La Russie dit adieu aux fourrures illégales

Depuis le mois d’octobre, Rospotrebnadzor, le service fédéral russe de protection des consommateurs, procède au contrôle massif des principaux marchés de fourrures de Moscou, qui a déjà entraîné la saisie de centaines de pelisses importées illégalement en Russie. À en croire les autorités, faire sortir la fourrure de la clandestinité pourrait rapporter chaque année jusqu’à 14 milliards de roubles (environ 200 millions d’euros) au budget. Cet optimisme n’est toutefois pas partagé par les commerçants, qui songent soit à fermer boutique, soit à trouver de nouveaux moyens de contourner la législation. Le quotidien économique RBC a mené l’enquête.

Dernières démarques

Les acheteurs qui ont profité de leurs week-ends d’octobre pour se rendre dans les échoppes de fourrures du marché Sadovod, situé au sud-est de la capitale russe, ont eu un sacré coup de chance. Certains vendeurs de pelisses proposaient ces jours-là des remises extraordinaires. On pouvait ainsi trouver des vestes en vison pour femme à 25 000 roubles (350 €), contre les 40 000 roubles (565 €) habituels.Les commerçants ont expliqué à RBC la raison de cette générosité : la direction du marché les a prévenus d’un prochain contrôle effectué par Rospotrebnadzor, qui consistera à vérifier la présence d’une puce sur les articles de fourrure. « Il ne nous reste plus grand-chose. Le patron nous a dit de tout liquider et de fermer. Nous allons mettre la clé sous la porte. Les puces et le dédouanement vont augmenter le prix de vente : ce commerce n’aura plus de sens », explique un des vendeurs à RBC.

De l’utilité des puces

L’idée de marquer électroniquement les articles de fourrure est apparue pour la première fois au niveau gouvernemental en mai 2014. En mars 2016, le gouvernement a publié un arrêté sur l’organisation d’une expérience de marquage volontaire des fourrures, qui proposait aux acteurs du marché d’introduire les données relatives à leurs marchandises dans un système d’information unifié et de recevoir des marqueurs RFID (radio frequency identification) fabriqués par l’entreprise Goznak.

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Traduit par Maïlis Destrée

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