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L’avenir du tourisme en Russie

Depuis quelque temps, le tourisme est devenu un thème à l’importance étatique en Russie. Début juin, Vladimir Poutine discutait des perspectives du développement touristique avec les membres du gouvernement. Un mois plus tôt, Oleg Safonov, directeur de l’agence fédérale du tourisme Rostourism, faisait remarquer qu’avec son potentiel touristique, la Russie pourrait faire partie des trois pays les plus visités au monde. Est-il possible d’accroître la popularité des destinations russes auprès des étrangers et des Russes eux-mêmes ? Quels sont les défis qui se posent dans ce secteur économique ?

Les touristes en Russie : qui sont-ils et d’où viennent-ils ?

Selon l’Organisation mondiale du tourisme, en 2015, la Russie a accueilli 31,6 millions de touristes, soit 6,2 % de plus qu’en 2014. Cet afflux a permis au pays de se hisser d’une place et de désormais occuper la 8e position au classement des pays les plus visités, dont le trio de tête est formé depuis plusieurs années par la France, les États-Unis et l’Espagne.

Benoît Lardy, président de l’agence de voyages Tsar Voyage, qui accueille des étrangers en Russie depuis plus de 10 ans, explique cette augmentation avant tout par la dévaluation de la devise nationale : après la chute du rouble, la Russie est devenue une destination bon marché. « En outre, malgré sa situation géopolitique, la Russie est un pays sûr. Face à l’augmentation des tensions dans les pays d’Afrique du Nord, en Turquie et au Proche-Orient, elle est devenue bien plus attrayante », ajoute M. Lardy.

Selon le président de Tsar Voyage, le tourisme historico-culturel et le tourisme sportif sont les plus prisés des étrangers. Pour ce qui est du premier, il est particulièrement populaire auprès des Européens d’un certain âge. « Ils aiment la littérature et l’art russes et viennent visiter le Bolchoï et le Mariinski ainsi que les endroits liés aux œuvres littéraires russes », explique M. Lardy. Le tourisme sportif attire quant à lui des voyageurs plus jeunes et plus actifs, qui se rendent volontiers dans l’Altaï, en Carélie, dans le Caucase du Nord et au Kamtchatka.

À en croire Benoît Lardy, Moscou attire plus qu’avant les jeunes Européens et leur donne davantage l’image d’une ville active et intéressante.

Outre l’âge, le pays d’origine des touristes a également changé. À l’instar de Benoît Lardy, Elena Djandjougazova, directrice de l’Institut de recherche sur l’industrie hôtelière de l’université russe d’économie Plekhanov, relève en particulier la hausse du nombre de touristes chinois en Russie. Sur son site internet, Rostourism indique que plus d’un million de Chinois ont visité la Russie en 2015. Ceux-ci se tournent plus volontiers vers l’« itinéraire rouge », consacré à la vie de Lénine et qui leur fait découvrir Moscou, Saint-Pétersbourg, Kazan et Oulianovsk. Selon Rostourism, on observe également une augmentation du flux de touristes originaires d’Iran et de Corée du Sud, pays pour lequel la Russie a instauré un régime sans visa en 2014.

« Grâce à l’organisation d’années croisées du tourisme avec la France et l’Espagne, la Russie s’attend à accueillir davantage de visiteurs en provenance de ces pays, […]

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Anastasia Sedukhina

Dernières nouvelles de la Russie

Société

Big Data :
Moscou vous observe

Depuis 2015, la mairie de Moscou achète aux grands opérateurs de téléphonie mobile des données numériques concernant les déplacements quotidiens des citadins. En principe pour améliorer ses services de transport…Aujourd’hui, la mairie de la capitale russe sait où vivent les Moscovites, quand et comment ils se rendent au travail ou à la campagne, quels quartiers, quels restaurants et clubs de sport ils fréquentent, etc. Autant de renseignements déduits des données de géolocalisation des smartphones, achetés par son département des Technologies de l’information auprès des grands opérateurs nationaux de téléphonie mobile.Géolocalisation du quotidienMoscou et sa région ont été divisés en parcelles de 500 mètres carrés. L’analyse des données mobiles permet désormais aux autorités municipales de connaître avec précision le nombre de personnes qui y vivent ou y travaillent : le « domicile » d’un individu est défini comme l’endroit où il passe régulièrement la nuit, et son « lieu de travail », celui qu’il fréquente entre 10h et 17h. Une carte SIM est localisée chaque jour, toute la journée, en plusieurs endroits de la ville ? Aucun doute : son propriétaire exerce un métier itinérant (livreur, chauffeur, etc.).Le passage au big data urbain a permis à la mairie d’opérer une véritable « révolution » en matière de régulation des transports.Depuis 2015, l’acquisition de ces informations sur la vie et le comportement des moscovites constitue une part non-négligeable du budget municipal. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

14 mars 2019
Économie

L’économie souterraine
au grand jour

Le 11 mars 2019, le président Vladimir Poutine s’est entretenu avec le patron du service fédéral de surveillance financière (Rosfinmonitoring), Iouri Tchikhantchine. Les deux hommes ont notamment évoqué le volume représenté par l’économie souterraine en Russie : quelque 270 milliards d’euros, soit environ 20 % du PIB du pays en 2018.Anatoli Novikov (le nom a été changé), cinquante-trois ans, mène la vie dont beaucoup de gens rêvent. Sans travailler, il perçoit un confortable revenu mensuel de 200 000 roubles (environ 2 800 euros) grâce à la location de quatre appartements situés dans le centre de Moscou, dont trois lui ont échu en héritage il y a quelques années. S’il a signé un contrat de bail avec chacun de ses locataires, c’est surtout pour rassurer ces derniers et établir les droits et obligations de chacun : il conserve les documents chez lui et n’a pas l’intention de déclarer ses loyers auprès des autorités – et de voir ses revenus imposés à hauteur de 13 %. Il ne compte pas non plus s’inscrire sur le registre des auto-entrepreneurs, qui permet de réduire à 6 % le taux d’imposition. « Il faut être idiot pour endosser volontairement une charge fiscale », souligne-t-il, sarcastique mais sincère. Naturellement, afin de ne pas éveiller les soupçons du fisc, M. Novikov touche ses loyers en espèces – il les collecte en personne, chaque mois, auprès de ses locataires, au cours d’une « tournée immobilière » qui lui prend une demi-journée.Services à la personne, BTP, petits commerces…M. Novikov est loin d’être le seul, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

14 mars 2019
Économie

Тatiana Bakaltchouk,
reine de l’e-commerce

En février 2019, Tatiana Bakaltchouk est officiellement devenue la deuxième femme milliardaire russe, derrière l’indétrônable épouse de l’ancien maire de Moscou, Elena Batourina.Elle est à la tête de Wildberries, le plus grand site de vente en ligne du pays. La plateforme vaudrait aujourd’hui 1,2 milliard de dollars selon Forbes, qui la place en quatrième position du classement des entreprises les plus chères de l’internet russe. Le site attire jusqu’à trois millions de visiteurs par jour et enregistre en moyenne dix commandes à chaque seconde. Mais sa propriétaire demeure aussi discrète que son entreprise est florissante…Un congé de maternité productifAu cours de quinze années passées dans les affaires, Tatiana Bakaltchouk n’a donné qu’une poignée d’interviews, dont une seule filmée – une faveur accordée en 2018 à un blogueur russe très suivi. Dans cet entretien, elle explique se tenir à distance des médias en raison de son caractère introverti. « C’est quand on se met à parler à la presse que les ennuis commencent au travail », ajoute-t-elle.Si Wildberries est une affaire familiale dirigée conjointement par M. et Mme Bakaltchouk, cette dernière en est toutefois l’unique fondatrice et propriétaire. L’idée de Wildberries (« baies sauvages » en anglais) lui est venue après sa première grossesse (elle est aujourd’hui mère de quatre enfants) : créer un site internet était le seul moyen de continuer de travailler tout en s’occupant de sa fille. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

8 mars 2019

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