Arctique, d’extraction de pétrole et de gaz de schiste ; ainsi que le transfert de technologies d’extraction non traditionnelle : plateformes de forage, matériel sous-marin, pompes à haute pression, etc.

Un mois plus tard, ces restrictions se sont étendues à des sociétés concrètes, aussi bien publiques (Rosneft, Gazprom et Gazprom Neft) que privées (Lukoil, Novatek et Surgutneftegaz). Les mesures adoptées visent à suspendre le transfert de technologies et de matériel, y compris par le biais d’intermédiaires. En outre, comme cela avait été annoncé plus tôt, les États-Unis ont interdit aux principales compagnies pétro-gazières russes de contracter des crédits américains de plus de 90 jours.

Des sanctions ont également été imposées par l’Union européenne, mais, il est vrai, dans une moindre mesure : la livraison d’équipement d’exploration et d’extraction de pétrole en eau profonde ainsi que de pétrole de schiste est désormais interdite. Trois compagnies pétrogazières publiques (Rosneft, Transneft et Gazprom Neft) se sont vu fermer l’accès à des financements de longue durée. Ce n’est un secret pour personne : le secteur le plus important de l’économie russe est celui du pétrole et du gaz. Les hydrocarbures représentent deux tiers des exportations nationales et la moitié du budget du pays est alimentée par les taxes sur leur extraction et leur exportation. Il n’est donc pas exagéré de dire que l’état du secteur pétro-gazier russe permet de juger de l’ensemble de l’économie du pays et du bien-être de sa population.

Sanction Victim

Quelles ont été les conséquences des sanctions ? « Parmi les victimes, on retrouve les projets d’exploration et d’exploitation des ressources de l’Arctique ainsi que ceux en eau profonde dans la partie russe de la mer Noire. Selon toute vraisemblance, ces projets seront tout de même réalisés, mais plus tard que prévu. La rapidité de leur exécution dépendra directement du programme de substitution aux importations », explique Vladimir Bobylev, directeur général de la société de conseil RPI. Pour éviter de se voir infliger des amendes très élevées, les entreprises occidentales ont été contraintes de renoncer à leurs projets. C’est dans ces circonstances que le gouvernement russe rappelle régulièrement la nécessité de trouver des substituts aux importations dans le secteur pétrogazier. […]

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Anastasia Sedukhina

Dernières nouvelles de la Russie

Société

Elena Batourina, Madame oligarque

Elena Batourina n’a pas quitté le classement Forbes des plus grandes fortunes du pays depuis sa première apparition dans la liste, en 2004. Son patrimoine, estimé à un milliard de dollars, elle ne le doit ni à un héritage ni à un divorce. Uniquement à son travail. Et peut-être à l’influence de son mari, Iouri Loujkov, maire de Moscou de 1992 à 2010. Portrait. Elena Batourina est née en 1963 à Moscou, dans une famille d’ouvriers. Pour payer ses études, elle travaille, dès l’âge de dix-sept ans, comme dessinatrice industrielle dans la même usine que ses parents. La jeune fille y touche un salaire plutôt généreux de 180 roubles (à titre de comparaison, un ministre émarge alors à 600-800 roubles). Au bout d’un an et demi, elle s’inscrit aux cours du soir de l’Institut de direction de Moscou (l’URSS ne connaît pas encore d’école de management). Dans la journée, elle est employée dans diverses institutions, notamment au Comité exécutif du conseil de Moscou, où elle rencontre son futur mari, Iouri Loujkov, alors premier vice-président du comité. Il a vingt-sept ans de plus qu’elle. Le mariage est célébré en 1991, l’année de l’avènement du capitalisme sauvage en Russie. Premiers pas dans les affaires Peu avant son mariage, Elena Batourina s’était lancée dans les affaires avec son frère Viktor. « Nous avons touché à peu près à tout. Nous nous sommes même occupés de matériel informatique : nous achetions des ordinateurs et nous les revendions après les avoir reprogrammés. C’est comme ça que nous avons gagné nos premiers dollars », se souvient la milliardaire dans un entretien accordé au magazine Ogoniok en 2012. Ensemble, ils fondent une entreprise, Inteko, et se lancent dans la production d’objets en plastique : seaux, bassines, chaises de jardin, etc. Pour Elena Batourina, c’est le début de la réussite financière. La carrière politique de son mari est, elle aussi, marquée au sceau de la réussite. Elle prend un tournant décisif, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

19 novembre 2018
Politique

Le Kremlin veut dompter les messageries

À partir du printemps prochain, chaque compte de messagerie instantanée devra être associé à un numéro de téléphone enregistré en Russie, afin de pouvoir fonctionner dans le pays. Officiellement, la nouvelle législation répond à une nécessité pour lutter contre le terrorisme et la publicité intrusive. La loi instaurant des amendes pour les messageries qui ne vérifient pas l’identité de leurs utilisateurs est entrée en vigueur le 1er janvier 2018. Jusqu’à maintenant, elle n’était pas appliquée faute d’un texte précisant la procédure exacte d’identification. Un décret, signé fin octobre par le Premier ministre Dmitri Medvedev, comble cette lacune. Identification expresse en vingt minutes Dorénavant, afin d’enregistrer chacun de leurs clients, les messageries instantanées devront faire une demande d’authentification auprès des opérateurs téléphoniques. Ces derniers disposent en effet des données personnelles (nom, prénom, numéro de passeport) de leurs abonnés. Chaque demande d’identification devra être satisfaite en vingt minutes, sous peine d’échec de connexion à la messagerie. Selon Roskomnadzor, l’autorité russe de contrôle des communications et d’internet, il s’agit de créer un système de communications sûr pour la population et pour l’État. Si les données fournies par l’utilisateur ne correspondent pas à celles détenues par l’opérateur téléphonique (par exemple, en cas d’achat de carte SIM « sous le manteau », sans enregistrement du passeport), l’accès aux services de messagerie sera refusé. Enfin, tout changement de numéro de téléphone devra entraîner une nouvelle procédure d’authentification de l’utilisateur. Les messageries qui n’appliqueront pas ces nouvelles règles verront leur responsabilité administrative engagée. Alexandre Jarov, directeur de Roskomnadzor, l’autorité russe de contrôle des communications et d’internet, a qualifié d’indispensable cette nouvelle disposition législative, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

14 novembre 2018
Économie

La Russie se rue vers l’or

Depuis dix ans, la Russie augmente ses réserves d’or. La dynamique s’est même accélérée ces derniers mois. Au troisième trimestre 2018, la Banque centrale russe était le premier acheteur du métal jaune au monde. Selon les calculs du Conseil mondial de l’or (WGC), la Russie a réalisé une acquisition record de 92,2 tonnes de métal précieux entre juin et septembre 2018 (une hausse de 50 % par rapport au troisième trimestre 2017). C’est presque trois fois plus que les investissements cumulés des deux autres acteurs majeurs du marché, la Turquie (18,5 t) et le Kazakhstan (14,4 t). Surtout, l’autorité monétaire russe pèse plus de la moitié des achats d’or effectués, sur la même période, par les banques centrales du monde entier (148,4 t). Grâce à ces acquisitions, les réserves d’or de Moscou dépassent les 2 000 tonnes pour la première fois de leur histoire (statistiques débutées en 1993). Elles représentent 17 % des réserves mondiales, pour une valeur supérieure à 78 milliards de dollars. Contrairement aux autres actifs libellés en devises ou aux titres en dépôt à l’étranger, l’or ne peut pas être gelé ni saisi. Surtout s’il est conservé en sécurité sur le sol national. Ces chiffres placent le pays au cinquième rang des détenteurs de métal jaune, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

8 novembre 2018